David DIOP PRIX GONCOURT EN CHINE

1 er Prix Goncourt en Chine ds4jp3dwkaafr5o.jpg_large     Prix Goncourt Lycéen

David DIOP lauréat du 1er Prix Goncourt en Chine

Finaliste malheureux du prix Goncourt, finalement repêché par celui des lycéens, l’écrivain remporte son troisième « Goncourt » après celui des Lycéens et le Choix de l’Orient. Pierre Assouline explique en quoi le Choix de la Chine est un nouveau prix important.

Le premier choix Goncourt de la Chine a distingué, samedi 24 novembre, David Diop pour son roman Frère d’âme, paru en août au Seuil. Le finaliste malheureux de plusieurs grands prix d’automne, dont le Goncourt français, avait déjà été désigné choix Goncourt de l’Orient début novembre avant de finalement parvenir à décrocher le Goncourt des lycéens quelques jours plus tard. Le récit suit Alfa Ndiaye et Mademba Diop, tirailleurs sénégalais et amis d’enfance, durant la Grande Guerre.
 
Sur les rives du fleuve bleu
Des représentants de onze universités chinoises se sont rassemblés à l’Institut Français de Wuhan, partenaire et initiateur du prix, pour désigner le lauréat de cette première édition du choix Goncourt de la Chine. Plus tôt dans le mois, le président du jury Du Qinggang, professeur de littérature française à l’université de Wuhan et spécialiste d’Henri Michaux s’était rendu à Paris afin d’organiser les préparatifs avec le président de l’Académie Goncourt Bernard Pivot et le dixième couvert Pierre Assouline. Ce dernier a fait le déplacement à Wuhan en tant que parrain pour assister aux délibérations.

Pierre Assouline explique à Livres Hebdo: « L’organisation était remarquable, il y avait une bonne préparation du côté chinois comme du côté français, avec de la curiosité et une vraie volonté. Surtout, j’ai constaté une très bonne connaissance du français et de sa littérature chez les professeurs et les étudiants. » Le biographe de Gaston Gallimard et d’Albert Londres a également profité de sa visite pour renseigner les organisateurs chinois sur les processus qui gouvernent l’attribution d’un choix Goncourt.

Préparé en l’espace de quelques mois seulement pour coïncider avec le 10e prix Fu Lei de la traduction franco-chinoise, le prix n’a pas été attribué, comme le veut la tradition, par un jury d’étudiants, mais par leurs professeurs. Une manière, selon Pierre Assouline, « d’amorcer la pompe » avant les prochaines éditions, qui devraient se dérouler dans les règles de l’art.

Un prix tourné vers les jeunes
« Le Goncourt choix de la Chine est résolument tourné vers les jeunes » indique le tout nouveau site de l’Académie Goncourt, qui rappelle les missions du programme de l’Institut français en lien avec le prix : favoriser les échanges avec les étudiants par l’organisation de conférences avec des membres du jury, inviter l’impétrant à venir en Chine pour une tournée de rencontres dans les universités et les écoles, ou encore susciter la traduction rapide des livres lauréats. Frère d’âme devrait ainsi être traduit et publié en Chine par la maison Haitan grâce au financement de l’Institut français de Wuhan.
 
« Il est très important que le choix Goncourt ne reste pas réservé en Chine à ceux qui lisent le français mais au contraire qu’il soit accessible à tous les étudiants ainsi qu’au grand public » indique l’Académie, qui rappelle que l’Empire du milieu se situe en tête des pays qui achètent des droits pour l’édition à la France.

Selon le Syndicat national de l’édition, la Chine représentait 26% du montant des droits de traduction vendus à l’international en 2017, douze points devant l’Italie, à 14%.
 
Révélés courant novembre, les choix Goncourt de la Roumanie, de la Suisse et de la Pologne ont récompensé Pauline Delabroy-Allard pour son roman Ca raconte Sarah paru aux éditions de Minuit.

Livres Hebdo Par Nicolas Turcev, le 26.11.2018