Nouveautés Rentrée septembre

Romans français

Eric Reinhardt Comédies françaises Gallimar

Alice Zeniter Comme un empire dans un empire Gallimard

Paul Gréveillac Art nouveau Gallimard

Amélie Nothomb Les Aérostats Albin Michel

Franck Bouisse Buveurs de vent  Albin Michel

Véronique Olmi Les Evasions particulières  Albin Michel

Daniel Picouly Longtemps je me suis couché de bonheur  Albin Michel

Muriel Barbery Une Rose seule Actes Sud

Lola Lafon Chavirer Actes Sud

Isabelle Carré Du côté des Indiens Grasset

Grégoire Delacourt Un Jour viendra couleur d’Orange Grasset

Marie-Hélène Lafon Histoire du fils Buchet-Chastel

Yasmina Khadra Le Sel de tous les oublis Julliard

Emmanuel Carrère Yoga P.O.L

Frédérique Berthet Nevers P.OL

Guillaume Sire Avant la longue flamma rouge Flammarion Prix Orange

Serge Joncour Nature humaine Flammarion

 Philippe Djian 2030 Flammarion

Négar Djavadi Arène Liana Levi

Dany Héricourt La Cuillère Liana Levi

Marie Sabine Roger Loin-confins Le Rouergue

David Le Bailly L’autre Rimbaud L’Iconoclaste

 

Romans étrangers

Erri de Luca Impossible trad de l’italien Gallimard /Monde

Mamen Sánchez La Gitane aux yeux trad de l’ espagnol Mercure de France

Jon Kalman Stefansson Lumières d’été, puis vient la nuit trad de l’islandais par É. Boury Grasset

Bio, Essais,

Adèle Van Reeth La Vie ordinaire Gallimard

Gisèle Halimi Annick Cojean Une Farouche liberté Grasset

Dominique Missika Un Amour de Kessel Seuil

 

CHRONIQUE DU CONFINEMENT

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« Confiné chronique » et « de luxe », sport, écriture…L’écrivain berruyer Jean-Christophe Rufin raconte son confinement . 
« Quand ce fut l’heure du confinement, j’ai hésité à venir à Bourges, mais mon appartement n’était pas prêt alors je suis allé dans mon chalet, en Haute-Savoie, où je vis la moitié de l’année. J’ai bien conscience d’être un confiné de luxe, mais aussi un confiné chronique car j’ai l’habitude de m’enfermer ici pour l’écriture.
 » Tous les matins du Monde d’Alain Corneau, C’est déjà un roman de Pascal Quignard, ensuite c’est un film sur la musique, sur l’enfermement, qui se demande comment l’art peut se suffire à  lui-même. Je trouve que cela colle très bien à notre situation ».
Le confinement se passe avec des lectures. « Des nouveautés, car je suis membre de jurys comme le prix Orange. Je lis, aussi, des vieilleries, comme Moll Flanders de Daniel Defoe. C’est un roman picaresque sur une femme qui vit en Angleterre. J’ai relu aussi Le Jardin des Finzi-Contini de Giorgo Bassani. Je trouve que le livre qui correspond le plus à la situation actuelle, est Le Hussard sur le toit de Jean Giono. Cela parle d’une épidémie de choléra, mais avec de l’espoir, de la jeunesse, du bonheur. »  François Lesbre Le Berry 2/05/20

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Sylvain Tesson confiné Sylvain Tesson : « La première victoire du virus, c’est la peur »

Sylvain Tesson a fait plusieurs expériences de moment de solitude, choisies ou non, et il en a tiré quelques conclusions. (France Inter 20/03 Grand entretien )
« La seule manière de ne pas succomber dans l’effondrement général, et le seul sur lequel on peut intervenir, c’est l’effondrement de soi-même. Ce que j’ai découvert c’est que la seule chose qu’on puisse faire c’est de ne pas engager une lutte contre le temps ; la guerre arithmétique contre les secondes qui passent, si on fait cela on est écrasé. »   » Il ne faut pas lutter contre le passage du temps, mais l’accompagner ».
Sylvain Tesson rappelle que le président Emmanuel Macron a incité les gens à lire. « Je me suis précipité sur deux petits romans qui parlent de la retraite, c’est « Le joueur d’échecs » de Stefan Zweig, et « Le journal d’un homme de trop » de Tourgueniev, c’est la possibilité de s’échapper en lisant ou en écrivant ». 
Tesson cite aussi la fable de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste« , où l’on voit les animaux s’adonner à toutes sortes de procès, pour chercher des coupables. « Cela révèle toutes nos mauvaises passions, la peur, la jalousie, l’envie, l’amertume. Alors que dans « le Hussard sur le toit », avec Giono, il y a un procès spirituel. Ceux qui avaient peur de la contagion attrapent la maladie, ceux qui n’avaient pas peur, les plus nobles, étaient épargnés ».
    « L’imagination s’est totalement aplatie devant les écrans. Tout d’un coup, elle est obligée de revenir, parce qu’il va falloir occuper les heures. L’imagination va retirer un certain bénéfice de cette crise. »

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47383_nora_o_18_dion  * Les conseils de lecture des Editions Grasset  22/04/20, afin de garder le contact entre les libraires et les lecteurs .
« Lorsque nous serons lassés des réseaux sociaux véhiculant des nouvelles supposément puisées aux sources des meilleurs experts ou des plus hautes autorités de l’Etat, gavés de séries jusqu’à la nausée, saturés de reportages sur le même sujet, fatigués des blagues qui tournent en boucle sur les réseaux,quel bonheur de retrouver la lecture!
Bienvenue à la recherche du temps de cerveau retrouvé. »
Olivier Nora, P-DG des Editions Grasset

L I R E & R E L I R E

L I R E  &  R E L I R E

   La Peste 2 Le HussardL'Amour Choléra

Camus versus Garcia Marquez : le choix des écrivains ?
( Sélectionné par Marianne Payot, publié le 24/05/2020 L’Express )

Vaut-il mieux lire La Peste ou L’Amour aux temps du choléra ?Réponses avisées d’une pléiade d’écrivains et intellectuels :

Au-delà du clin d’oeil à l’expression populaire du choix entre la peste ou le choléra, c’est une sorte de match entre deux géants de la littérature mondiale, le Français Camus et le Colombien Gabriel Garcia Marquez, que nous avons lancée auprès de nos participants.  

Résultat : victoire d‘Albert Camus par sept voix contre quatre, tandis que cinq auteurs plébiscitent les deux écrivains. Rien d’écrasant, somme toute. A se demander si, finalement, le grand vainqueur ne serait pas Jean Giono, avec son Hussard sur le toit, cité « spontanément » par cinq de nos invités. Autres prosateurs d’envergure conseillés par nos avisés lecteurs : Thomas Mann, Alejo Carpentier, Daniel Defoe, Patrick Deville, Alexandre Soljenitsyne, Boccace, Francis Carco, Mario Vargas Llosa… De quoi remplir un bon pan de votre bibliothèque. 

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Pourquoi il faut (re)lire Autant en emporte le vent .


Gone with the wind Pourquoi il faut (re)lire  Autant en emporte le vent .
Oliver Gallmeister,  petit éditeur spécialisé en littérature américaine, publie le 11 juin  une nouvelle traduction par Josette Chicheportiche,  du roman de Margaret Mitchell de 1936, qui en finit notamment avec le « parler nègre ».
«Autant en emporte le vent» : la nouvelle traduction suscite une bataille entre éditeurs. Ce coup éditorial n’est en effet pas du goût de Gallimard, longtemps détenteur des droits depuis 1939, qui n’a pas apprécié et ressort le même jour une édition du roman augmentée en Folio poche, avec en couverture le couple mythique Clark Gable et Vivien Leigh dans l’adaptation cinématographique aux 10 Oscars de Victor Fleming.

A l’époque, le roman avait reçu le Prix Pulitzer l’année suivant sa sortie. Il raconte l’histoire de Scarlett O’Hara dont les parents détiennent Tara, une importante plantation de coton. Quand la guerre de Sécession est déclarée, son petit monde feutré s’écroule…Fresque intemporelle sur l’amour et la guerre, « Autant en emporte le vent » paru en 1936 nous plonge au cœur de la guerre civile américaine entre les Sudistes et les Yankees entre 1861 et 1865. Une époque où, en Géorgie, beaucoup de Blancs étaient de riches propriétaires terriens et les Noirs des esclaves… Le film qui s’en est inspiré, jugé raciste, vient d’ailleurs d’être retiré momentanément de la plateforme HBO Max dans le contexte de la mort de George Floyd aux Etats-Unis  :  » Autant en emporte le vent  est le produit de son époque et dépeint des préjugés racistes qui étaient communs dans la société américaine », a commenté un porte-parole de la plateforme . Une réflexion qui revient de plus en plus courante lorsqu’il s’agit de réévaluer des productions culturelles américaines avec un regard du XXIe siècle.                                             ( cf Le Parisien, Le Point 11/06/20)

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Actualités 2019 2020

ACTUALITES   2019 – 2020

RENCONTRE  ANNULEE et REPORTEE en 2021
LAURENTplaquetteLes bibliothécaires de Culture et Bibliothèques Pour Tous, dans le respect des nouvelles restrictions sanitaires , ont dû annuler cette rencontre prévue  avec Caroline LAURENT
pour son livre : Rivage de la colère Ed. Les Escales 2020 ,
Vendredi 6 novembre 2020

Dans l’espoir que cette rencontre soit possible ultérieurement, les bibliothécaires vous invitent à découvrir ce formidable roman, un drame historique récent , méconnu  » né de la révolte des Chagos, lors de la décolonisation de l’île Maurice dans l’océan Indien et une singulière histoire d’amour, le combat d’une vie pour la Liberté, contre l’esclavage et  l’injustice »

CBPT18 – 73 rue Mirebeau Bourges – 02 48 24 97 51 – www.cbpt18.fr –         bibliothequepourtous18@orange.fr

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« Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires , emportés par la même planète, équipage d’un même navire . »  Antoine de Saint Exupéry , Terre des hommes

TexteSamuelPaty-18-10-2020_p

PRIX   LITTERAIRES   D’AUTOMNE   2020

Hervé Le TellierL'Anomalie  Prix  Goncourt  2020 

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Festival de la Biographie 2020   Le Festival de la Biographie de Nîmes 2020
Le Festival de la Biographie de Nîmes 2020 se déroulera du samedi 25 janvier 2020 au lundi 27 janvier 2020 à Nîmes – Carre D’art. Au programme du Festival de la Biographie de Nîmes 2020, découvrez de nombreux artistes : 100 auteurs vous donnent rendez-vous. Expositions, rencontres, débats, concerts, projections, dédicaces…
Pierre ASSOULINE et Edgar MORIN, invités d’honneur

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Nuit de la lecture 2  Nuit de la lecture 
« La lecture est une amitié ». Cette quatrième édition de la Nuit de la lecture viendra donner raison à Marcel Proust et vous invite toutes et tous à partager cette amitié.
Parce que les livres sont des amis fidèles dont on perd quelquefois le souvenir mais qui toujours se rappellent à nous ;
Parce que les mots se lisent, se disent, se partagent et se laissent découvrir ;
Parce que notre langue s’enrichit du dialogue et rassemble autour d’elle ;
Lire des romans, des essais, des carnets de voyage … ou encore écouter des lectures d’extraits, des chroniques de livres…. peu importe le médium, tant que le plaisir et les partages sont au rendez-vous.
À toutes et tous, très belle Nuit de la lecture !
Franck Riester
Ministre de la Culture
Venez partager le 18 janvier 2020 vos amitiés livresques avec les bibliothécaires de Culture et Bibliothèques Pour Tous , 73 rue Mirebeau à Bourges
Samedi 18 janvier 2020 de 17h à 20h

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 RENCONTRE  ANNULEE  !!!

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Prochain Cercle de Lecture  : La Rencontre avec Dominique de Saint Pern  annulée pour des raisons indépendantes de la volonté de l’auteur .

iDominique et Edmonde

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salonlivre2019Tours « Salon du Livre de Tours »
Samedi 23 Novembre 2019 de 10h30 à 19h00 – Opéra de Tours

smadja Livre 1ère Edition : Prix Littéraire Honoré de Balzac
  Ce week-end, avec la première édition du salon du livre de Tours, à l’Opéra de Tours : signalons l’organisation d’un prix littéraire « Honoré de Balzac », attribué à * Yoan Smadja, pour son ouvrage  J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi, 29 auteurs invités parmi lesquels on relève la présence de  Katherine Panocol, Dominique Barbéris, Jérôme Attal….et de Dominique de Saint Pern .
* Après une sélection réunissant 6 ouvrages, le jury du Prix Honoré de Balzac vient de dévoiler le lauréat 2019. Il récompense un livre profondément humain et lumineux malgré le tragique de l’histoire, un livre qui dépeint la noirceur des hommes sans tomber dans la désespérance. cf Livresloire.com

COUPS DE COEUR DES BIBLIOTHECAIRES 2019-2020

Coups de coeur des bibliothécaires : 2019 – 2020 

Elles lisent pour leur plaisir, évidemment, mais pour le vôtre aussi
Voici leurs coups de coeur :
nouveautés, livres oubliés, perles rares et coups de foudre…
Bénie soit Sixtine Maylis Adhémar Bénie soit Sixtine  Julliard 2020
Sixtine Duchamp est la sixième, bien sûr, d’une famille de six enfants.
Ils sont huit dans la famille de Pierre-Louis Sue de la Garde, jeune polytechnicien, chef d’entreprise.
Tous deux issus de la bourgeoisie, voire de l’aristocratie, ils évoluent dans une sphère intégriste. Les Sue de la Garde sont adeptes d’une sorte de secte ultra-catholique d’extrême droite, les Frères de la Croix (FC dans le texte) créée par le Frère André, garant de la vraie foi contre le pape, à qui ces « croisés des temps modernes » vouent un culte sans limite.
Les Duchamp sont traditionnalistes et leurs règles sont empreintes d’extrémisme religieux. Ils donnent à leurs enfants une éducation rigoriste, sans aucun espace de liberté.
Une rencontre lors d’un mariage puis c’est à leur tour d’unir leurs vies. Formatée depuis sa petite enfance, Sixtine sera une bonne mère qui veillera sur une nombreuse progéniture, devra obéissance et respect à sa famille, à sa belle-mère, à son époux et… aux Frères de la Croix.
La nuit de noce est une épreuve et sa grossesse qui vient rapidement, se révèle pénible, d’autant qu’elle est guidée par sa belle-mère, sévère et rigide, qui décide de tout et pour tout le monde. Pierre-Louis n’apporte ni amour ni tendresse à sa jeune épouse qui découvre vite qu’il milite très activement dans les milieux extrémistes de droite, prêt à réagir violemment contre une vision de la religion différente de la sienne.
Et c’est dans ce contexte qu’un drame va survenir. Je ne vous en dirai pas plus… sinon que Sixtine va à la fois donner la vie et renaître à la sienne.
Maylis Adhémar, avec ce premier roman particulièrement audacieux, réussit une belle analyse du milieu sectaire qu’elle semble bien connaître. On pourrait penser qu’elle le caricature mais au contraire, tout sonne juste, tout est observé, aucun jugement n’est porté sur la foi dont seules les dérives sont pointées du doigt.
Vous lirez ce livre comme un thriller et vous attacherez forcément à ce beau personnage qu’est Sixtine qui, de docile, est devenue battante. On comprendra l’engagement de Muriel qui, comme nombre de convertis, s’est surinvestie dans sa pratique religieuse et l’incroyable parcours de sa grand-mère Erika à travers les lettres écrites à sa fille.
Dans ce récit d’émancipation, l’auteur parvient à expliquer l’emprise des sectes sans remettre en question la foi catholique et fait cheminer Sixtine vers sa liberté, sans jamais lui imposer de direction.
La plume précise que tient Maylis Adhémar pour ce premier roman réussi et maîtrisé, mérite qu’on la suive…MB.M.12/01/21

Maylis Adhémar

La Mer et au delà Yann Queffelec  La Mer et au-delà  Calmann-Lévy  2020
« La petite fiancée de l’Atlantique », c’est ainsi qu’était surnommée Florence Arthaud, célèbre navigatrice disparue trop tôt dans un accident d’hélicoptère en Argentine lors du tournage d’une émission de télé-réalité. Triste sort pour celle qui avait vraiment brûlé la vie par les deux bouts.
Florence, Flo, pour Yann Quéffelec, est bien née. Hôtel particulier dans le 16ème arrondissement de Paris, enfance dorée avec maison à la campagne, à la mer, à la montagne, Florence est élevée dans le bruissement de la nature, des vagues et de la neige.
Elle échappe à la mort à 17 ans, passe six mois à l’hôpital, lit Moby Dick, roman déclencheur pour elle. On lui interdit tout sport et puis un médecin zélé lorsqu’elle lui pose la question : « Et la mer, la voile, j’y ai droit ? » lui répond : « qui t’a dit le contraire ? »… Elle abandonne ses études de médecine et c’est le début de sa vie d’aventurière que tout le monde connaît.
Pour Yann Quéffelec, Florence Arthaud, pourtant déterminée et imprévisible, est un personnage de rêve. Marquée par deux accidents qui ont failli lui coûter la vie, elle est complètement hors norme : c’est à la fois un garçon manqué et une femme réussie, épanouie, qui affronte le regard impitoyable de ceux qui la rabaissent. Elle se forge un mental de marin dans ce milieu souvent réservé aux hommes afin de se débarrasser de son image de petite bourgeoise fille à papa. Elle dispute de grandes courses transatlantiques et remporte la célèbre Route du Rhum dont la victoire est souvent réservée aux hommes.
Femme complexe et rebelle, sexy et coquette, elle a la passion de la mer et l’amour de l’instant. Elle veut tout vivre tout de suite, se mettre en danger, se dépasser physiquement et dire non à la facilité de l’existence et au spectacle du monde autour d’elle. Elle veut se donner toute entière sur terre pour ne rien donner à la mort.
Fille de l’éditeur Jacques Arthaud qui avait choisi de publier essentiellement les Gens de mer, elle avait également la passion des mots et un réel talent d’écriture. Elle avait demandé à l’auteur de faire un bouquin sur la mer, sur la vie, quand il aurait le temps… Le temps, il l’a eu pour le dédier à son héroïne et aux neuf autres victimes de cet accident. Elle était partie pour revenir au centre de la lumière, cette lumière de la gloire qui s’était éloignée d’elle, et récolter des fonds pour une course, l’Odyssée des femmes, pour leur donner la parole, partout.
Amoureux de la mer comme elle, Yann Quéffelec nous livre une véritable déclaration d’amitié truffée de souvenirs, et prend à son tour la barre pour mettre des mots sur les maux car ils avaient en commun d’être tourmentés par les mêmes démons : la famille, la société, une envie de partir, loin…
Alors, quel autre remède que la liberté et pour l’atteindre, la mer.. et au-delà ? MB.M.8/12/20
Y Queffelec bisY Queffelec
Les Funambules Les Funambules Mohammed Aïssaoui  Gallimard Juin 2020
Les funambules, ce sont des artistes qui marchent sur un fil en essayant de ne pas tomber.
Dans ce roman, il ne s’agit pas d’artistes, mais de personnes que le narrateur a rencontrées en exerçant son métier peu ordinaire de biographe pour anonymes, autrement dit, il écrit, à leur demande, la vie des autres.
Les autres, ce sont des gens plutôt cabossés par la vie, des gens de la rue ou des personnes rencontrées dans des foyers d’hébergement ou au sein d’associations, mais aussi d’anciens copains du narrateur, du temps où il habitait dans la cité Anne Franck à Ozoir en banlieue parisienne : il y a l’inénarrable Bizness qui connaît tous les bistros de Paris, y compris le café de Flore et qui connait surtout les combines pour ne pas payer !
Autre personnage haut en couleur : le Philosophe, il ne jure que par Rousseau et comme lui, prône son goût pour la solitude, c’est à voir !
On ne saurait nommer toutes les rencontres que fait notre écrivain, je pense particulièrement à Chantal, une femme élégante, mère de cinq enfants, mariée à un médecin qui vient de la quitter, elle a honte de devoir frapper à la porte du Secours Populaire.
S’il fait toutes ces rencontres, c’est qu’il est à la recherche de son amour de jeunesse, Nadia (comme l’héroïne d’André Breton) : il ne l’a pas vue depuis bien longtemps ; cette quête est le fil rouge (encore un fil) de ce roman.
Nadia, elle aussi voulait mettre des paroles sur les maux des autres. Il sait qu’il peut la retrouver dans une association caritative, et le voilà à la recherche de cet amour perdu de Paris à Lyon, la retrouvera-t-il ?
En attendant, il rencontre aussi des bénévoles, ces belles personnes qui se donnent à leurs tâches comme si elles étaient au travail, « le salaire en moins et le bonheur en plus, dit l’une d’elles.
Outre les récits de vie que nous livre le jeune homme, son roman est ponctué de courts flashes sur sa propre vie : il avait 9 ans quand il est arrivé en France avec sa mère, venant d’Algérie. Ils se sont installés dans cette cité de banlieue, elle sera « une analphabète bilingue ». Lui, a pris le goût des mots, de la langue française et de sa littérature.
Anecdote particulièrement touchante : il vient de valider deux masters de droit et sciences politiques, sa mère invite ses voisines à qui elle annonce fièrement que son fils vient d’avoir son CAP !
Lui aussi a connu des difficultés, il sait ce que c’est pour un enfant de devoir traduire pour les parents des papiers officiels, d’attendre le colis du Secours Populaire, lui aussi est un funambule, mais il a réussi à surmonter ces fêlures surtout grâce à l’écriture et à sa mère, ce qui lui permets d’avancer sur le fil ténu de la vie. Voilà un livre plein d’humanité qui se lit facilement mais s’oublie difficilement. L.M. 1/12/20

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Histoire du fils bis  Marie-Hélène Lafon Histoire du fils  Buchet-Chastel 2020
Ouvrir un livre de Marie-Hélène LAFON est toujours un vrai bonheur, c’est celui que nous offrent, en cette rentrée littéraire, l’auteur et les Editions Buchet-Chastel : Histoire du fils.
Le fils, c’est André, né de père inconnu, comme on dit, lui le bon élève, ressasse ce mot, inconnu, un préfixe négatif et un participe passé, tout un programme. Il a dix ans et prend conscience qu’il est aussi un fils inconnu, il passera sa vie, dit l’auteur, « à flairer les traces de son père de loin de de près ».
C’est ça l’histoire !
Ce livre est aussi une sorte de saga, l’histoire d’une famille : Gabrielle, la mère d’André, celle qui ne revient au pays que deux fois par an, en août et à Noël, Hélène, la sœur de Gabrielle, celle qui a élevé l’enfant avec Léon, son mari, l’oncle, les cousines et les autres, ceux du pays, ceux de Figeac.
Non loin de là, à Chanterelle dans le Cantal, Paul, le père inconnu, a été bon élève lui aussi, ambitieux et arriviste, il sera avocat à Paris, il ne sait ou ne veut pas savoir qu’il a eu un fils. Tous ces lieux, Figeac, Aurillac, les lecteurs de Marie-Hélène LAFON les connaissent bien, c’est son pays, le Lot, et le Cantal, son univers. Paris aussi, où vit Paul, André le sait-il ; il le guette un soir sur le boulevard Arago, il a alors 40 ans, il n’ira pas plus loin.
Cette histoire pourrait s’étaler sur plusieurs volumes, or le livre ne compte que 176 pages. 176 pages et tout est dit, c’est l’art de Marie-Hélène LAFON, pas un mot de trop, chacun d’eux est pesé, pensé, ruminé, pas de dialogues mais un style indirect qui se fond dans la narration, comme les odeurs et les sensations se fondent dans les personnages, pas de jugements non plus, on est comme on est, comme la vie vous a façonné : la mère est loin d’être aussi maternelle que la tante, celle qu’il appelle Maman.
Quant au père, son portrait en creux n’est guère attirant. Certes il a réussi, comme on dit, il a séduit des femmes, Gabrielle entre autres, mais connait-on les gens ? Il a sans doute été marqué par un drame vécu dans sa petite enfance. C’est sur ce drame que s’ouvre le roman : 25 avril 1908 et il se termine le 28 avril 2008. Cent ans, il aura fallu cent ans et trois générations pour que, grâce à l’opiniâtreté de son petit-fils, André, mort depuis quelques années, soit reconnu dans le pays de son père.
Entre temps, la vie a passé, avec ses bonheurs simples et faciles et ses secrets, ses silences, l’histoire s’en est mêlé aussi, Paul a eu 16 ans en 1919, il n’aura pas pu être le héros de la guerre de 14 comme il l’aurait rêvé. André, dont les études ont été interrompues en 1939, sera un héros de la Résistance.
Pas de chronologie linéaire, mais on passe d’une date à une autre.
Un moment de la vie en rappelle un autre.
La grande force de ce livre, celle qui fait qu’on ne peut pas le lâcher, c’est l’écriture si particulière de l’auteur, cette écriture habile à recréer un monde qui n’est plus, celui de l’enfance, du haut pays, comme elle dit, du passage du temps, des saisons.
Ce roman recèle aussi nombre de connivences avec le lecteur : le goût des mots, des noms propres, on retrouve la Santoire, souvent citée dans d’autres romans, nom de lieu ou de personne.
Marie-Hélène LAFON ne peut s’empêcher de faire quelques allusions à ses maîtres en littérature, Flaubert, nous en avons déjà parlé ici : «on était en étude », Pierre Michon, l’écrivain, apparaît sous la forme d’un professeur de latin amateur de Virgile. La citation des Bucoliques rappellera tant de souvenirs à certains d’entre nous !
Lisez et relisez ce beau livre qui vient d’obtenir le Prix Renaudot 2020 ! L.M.  /09/20

MH Lafon Renaudot

Guillaume Sire Guillaume Sire Avant la longue flamme rouge Ed. Calmann-Lévy, 2020 Prix Orange 2020

      Le dernier roman de l’écrivain Guillaume Sire, est un très grand roman inspiré d’une histoire vraie .
Le titre de cet ouvrage  Avant la longue flamme rouge  est tiré de la tragédie grecque   Les Troyennes  du poète Euripide que l’auteur cite en exergue : « Troie a péri, la grande cité. Seule y vit encore la longue flamme rouge. »
L’action du roman se situe au Cambodge dans les années 70. Le pays est à feu et à sang. Le Prince Norodom Sihanouk est destitué et prend la fuite. On ignore où il se cache. Dès lors le Général Lon Nol mène le coup d’état et proclame la république.
Le chaos s’installe ; les exécutions sommaires, exactions de toutes sortes, actes de barbarie font rage. En 1971 le héros de ce roman Saravouth a 11 ans. Sa petite sœur Dara en a 9. Leur mère Phusati enseigne la littérature au lycée René-Descartes de Phnom Penh. Leur père Vichéa est Directeur du service des litiges à la Chambre d’Agriculture.
Grâce aux lectures quotidiennes de sa mère, Saravouth se réfugie dans un monde surnommé « Le royaume intérieur ». Il se créé un monde fantastique de personnages imaginaires où Peter Pan côtoie les héros de l’Iliade et de l’Odyssée.  De son côté son père l’initie au jeu des échecs.
Cette vie privilégiée et ouatée est hélas troublée puis bouleversée par les rafles et les persécutions qui s’annoncent et se multiplient.
Ils sont contraints, un soir, de suivre des soldats qui les dirigent dans les bois, quand un hurlement retentit accompagné de rafales de mitraillette.
Bien plus tard Saravouth se réveille seul en pleine forêt, entouré de rats, baignant dans son sang, avec un trou au-dessus de son oreille droite. Ses parents et sa petite sœur ont disparu…
Il est recueilli et soigné par Iaï une redoutable et vieille paysanne au physique et aux pouvoirs de sorcière qui lui prodigue des soins avec d’étranges tisanes auxquelles elle ajoute ses crachats.
Sa guérison est longue. Saravouth compte les jours puis les semaines et n’a qu’une idée en tête : retrouver ses parents et sa sœur.
Il se remémore ses jours heureux, revoit en pensée son école, ses amis et son entourage.
Un matin, de nouveau sur pied, se sentant prêt, il décide de partir à la recherche de sa famille et c’est à ce moment-là que l’incroyable épopée de Saravouth commence.
On assiste tout au long du récit à des scènes de survie apocalyptique, dans une nature hostile, tantôt oniriques, tantôt cruelles.
Sa quête le mène de forêts en hôpitaux en passant par des marécages, des sables mouvants, côtoyant les tigres, les crocodiles, les cadavres affreusement mutilés, les tirs de roquette, les bombes ; en trois mots : l’horreur, l’indicible, la barbarie humaine dans toute son atrocité.
Chapitre après chapitre on tremble pour notre jeune héros et on est ébloui par sa capacité de résilience hors du commun.
Dans la troisième partie du livre Saravouth qui a été retrouvé agonisant à bord d’un sampan sur le lac Tonlé Sap, le corps transpercé par plusieurs balles et des dizaines d’éclats d’obus est rapatrié à l’hôpital Calmette de Phnom Penh et considéré comme un cas. Le personnel ne cesse d’évoquer sa survie miraculeuse.
De nouveau la convalescence est longue et douloureuse avec des crises d’épilepsie et de terribles migraines à répétition.
Enfin guéri, on le transfère à l’orphelinat de la Mission Saint-Joseph tenu par des frères.
Ayant recouvré la santé il n’a de cesse de retrouver sa famille, interroger et quadriller tous les quartiers de Phnom Penh. En vain…
Il est le témoin de viols. La famine, la misère, la prostitution, trafics en tout genre se sont installés dans la ville.
En mars 1975 les Khmers rouges se préparent à investir la capitale.
Grâce à l’appui d’un ami Saravouth s’envole vers les Etats-Unis.
Dans l’épilogue Guillaume Sire raconte l’adoption et la reconstruction du jeune garçon chez un couple bienveillant de Washington.
Puis l’auteur évoque sa rencontre avec Saravouth adulte vivant à Montréal où le futur écrivain séjourne dans le cadre de ses études.
Saravouth lui confie son incroyable histoire et ils deviennent amis. A.F. 31/10/20

Sire Prix Orange

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La Cuillère  Dany Héricourt  La Cuillère  Liana Levi 2020
La cuillère est un objet défini par le Colonel Philipps dans ses Mémoires de collectionneur comme un objet qui contient, englobe et transporte au contraire du couteau qui coupe et de la fourchette qui pique. C’est aussi le titre de ce premier roman de Dany Héricourt, paru chez Liana Lévi en septembre 2020, et vous savez, dès les premières lignes qu’elle va en être le personnage principal !
Nous sommes en 1985, Seren a 18 ans et habite le Pays de Galles où sa famille, à la fois attachante et excentrique, mi-anglaise, mi-galloise, tient un hôtel fréquenté par des habitués parfois hurluberlus, classés par familles, presqu’en couples ou solitaires.
Trois jours avant les 18 ans de la jeune fille, son père meurt brutalement dans son lit. Sur sa table de chevet, une tasse de thé et sur la soucoupe, une cuillère, ornée d’armoiries françaises.
Cette mort très subite surprend et désoriente toute la famille mais c’est cette cuillère qui retient avant tout l’attention de Seren qui ne l’a jamais vue ni dans la vaisselle familiale ni dans celle de l’hôtel. Cet ustensile l’intrigue et l’obsède. Elle en fait des croquis, parfois insolites et suit les conseils de son proviseur qui l’encourage à « se perdre » avant de rentrer aux Beaux-Arts de Cardiff.
Après une brève enquête, elle monte dans la vieille Volvo paternelle et décide de partir en France sillonner les routes dans un sympathique road movie qui sera l’occasion de rencontres lumineuses, découvertes et leçons de vie. Un pèlerinage commence, qui la mènera en Bourgogne, mais je ne vous en dirai pas plus sinon que le regard de Seren sur le monde va changer. Laissant toutes ses incertitudes sur le bord de la route, elle s’émancipe et c’est avec délice, humour et énergie qu’elle nous raconter ses tribulations dans ce périple vers l’âge adulte.
Le style est fluide, les situations parfois désopilantes, on y apprend quelques mots de gallois, souvent imprononçables. Quelques digressions, des listes amusantes et loufoques, toujours en lien avec le parcours de Seren ou l’histoire des cuillères, et glissées au bon moment, donnent à ce récit plein de surprises et de rebondissements, une petite touche originale, souvent très amusante.
Avec doigté et délicatesse, Dany Héricourt, de mère britannique et de père français, a rédigé ce texte en français alors qu’elle écrit habituellement en anglais pour éviter une traduction qui lui ôterait toutes ses nuances. Elle explique même que cette jonglerie entre les langues qui donne une certaine allégresse au texte, a rebuté certains éditeurs mais a su charmer Liana Lévi, sans doute sensible à la forme d’écriture de ce roman fantaisiste mais pas si léger que cela puisqu’il aborde des thèmes forts tels que le deuil et les non-dits, présents dans toutes les familles. Une belle découverte de cette rentrée littéraire de septembre qui séduira ses lecteurs et que vous pourrez trouver dans notre bibliothèque au 73 rue Mirebeau à Bourges. MB.M. 10/11/20

Dany de Hericourt La Cuillère

Ne plus jamais Laurent Seyer Ne plus jamais marcher seuls Finitude, 2020
   Lorsque Naomie Strauss se porte volontaire pour remplacer un collègue, elle pense avec plaisir se rendre à Londres, mais pas du tout, c’est à Liverpool dans le nord de l’Angleterre qu’elle doit aller. Cette journaliste trentenaire, très parisienne, dont le domaine de prédilection est la culture, est envoyée par son journal faire le portrait d’un anonyme, partisan du Brexit.
Nous sommes en 2015, la campagne bat son plein en Grande Bretagne. Le pays est divisé. Le Nord en pleine reconversion postindustrielle s’apprête à voter massivement pour le départ de l’Europe.
C’est ainsi que Naomie Strauss se retrouve dans un pub face à Nick Doyles, un chauffeur de taxi plutôt rugueux, vaguement hostile, mais sous le charme de la belle journaliste tout de même. Elle sait qu’il est un fervent supporteur des Reds, le club de foot de Liverpool, et qu’il a un passé de hooligan.
Tel est le décor planté par Laurent Seyer, dans son dernier roman intitulé Ne plus jamais marcher seuls, paru aux Ed. Finitude en 2020.
La première rencontre entre la journaliste et le chauffeur de taxi est houleuse. Les questions et les réponses révèlent le gouffre qui les sépare. Les concepts qu’elle évoque « Europe » « vivre ensemble », « mondialisation », « écologie » exaspèrent Nick Doyles. Il lui répond « chacun chez soi », «  crédit à rembourser », « survie », « risque de voir Uber obtenir sa licence à Liverpool. »
En préparant son interview Naomie a découvert avec horreur, sur internet, les vidéos du drame du Heysel survenu 30 ans auparavant à Bruxelles lors de la finale de la coupe d’Europe entre Liverpool et la Juventus de Turin. Lorsqu’elle y fait allusion, c’est comme si elle agitait un chiffon rouge devant un taureau. Nick lui rétorque qu’il a vécu Hillsborough, 96 morts et les Hooligans accusés à tort ! Echanges glacés.
Mais deux événements vont renverser la situation. Nick, le chauffeur de taxi, sauve un bébé d’immigré d’un incendie. Naomie, la journaliste française, commet par ignorance un crime de lèse-majesté qui enflamme la Diplomatie et les médias : elle a osé interroger la Reine venue visiter le héros à l’hôpital ! Cela fait bouger les lignes. Les carcans se fissurent. Il est en fait possible de se parler, de se comprendre, et même de communier à la liesse en entendant le stade chanter en chœur l’hymne de Liverpool : Ne plus jamais marcher seuls !
Vous l’aurez compris, le roman de Laurent Seyer est une comédie, légère, pétillante, avec beaucoup d’humour – anglais -bien sûr, mais les sujets évoqués sont graves. E.G. 6/10/20
inNe plus jamais 1dex
Renaud Capuçon Mouvement Renaud Capuçon Mouvement perpétuel Flammarion, 2020
    Renaud Capuçon, violoniste virtuose, a déjà enregistré une trentaine de disques, mais c’est la première fois qu’il prend la plume pour raconter son éveil à la musique dès son tout jeune âge, et son parcours de musicien.
     Renaud Capuçon est un Savoyard. Les meilleurs souvenirs de son enfance se situent à la montagne : le ski avec ses cousins, les douceurs cuisinés par sa grand-mère de Bourg-Saint-Maurice et la musique découverte très tôt aux Arcs, alors une toute jeune station de ski. Le festival des Arcs proposait des concerts gratuits. Tous les soirs ses parents reprenaient la route et l’emmenaient écouter les musiciens les plus réputés. C’est ainsi que l’enfant a pressenti le bonheur de jouer ensemble, de partager des harmonies. La scène l’attirait mystérieusement.
     Comme il a une très bonne oreille on lui donne un violon, dès 4 ans. L’environnement musical proposé par ses parents, sa passion pour la musique et son travail acharné lui permettent d’intégrer, dès l’âge de 14 ans, le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Pendant 5 ans il passera 3 jours à Paris pour des cours de musique intensifs, puis le reste de la semaine à Chambéry pour continuer sa scolarité. Avec des passionnés comme lui, Renaud aime « lire la musique », c’est-à-dire de jouer pour la première fois le répertoire de musique de chambre pour piano et cordes, ceci jusque tard dans la nuit.
    Son enthousiasme, sa rigueur, sa chaleur humaine et son sens de l’amitié lui ont permis de belles rencontres musicales au cours de ses études à Paris, à Berlin et lors des concerts. Isaac Stern, Daniel Barenboïm, Claudio Abbado, Martha Argerich ont eu une influence décisive. Dans cet ouvrage Renaud Capuçon rend un hommage appuyé et chaleureux à tous les amis musiciens avec qui il a eu l’occasion de jouer, et qui participent aux différents festivals qu’il a initiés.
   Pour un violoniste la rencontre la plus magique, qui s’apparente à un coup de foudre, c’est la découverte de son violon. Lorsque Renaud Capuçon joua pour la première fois le vicomte de Panette, un Guarnerius de 1737, qui avait appartenu à Isaac Stern, ce fut une révélation. « J’eus l’impression d’avoir toujours connu ce violon… Il est un compagnon de tous les jours et mon double sur scène », écrit-il.
    Renaud Capuçon est un homme engagé. Il aime transmettre sa passion, à ses élèves musiciens bien sûr, mais aussi au public sans grande connaissance musicale. La musique crée du lien entre les hommes.
   Dans Mouvement perpétuel, au fil de courts chapitres, le musicien nous laisse découvrir ce qui donne sens et beauté à sa vie, la musique partagée, la poésie, sa famille, et le don de s’émerveiller.   E.G.  20/09/2020

R Capuçon Violon

 
inHistoire dex  Jean-Marc Parisis  L’Histoire de Sam ou l’avenir d’une émotion  Flammarion, 2020
   Voici un joli roman , lecteur .
Il nous entraîne « à la recherche du temps perdu » .
Sam-Pierre de son vrai nom- a quatorze ans et vit à Froncy une petite ville de région parisienne . C’est le dernier jour de classe du collège, il dispute une partie de foot avec ses copains et le ballon de foot passe au-dessus du mur du parc qui jouxte un pensionnat où séjournent des groupes d’adolescents étrangers venus .
Il y rencontre Deirdre, une jeune galloise . D’emblée ébloui par sa beauté nacrée,il ressent l’entente immédiate entre eux .Mais il doit quitter ,désespéré , le village dès le lendemain matin, pour le Périgord .
     Deirdre lui remet son adresse, ils se promettent de ne pas s’oublier .
Sam écrira plusieurs lettres à Deirdre durant l’été . Une réponse lui parviendra , une fois , une seule, dont la froideur le déçoit .
Il oublie Deirdre . L’été de son bac , ses parents lui disent qu’une jeune fille à l’accent anglais a téléphoné pour savoir s’il était là . Mais il doit partir pour Barcelone avec sa petite amie du moment .
     Pierre-Sam devient pilote de ligne , vole d’un continent à l’autre , d’une femme à une autre , tombe finalement amoureux d’ une hôtesse de l’air, qui le repousse .
Il s’enfonce alors dans une dépression sévère , et découvre la lecture, qui le sauve : Proust, Céline, Nerval et Les Filles du Feu .
       Grâce à la rencontre d’un ancien camarade de classe, devenu parisien comme lui, il est invité , 25 ans plus tard , à l’anniversaire d’Eric, un ami commun qui n’a pas quitté Froncy .
       Il les revoit tous , ceux de son ancienne bande , changés, certes , mais , surtout il ne retrouve pas le Froncy de son enfance, celui où il avait été heureux.
Surgit alors le souvenir de l’amour oublié , de Deirdre , de sa candeur, de sa beauté .
      Sam comprend qu’il lui faut la retrouver , il espère , il veut savoir . Il se rend à Carliwyn …
     Jean-Marc Parisis explore avec délicatesse les méandres du souvenir , insiste sur l’importance des émotions adolescentes . Il le fait à travers une écriture poétique, pressée , pressante , comme si le temps sautait des étapes . Les phrases sont savamment rythmées, les dialogues font mouche… la mélancolie nous transperce.
Vous serez séduits, lecteurs !  E.M. 21/06/20
JM ParisisiEt les vivants ndex Barbara ABEL   Et les vivants autour  Belfond
Connaissez-vous Barbara ABEL ? C’est une écrivaine belge, passionnée de théâtre et auteure de romans policiers et de thrillers psychologiques.
Je vous propose de découvrir aujourd’hui son dernier roman, intitulé Et les vivants autour, paru chez Belfond en mars 2020.
Dans une chambre d’hôpital une jeune femme de 29 ans semble endormie, sans aucune réaction. Voilà 4 ans que Jeanne est plongée dans un coma végétatif après un accident de voiture. Elle est maintenue en vie grâce à un respirateur. Mais l’espoir de la voir se réveiller s’éloigne, et l’équipe médicale souhaiterait interrompre cet acharnement thérapeutique.
Jusqu’à présent la famille Mercier a fait bloc autour de Jeanne, empêchant toute tentative d’arrêt des machines. Cependant lorsque le professeur Goossens demande à rencontrer au plus vite les parents de Jeanne ainsi que son mari Jérôme, la fébrilité et l’inquiétude fissurent l’accord familial de façade.
Voilà 4 ans que les membres de la famille gèrent comme ils peuvent ce traumatisme. Gilbert Mercier, le père, est un industriel, un homme de pouvoir cassant et autoritaire. Il n’en peut plus du calvaire que vit sa fille.
Micheline, la mère, passe son temps à l’hôpital auprès de sa fille à qui elle parle, elle lit des livres. Elle est persuadée qu’elle va se réveiller. Elle prie pour qu’un miracle ait lieu. C’est sa mission, sa raison de vivre.
Dans la famille Mercier il y a aussi Charlotte, la fille aînée qui s’est toujours sentie moins aimée et moins chanceuse que Jeanne, jusqu’à l’accident bien sûr. Elle voulait faire du théâtre mais travaille dans le restaurant de Guillaume, son mari, un restaurant au bord de la faillite.
Jérôme Delacre, le mari de Jeanne, est comédien. Il essaie de percer au théâtre, mais sa vie personnelle est un désert, lui qui n’est pas vraiment veuf, et s’interdit d’être heureux.
Le professeur Goossens a une annonce fort difficile à faire à la famille. Et en effet c’est un choc, un cataclysme qui cisaille l’équilibre des vivants autour de Jeanne l’endormie. Les personnalités se révèlent. Les décisions à prendre, et leurs conséquences multiples s’enchaînent les unes aux autres comme dans une sorte de jeu de massacre délicieusement sadique.
Dans ce thriller psychologique très bien construit, aux thèmes graves, Barbara Abel sème des indices et des touches d’humour caustique qui charment le lecteur jusqu’à la dernière page . E.G. 8/07/20

Barbara ABEL

les jours de silence Pillip Lewis Les Jours de silence (Trad. de l’américain par Anne-Laure Tissut )Belfond, 2018
C’est un premier roman que je vous propose aujourd’hui : Les Jours de silence, écrit par Phillip Lewis, traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut et paru chez Belfond.
Imaginez, perchée dans la montagne, une grande maison solitaire, toute en verre et en métal. Un oiseau de proie plane au-dessus des cimes. Nous sommes au cœur des Appalaches, dans le sud des Etats-Unis. Pour les habitants de la bourgade la plus proche, cette maison à vendre depuis des années est la maison-vautour ; un drame familial terrible y a eu lieu.
Henry Aston, revenu depuis peu dans la région, la visite avec des sentiments mêlés de répulsion et d’attirance pour cette construction gothique inhospitalière. Tout est resté en l’état. Lorsqu’il découvre au premier étage une immense bibliothèque avec des livres couvrant tous les murs jusqu’au plafond, sa décision est prise. « Là je pourrai écrire, se dit-il » Henry Aston est avocat et surtout féru de littérature, le seul de sa famille à avoir fait des études à l’université.
Il s’en était allé, loin des siens, avec pour ambition écrire, comme les auteurs qu’il admire tant, Tom Wolfe, William Faulkner, Edgar Poe. Le voici de retour accompagné d’Eléonore, sa femme, passionnée par les chevaux et la nature. Un fils naît, Henry junior, le narrateur, puis une fillette prénommée Threnody d’après un poème de son père. Un troisième enfant mourra tragiquement.
Toutes ces années Henry écrit, tente d’écrire son grand roman. A ses pieds, le plus silencieux possible Henry junior lit. Il admire ce père qui ne sait pas communiquer avec ses enfants, mais qui lui récite des poèmes, qui la nuit joue du piano, et, dans le silence noircit des feuilles et des feuilles. Mutique et amer le père boit de plus en plus. Un soir il disparaît avec son manuscrit, les abandonnant tous.
Pour se construire et devenir un homme Henry junior fuit la malédiction de la maison et la solitude de la montagne, bien décidé à ne pas revenir sur les traces de son père, son modèle. Mais peut-on renier sa famille et ses racines sans perdre son âme ?
L’atmosphère étrange de ce roman d’apprentissage évoque Edgar Poe, William Faulkner, la littérature du sud profond. Au cœur des montagnes intemporelles, la nature, les livres et la musique permettent enfin à Henry de se réconcilier avec son histoire. C’est un hymne à la littérature.  E.G. 25/05/20
 
CVT_Les-inconsoles_2266   Minh Tran Huy Les Inconsolés Actes Sud 2020
Voici un conte semblable à tous à la fois merveilleux et …cruel, très cruel. D’ailleurs le premier chapitre du roman nous montre une scène de crime…
Lise a vécu son enfance et ses années de lycée dans une banlieue parisienne éloignée. Elle est issue d’un foyer d’ingénieurs, d’origine modeste. Son père est vietnamien, sa mère est française. Lise elle-même s’est toujours sentie mal aimée.
Alors, quand Lise – après avoir été une brillante élève -, arrive dans cette Grande Ecole parisienne fréquentée par les rejetons de la meilleure bourgeoisie, quand elle est remarquée, puis follement aimée de Louis Vanel, l’un de ces  des plus beaux  jeunes gens qui n’ont jamais douté de leur pouvoir ni de leur capacité à dominer le monde, elle n’y croit qu’à moitié, car elle doute profondément de son aptitude à être aimée.
Pourtant la passion va emporter Lise, comme Louis, même si la jeune fillese compare secrètement à Cendrillon, quand elle vient s’installer dans le luxueux appartement de Louis. Elle côtoie aussi Annabelle, Gaspard, les amis fortunés de Louis.
Lise emmène Louis visiter les ruines d’Etambel. Le château d’Etambelle était le lieu de ses incursions enfantines , de ses rêveries d’adolescente…Un château de Belle au Bois dormant. Louis réveille la Belle.
Cependant, les disputes surgissent, Louis ne pense qu’à la réussite, Lise n’a d’intérêt que pour l’art, la poésie, le cinéma. Froidement, selon Lise, Louis annonce qu’il va aller parfaire sa formation à New York. D’abord décidée à le suivre et à chercher une université là-bas, la jeune fille est sollicitée par une revue pour assurer les critiques, cinématographiques en particulier. Fière, dévastée devant le peu d’insistance de Louis pour qu’elle l’accompagne, elle décide de rester à Paris.
Ils se séparent, après une énième dispute…
Lise et Louis se marieront, chacun de son côté. Dix ans plus tard, ils se retrouveront, …pour quel dénouement ?
Le mystère s’ est épaissi au cours du récit, qui alterne le point de vue de Lise et celui d’un Autre, indéfini, mais dont le ton est toujours acide. L’identité de cet « autre » ne sera révélée qu’à la fin. 
L’écriture élégante, contourne les faits, les enveloppe d’une sorte de brume, qui distille, tout en la dissimulant , une violence feutrée.
Un conte, mais aussi un thriller ! E.M. 21/04/20
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Le Monde n existe pas Fabrice Humbert  Le Monde n’existe pas Gallimard 2020

       Un soir, au cœur de Manhattan à New York, apparaît sur les écrans géants de Times Square la photo démultipliée d’un homme recherché par toutes les polices. Il s’agit du violeur et meurtrier d’une jeune fille de 16 ans, Clara Montes, à Drysden, une petite ville du Colorado.
      Sidéré Adam Vollmann reconnaît instantanément Ethan Shaw, la star du lycée, qui l’avait aidé, lui, le petit nouveau mal dans sa peau. C’était il y a 20 ans.
Le narrateur Adam Vollmann est aujourd’hui journaliste au New Yorker. L’emballement de la machine médiatique le laisse perplexe et très mal à l’aise. Il sait décrypter les ficelles des chaînes d’information en continue, la fausse impartialité des intervenants sur les plateaux, la gestion des indices, vrais ou faux, pour relancer l’attention. Adam ne croit pas au portrait qui est fait d’Ethan Shaw, même si on ne peut prétendre vraiment connaître quelqu’un. Il en a le souvenir d’un garçon très beau, sportif, champion de tennis et de football, un demi-dieu à qui tout souriait et qui était son unique ami. Adam décide de retourner à Drysden pour enquêter à sa façon et tenter d’approcher la vérité.
    Mais retourner incognito dans la ville que l’on a détestée à l’adolescence n’est pas chose facile. Adam se sent observé, traqué, voire suspecté. Son téléphone même ne lui inspire plus confiance. Poser des questions qui égratignent le récit officiel de la police et des médias s’avère fort dangereux.
    Quelle est la vérité d’un témoignage ? Quelle logique sous-tend le récit d’un fait-divers verrouillé par la police et dont les rebondissements rappellent la mécanique d’un thriller ? Quel est l’intérêt du président Clifford dans cette chasse à l’homme ?
   A la suite d’Adam Vollmann le lecteur est entraîné dans une enquête passionnante et très troublante. Le monde n’existe pas se répète Vollmann. Seul compterait alors le récit qu’on en fait ? Quel est le travail du journaliste ?                   L’auteur conduit son récit d’une main de maître, en équilibre entre illusion et réalité, et ouvrant pour le lecteur des perspectives glaçantes sur notre monde de l’image et de l’information théâtralisée, voire manipulée. E.G.  2/04/2020

Fabrice Humbert 

 

 

 

 

Cercle des Hommes Pascal Manoukian, le Cercle des Hommes Seuil 2020

      Je vous propose de découvrir aujourd’hui le roman de Pascal Manoukian, paru en janvier 2020 au Seuil, qui s’intitule Le Cercle des Hommes.
Aux commandes de son biréacteur personnel, Gabriel, capitaine d’industrie aux dents longues, survole la forêt amazonienne. Au cœur du moutonnement vert de la canopée il remarque une montagne encerclée par un fleuve se jetant dans des chutes vertigineuses. Un petit paradis inviolé non mentionné sur sa carte. Emu par tant de beauté, Gabriel survole à nouveau l’endroit à plus basse altitude pour prendre une photo, lorsque soudain un vol d’aras s’engouffre dans les réacteurs.    Chute inexorable de l’avion dans la forêt.
    Ce cercle quasi parfait délimité par la rivière est le territoire des Yacou qui y vivent en petits clans de 8 personnes maximum, en parfaite symbiose avec les animaux, les arbres, les plantes, et préservés de tout échange avec le monde extérieur. Ils ont l’habitude de commencer la journée en riant, et en définissant l’exacte qualité du vert des feuilles ce qui détermine leur activité. Les hommes sont des cueilleurs et les femmes des chasseuses. Elles seules portent des armes. L’inquiétude grandit cependant dans le groupe, car des clans disparaissent et les arbres pleurent aux confins de leur monde qui s’amenuise.
      Un jeune Yacou découvre  » La Chose  » sous des fougères. Nu, brûlé, poilu et pansu, blessé, aveugle et muet, inconscient, le corps est-il celui d’un animal inconnu ? d’un homme ? Hautement improbable ! N’arrivant pas à décider, le chef ordonne de jeter  » la Chose  » dans une fosse avec des cochons sauvages. Ils la soignent un peu et l’observent. C’est sûrement un animal : il ne sait pas faire du feu avec deux bâtons ! Pas facile pour Gabriel, qui retrouve peu à peu ses esprits, de prouver aux Yacou qu’il est un homme. L’initiation à la survie en milieu hostile s’avère douloureuse pour l’ex homme d’affaires. Au fil du temps, dans le dénuement, au contact des Yacou, son humanité se révèle. Lui seul comprend vraiment ce qui menace leur mode de vie.
    Le Cercle des Hommes n’est pas un roman ethnologique même s’il est très documenté car Pascal Manoukian, photographe et journaliste, a eu dans le passé la chance d’approcher des Indiens d’Amazonie complètement isolés.
     C’est un roman d’aventure foisonnant, à la fois drôle et terrible, qui parle de notre temps, de notre planète et de notre responsabilité. Le talent du romancier et la force de la fiction ont le pouvoir d’ouvrir nos consciences bien plus efficacement que certains discours.
  Je vous conseille ce roman passionnant de Pascal Manoukian, Le Cercle des Hommes, qui vient de paraître au Seuil. E.G. 10/03/2020

Pascal Manoukian

index  La Menteuse
Ayelet Gundar-Goshen La Menteuse et la ville  (Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz ) Les Presses de la Cité, 22 août 2019 
Ayelet Gundar-Goshen est une jeune écrivaine israélienne, La Menteuse et la ville. est son troisième roman
   A 17 ans passés, Nymphéa Shalev juge sa vie insipide. Elle se trouve trop ronde, boutonneuse, tellement moins jolie que sa sœur cadette Maya. Et puis surtout elle ne fait pas partie d’une bande de copains, et elle n’a pas de petit ami. Dans quelques mois, à l’issue de son année de terminale, elle se retrouvera dans l’uniforme vert de l’armée sans avoir rien vécu… En cette fin d’été Nymphéa vend des glaces dans une boutique et essaie de faire bonne figure. Entre un client contrarié qui se met à l’agonir d’injures plus blessantes les unes que les autres. Nymphéa s’enfuit dans l’arrière-cour, il la suit, lui attrape le bras, et Nymphéa se met à hurler, des hurlements stridents qui attirent à elle commerçants, agents de police, militaires passant dans la rue. C’est ainsi qu’Avishaï Milner, un ex chanteur populaire de télé crochet, se retrouve inculpé de tentative de viol sur mineure. Nymphéa ne dément pas. Toutes ces attentions lui font un bien fou. Elle existe enfin. Elle s’épanouit. A la télévision, sur les réseaux sociaux, au lycée, elle est devenue une icône, la jeune fille courageuse qui témoigne à visage découvert. Le scoop au parfum de scandale né dans l’arrière-cour du glacier s’est emparé de toute la ville, de tout le pays même.
Deux personnes cependant connaissent la vérité. Un mendiant sourd et muet était dans la cour, mais comme il n’est en fait ni sourd, ni muet, il hésite à dénoncer la jeune fille. Assis sur le rebord de sa fenêtre au 4e étage, Leo Maimon, un adolescent maigrichon et solitaire, réfléchissait comme à son habitude au meilleur moment de se suicider. Il a tout vu. Il décide de la faire chanter : elle devra prononcer son nom lors de sa prochaine interview télévisée et dire qu’il est son petit ami.
 Dans la ville de nombreuses personnes pimentent leur vie de mensonges qui les entrainent plus loin que prévu. Raymonde par exemple, vieille pensionnaire d’une maison de retraite et originaire d’Afrique du Nord, prend, à sa mort, l’identité de son amie Rivka, juive ashkénaze rescapée d’Auschwitz. Elle se retrouve invitée à accompagner une classe de lycéens, la classe de Nymphéa, en Pologne en tant que témoin et rescapée de la Shoah.
    L’auteure observe avec tendresse et amusement ses personnages qui s’emmêlent dans leurs contradictions et leurs arrangements avec la vérité. La Menteuse et la ville est à la fois une fable, et un roman à suspense très drôle et un peu cruel, en phase avec la vie actuelle soumise au pouvoir des réseaux sociaux et de la télévision, mais aussi très ancré dans la vie d’Israël et son histoire. L’écriture d’Ayelet Gundar-Goshen peut être ironique, drôle, poétique, et toujours très sensible et sensuelle. C’est une belle rencontre. E.G. 11/02/2020

La Menteuse ELLE

iLA chaleur   Victor Jestin  La Chaleur  Flammarion, 2019

Ce très court roman de 139 pages est avant tout un roman initiatique dérangeant : que peut-il se passer dans la tête d’un adolescent pour ne pas venir en aide ? Pour ne pas réagir ?
L’incipit est glaçant : « Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »
Pourquoi Léonard, le narrateur, âgé de 17 ans, n’est-il pas intervenu dans un premier temps puis dans un second temps d’une manière tout à fait inattendue ? Car non seulement celui-ci est resté impassible face au déroulement du drame mais bien plus surprenant encore, il a transporté le corps, comme l’aurait fait l’auteur d’un crime, et l’a enterré dans le sable.
Dès lors la culpabilité n’aura de cesse de le ronger.
L’action se passe le dernier week-end d’août dans un camping des Landes, au bord de l’océan.
La chaleur est accablante et les vacanciers indolents.
Est-ce cette chaleur suffocante qui a altéré le jugement de Léonard ? Et bien sûr tout au long du récit on pense à Camus et à son anti-héros Meursault, étranger au monde qui l’entoure.
Car c’est bien de ce mal dont l’adolescent souffre : tout l’encombre, le met mal à l’aise, l’oppresse ; le corps dénudé des vacanciers, les adultes, l’oisiveté, le lieu clos du camping.
Même avec ses proches il n’arrive pas à communiquer.
Il n’arrive pas à s’intégrer dans les groupes de jeunes qui jouissent du moment présent.
Les vacances ne sont-elles pas faites pour la détente, l’amusement, les soirées alcoolisées, le sexe ?
L’atmosphère du roman est lourde, pesante.
Le mal être de l’adolescent croît au fil des pages. Il s’interroge : « Rester immobile, est-ce pareil que tuer ? »
La scène de la veille lui revient constamment en mémoire.
Léonard est à plusieurs reprises sur le point d’avouer, à ses parents, à la mère d’Oscar et à chaque fois les mots se bloquent. Rien ne sort de sa bouche.
Son copain Louis ne lui parle que de sexe, de désir.
Du désir, Léonard en éprouve pour Luce, l’ancienne copine d’Oscar, justement. Réussira-t-il à la séduire ?
Il faut dire qu’il ne manque pas de charme, plutôt beau garçon, du genre silencieux, ce qui lui donne une allure énigmatique.
Quels sont ses sentiments ? Est-il tombé amoureux ? Oui. Mais Luce, qu’éprouve-t-elle pour lui ?
Leurs corps sont entrés en contact, ensuite….Plus rien……
C’est la fin du week-end, les vacanciers songent au départ.
Alors que Léonard et sa famille quittent le camping dans la bonne humeur, la chute….Vertigineuse….A laquelle nul ne s’attend, survient !

La Chaleur de Victor Jestin a été récompensé par Le Prix de la Vocation et le Prix Femina des Lycéens  A.F. 5/01/20

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Rufin Les 3 femmes Jean-Christophe Rufin  Les Trois femmes du Consul  Flammarion  2019 .
Saviez vous que notre académicien s’est lancé dans l’écriture de polars ?
Ce livre Les Trois  femmes du consul est le deuxième  de la série, où apparaît AurelTimescu le consul ,ou plutôt le consul adjoint, personnage a typique,toujours vêtu d’un long manteau de laine même au Mozanbique où on l’ a envoyé et bien qu’il déteste la chaleur, mais il n’est pas à une contradiction près !
Originaire de Roumanie,il a fui la dictature de Ceaucescu,a appris le français et a réussi à entrer au quai d’Orsay pour servir la France .
A vrai dire le choix du Mozambique ne l’enchante guère , pas plus que la Guinée dans le roman précédent , ce que comprennent bien ses supérieurs qui l’envoient dans des postes dédaignés par ses collègues et dirigés par un jeune consul ambitieux .
Cela arrange bien notre homme plutôt amateur de vin blanc  et de musique dans laquelle il trouve son inspiration, car Aurel est surtout épris de justice et aime résoudre des situations, disons difficiles…
Or ce jour là on a retrouvé Roger Beliot noyé au fond de sa piscine ,
Ce « le vieux blanc « comme on dit là- bas, a eu son heure de gloire comme riche propriétaire d’un complexe hôtelier maintenant quasiment déserté .
Aurel y a séjourné quelque temps lors de sa prise de poste à Maputo, il en était le seul occupant à l’exception de Françoise, l’ex femme de Roger, une française arrivée depuis peu pour ,dit elle, se battre avec lui il n’en faut pas plus à la police locale pour la désigner comme coupable et la jeter en
prison .
Aurel va intervenir, la prison ,il connaît , il y a fait plusieurs séjours du temps de la dictature roumaine et les prisons africaines ressemblent , paraît-il, beaucoup à celles de Bucarest, je vous laisse découvrir la description de cette prison ,où règne ,dit l’auteur ,une franche rigolade !
Aurel veut tirer cette affaire au clair et savoir qui est l’assassin ou plutôt l’assassine car le riche hôtelier était remarié avec Fatoumata une aussi riche mozambicaine et ilentretenait une liaison avec Lucrecia, beaucoup plus jeune, enceinte et pour l’heure réfugiée dans un couvent , la description du couvent est au moins aussi drôle que celle de la prison
Bref ,notre détective va remuer ciel et terre pour découvrir la vérité et comme il n’est pas joignable (il se refuse à acquérir un téléphone portable au grand dam de son patron) il est donc libre de ses mouvements .
Il finit par découvrir un scandale qui risque de coûter cher à la France et qui a coûté sa vie à l’hôtelier .
Réunion au sommet avec l’ambassadeur et le consul , furieux de s’être faits avoir et inquiets pour leur réputation et celle de la France.
je vous laise découvrir cette scène homérque ou plutôt monastisque ,car elle se passe dans le couvent sus nommé !
Ce livre se lit d’une traite,
Mais, n’oublions pas que JC Rufin a été lui-même ambassadeur de France en Afrique, qu’il connaît particulièrement bien le fonctionnement et les travers du milieu diplomatique, de même il connaît les coutumes africaines, parfois très drôles et les conséquences souvent dramatiques de certains trafics .
Enfin le style de l’écrivain est un véritable enchantement !
Vivement qu’Aurel  soit nommé dans un autre pays d’Afrique , bien sûr, et que nous puissions savourer le récit de ses nouvelles aventures !                L.M. 4/02/2020
JC RUFIN Les 3 Femmes 2
Kaouther Adimi Kaouther ADIMI Les Petits de Décembre Ed. du Seuil
    Dans son dernier roman Les Petits de décembre Kaouther ADIMI parle à nouveau avec amour de son pays, l’Algérie. Cette jeune romancière de 33 ans est vraiment très talentueuse, et n’en finit plus d’approfondir son univers tour à tour sensible et érudit entre la France et les pays du Maghreb.
     Nous voici donc à Dely Brahim dans la banlieue d’Alger. Au centre de la cité dite du 11 décembre 1960 en mémoire des manifestations indépendantistes, les enfants ont investi un terrain abandonné au milieu des habitations et des rues non goudronnées Pour jouer au football et rêver de gloire et de grandeur La vie y est plutôt harmonieuse jusqu’à ce jour de février 2016 où deux généraux du régime descendent de leur voiture avec chauffeur pour annoncer aux habitants leur volonté de se faire construire de belles villas sur cette parcelle déclarant que ce terrain leur appartient, « papiers officiels » à l’appui.
    Mais pour les enfants du quartier, il est hors de question de laisser leur terrain ! À l’appel des trois figures principales que sont Inès, Jamyl et Mahdi, une résistance s’organise. Rejoints par les enfants et jeunes des quartiers voisins, ils sont bien décidés à faire valoir leurs droits et à sauver leur seul espace de liberté.
    Avec Les Petits de décembre,  Kaouther Adimi construit un roman remarquable : à la fois sensible par la force de ses personnages et la fraîcheur de ces enfants affranchis de la peur qui musèle les parents mais aussi enrichissant grâce au journal qu’écrit le personnage d’ Adila, militante pendant la guerre d’Algérie qui retrace les grandes lignes historiques du pays.
    Ainsi l’auteur rend hommage aux anciens qui se sont battus et vivent aujourd’hui avec les cicatrices du combat .  Mais elle montre également l’état d’esprit d’une nouvelle génération prête à défendre ses droits .
    Kaouther Adimi porte un regard acéré sur la société algérienne avec beaucoup de tendresse et de générosité pour ses petits héros. Elle écrit bien et la qualité de son écriture lui permet de délivrer son message avec poésie et efficacité.
     C’est une plaisante fable politique acerbe, critique et parfois désopilante sur le pouvoir tel qu’il s’exerce en Algérie depuis l’Indépendance avec ses abus, ses corruptions, ses destins brisés, ses mensonges et ses hypocrisies. Le roman montre également que la machine est sur les rails et se lance à petits pas, lentement mais sûrement, vers une liberté toujours espérée .

2 Les Petits de décembre  Un roman attachant, puissant et tellement actuel M.D.M.12/ XII /19 

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ame brisée violon Akira MIZUBAYASHI  Ame brisée Gallimard 2019

    Au tout début du roman, nous sommes en 1938 à Tokyo .
Dans une salle de la Maison Municipale, un quatuor répète le morceau intitulé Rosamunde de Schubert . Ce quatuor est composé de Yu Mizusawa , professeur, et de trois étudiants chinois, dont une jeune femme, Yanfen.
Le fils de Yu,Rei âgé de 11 ans, orphelin de mère, lit un livre dans une autre partie de la salle. Surgit un groupe de soldats venus perquisitionner. Sur l’ordre de son père, Rei se réfugie dans une armoire. Les soldats accusent Yu d’espionnage au profit de la Chine. Brutal, l’un d’eux piétine le violon de Yu, fabriqué par Nicolas Vuillaume à Méricourt .
    Survient alors le lieutenant Kurokami qui demande à Yu de jouer un morceau pour prouver qu’il est bien musicien . Kurokami ne réussira cependant pas à empêcher l’arrestation du quatuor, mais, découvrant Rei dans l’armoire, il lui confie, avant de se retirer, le violon de Yu .
    Bien des années plus tard , nous retrouvons Rei devenu Jacques Maillard, la suite de son adoption par un ami français de son père. Après des études à Méricourt , puis à Crémone, il s’est installé comme luthier à Paris .
Un jour, Hélène, son épouse, qui fabrique des archets, l’incite à contacter une jeune violoniste japonaise, Midori Yamazaki, qui s’avère être la petite fille du lieutenant Kurokami .
      A partir de cet instant, Rei-Jacques va remonter le fil de son histoire, revoir à Shangaï, Yanfen, devenue une vieille femme . Celle-ci lui remettra le cardigan rose de sa mère , que Yu Musiwa lui avait, un jour de froidue, prêté ainsi qu’un livre de son père . L’orphelin fracassé va-t-il, grâce à ces précieux souvenirs, retrouver le chemin de son enfance ?
      Car patiemment, longuement, il a restauré le beau violon de bois sombre de Yu, et jugeant Midori digne de l’instrument, il le lui a confié .
 Ceux-là mêmes que son père avait joués, le jour de la perquisition .
      Ce roman, construit comme un morceau de musique, à l’écriture élégante et précise, s’impose avec pudeur – et d’autant plus de force- comme un hymne à la musique et à la littérature, érigées en antidotes de la haine, aux horreurs de la guerre, de toutes les guerres …
Un très beau livre ! E.M. 3 / XII / 19

Mizubayashi**********

 50746_spitzer Sébastien Spitzer  Le Coeur battant du monde  Albin Michel  2019
      Le cœur battant du monde c’est Londres, la capitale de l’immense empire de la reine Victoria. La Grande Exposition universelle de 1851 en célèbre la puissance. La révolution industrielle bat son plein grâce à la houille et au développement des machines à vapeur. Dans les rues de Londres les tensions et les dangers sont palpables, l’opulence insolente côtoie la plus criante misère. La société est en pleine mutation et implacable pour les petites gens.
     Charlotte est l’une d’elles. Elle a fui l’Irlande en raison de la famine qui y règne, et cherche du travail à Londres, tandis que son amoureux est parti tenter sa chance en Amérique. Elle cache soigneusement son crâne rasé, car elle a vendu ses cheveux, et sa grossesse, pour se présenter au mieux au gérant de l’agence Thomas Cook située dans la gare. Mais un voleur se précipite dans l’agence, brutalise la jeune femme, et ressort avec les quelques billets de la caisse. Un médecin prend en charge la blessée qui perd son bébé. Curieux ce docteur Malte qui soigne les pauvres avec ses pilules  »  à tout faire « , qui « rend service », après avoir appris la médecine sur le tas sur les bateaux. Passe dans la gare un gentleman élégant et pressé venant de Manchester. Son nom est Engels. Il a rendez-vous avec un ami qui se cache et qui a des ennuis. On l’appelle Le Maure mais son vrai nom est Karl Marx.
    Eh oui il s’agit bien de Friedrich Engels et de Karl Marx ! Les deux hommes, persona non grata dans leur pays l’Allemagne, partagent les mêmes idéaux révolutionnaires communistes. Engels fait fortune grâce à la filature de son père à Manchester, et dans le même temps, soutient secrètement financièrement Marx et sa famille nombreuse. Dans le cœur battant du monde capitaliste le Maure rédige son manifeste, théorise la révolution, attend son heure, et apprécie le confort bourgeois… Le gros ennui de Marx c’est qu’il a « fauté avec la bonne », une bêtise ! Engels doit trouver une solution radicale ! C’est là qu’intervient le bien arrangeant Dr Malte qui décide de confier secrètement l’enfant bien vivant, un garçon, à Charlotte. Personne bien sûr ne doit connaître la vérité. Pour l’amour du petit Freddy Charlotte l’Irlandaise est prête à affronter tous les dangers. Mais Freddy grandit et le secret s’effrite…

    Dès les premières lignes l’auteur nous embarque dans cette intrigue éminemment romanesque et inspirée de faits réels. Le récit est enlevé. L’auteur entremêle avec bonheur les fils de l’histoire. Il y a des rebondissements, du suspense, de l’humour. Les personnages sont hauts en couleur et pleins de vie. C’est une plongée passionnante dans les soubresauts de la révolution industrielle et les crises de l’histoire de l’Angleterre à la fin du XIXe siècle. E.G. 26/ XI /19

Londres Spitzer index

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De pierre et bd'os Bérengère Cornut  De pierre et d’os  Le Tripode 2019
        Une nuit, sur la banquise, une jeune fille tenaillée par un mal de ventre intense sort de la chaleur de l’igloo familial, s’éloigne de quelques pas quand, brusquement, la glace se fend avec fracas. La faille s’élargit vite, le brouillard se lève. Son père a juste le temps de lui envoyer l’amulette qu’il porte autour du cou, une dent d’ours, une lourde peau d’ours roulée serrée, ainsi qu’un harpon qui malheureusement se brise en tombant. Uqsuralik voit sa famille disparaître en silence dans la brume. La voici complètement isolée avec pour seule compagnie cinq chiens de traineau qui s’étaient enfouis sous la neige sur ce coin de banquise. Elle peut faire confiance à Ikasuk, la meilleure chienne de son père, mais doit se méfier des jeunes mâles prêts à l’attaquer. Impossible de s’apitoyer sur son sort, dans ce froid polaire il faut agir et marcher sous la clarté de la lune jusqu’à un bout de terre ferme pour tenter de survivre. Elle marche pendant des jours.
    C’est Uqsuralik la narratrice. Le lecteur s’attache à ses pas sur la banquise dans la lumière bleutée de la nuit. Rien de romantique cependant, la faim tenaille l’adolescente et les chiens. La mort rode. Uqsuralik tue un jeune mâle agressif pour apaiser un peu sa faim et celle des autres chiens. Elle doit se comporter en chef de meute pour qu’ils chassent pour elle. Elle cherche des traces laissées par l’homme ou les animaux, et l’aide des esprits. Elle rencontre enfin un groupe de familles et doit trouver sa place auprès d’eux, ce qui n’est pas sans danger.
     En courts chapitres, avec des mots simples et imagés, Uqsuralik raconte sa vie de femme inuit, de mère, puis de grand-mère, qui toujours affronte son destin. Elle nous fait pénétrer dans un univers invisible où tout est en correspondance, le monde des hommes, les animaux, l’eau, la glace et la roche, la vie et la mort, le monde des esprits. Les chants et la poésie ponctuent la vie du groupe, accompagnent la naissance et la mort et rythment le roman. Les femmes sont fortes, puissantes, souvent un peu chamanes.

  De pierre et d’os est un récit initiatique fascinant et lumineux. Par ce beau roman Bérengère Cornut se fait le passeur d’une civilisation millénaire toujours vivante. Un cahier de photographies complète le récit. E.G. 12 / XI / 19

Pris du R Fnac De pierre et d'os  Prix Roman Fnac 2019

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J Benameur  Jeanne Benameur Ceux qui partent  Actes Sud 2019

[En 1910,un groupe d’émigrants européens passent une nuit sur Ellis Island, retenus avant de mettre le pied sur le sol américain . Ici se nouent des liens, se renforcent les espérances de liberté .]
Ce roman nous transporte, lecteur, sur Ellis Island , en 1910, là où débarque tout émigrant , pour être examiné et interrogé , avant de poser le pied sur le sol américain.
Ce jour-là, font partie des voyageurs Emilia et son père, Donato Scarpa, italiens aisés, Esther, Arménienne, Gabor, tzigane. Ils attendent et passeront la nuit ici .
Andrew Jonson, lui, américain depuis trois générations, est là pour les photographier : malgré les études de droit imposées par sa famille,des immigrants de la première heure, c’est la photo qui le passionne .
Ces personnages vont se rencontrer , se parler, car la rencontre est peut-être le thème principal de ce roman, rencontres amoureuses, amicales. Inter-générationnelles, elles brassent aussi, les classes sociales .Les liens vont s’entrecroiser ,ainsi que les destins ,chacun se tournant tantôt vers le passé, tantôt vers l’avenir .
Les difficultés à être accepté par l’autre , celui qui est déjà devenu américain en l’occurrence, sont mises à nu avec finesse par l’écriture de Jeanne Benameur.
L’intime , la sensibilité de chacun sont explorés .
Comment se faire humble quand on est conscient de sa valeur ? Comment faire face aux contraintes  ? Comment aller de l’avant , oublier le passé, ou , plutôt , le retenir , mais au tréfonds de soi ? Comment offrir son corps à la nouveauté , mais préserver sa liberté ?Et, ces primo Américains ,si orgueilleux , se souviennent-ils encore de leurs origines ?
La nuit sera riche en apprentissages et en émotions sur Ellis Island
Quel avenir pour la belle et fougueuse Emilia ? Pour Hazé, qui dut s’adonner d ’abord à la prostitution avant de gagner sa liberté ? Donato va-t-il oublier sa chère Grazia ? Esther sait qu’elle inventera de nouvelles robes pour les riches Américaines .Quant à Gabor , où mènera-t-il ses pas loin du clan ? Andrew fera le mariage souhaité par ses parents , mais son père ne contrariera pas sa passion pour la photographie.
Que de personnages attachants sous la plume de Jeanne Benameur !Lyrisme et poésie , vous envelopperont, lecteurs avant de vous laisser un peu démunis sur le quai d’Ellis Island ! E.M. 5 /11/ 19
Ceux bis
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iNeige rouge  Simone Van der Vlugt, Neige rouge  Philippe Rey 2019
Chers lecteurs , voici un roman qui nous plonge au coeur des luttes religieuses qui se sont produites au XVIème siècle aux Pays-Bas . Un substrat historique passionnant,donc, mais , aussi , la peinture psychologique de personnages bien individualisés , voire historiquement authentiques , comme le prince Guillaume d’Orange -Nassau, père de l’indépendance néerlandaise .
En 1552,à Leyde , Liedeweij Feelinck, orpheline de mère , très proche de son père, demande à Andries Grieffen , médecin réputé, de soigner ce dernier .
D’emblée les jeunes gens se sentent attirés l’un vers l’autre, à tel point que Liedeweij, quoique catholique, finira par rompre toute relation avec son père-intraitable dans sa fidélité à l’Église Romaine- pour épouser Andries, Elle l ‘accompagne à Breda, où il exerce son art de médecin , au service de Guillaume d’Orange et de sa famille, en particulier.
Guillaume d’Orange a été nommé gouverneur de Hollande par Charles Quint ,et il essaie d’éviter les affrontements entre catholiques et calvinistes , malgré sa propre conversion au protestantisme . Mais , Philippe II, devenu roi d’Espagne à la mort de son père, intensifie les persécutions de l’Inquisition contre les réformés , et la lutte s’engage entre les gueux – ainsi nomme-t-on les Réformés , même les nobles, attachés à la liberté de culte – et les émissaires du roi d’Espagne .
Guillaume et les siens se sont repliés sur l’Allemagne, espérant mener plus aisément la guerre contre les Espagnols en levant des mercenaires dans ce pays .L’Inquisition est féroce,des villes sont saccagées, leurs habitants massacrés . C’est le cas à Naarden , où, après le départ du prince, s’est installée la famille Grieffen, industrieuse et toujours unie.
Seule, Isabella , la fille aînée du couple formé par Liedeweij et Andries, échappe au massacre . Elle se réfugie à Leyde , la ville natale de sa mère .
Comment cette toute jeune fille , forte du souvenir de ses exemplaires parents , va-t-elle survivre dans cette Hollande déchirée ? Comment Guillaume d’Orange parviendra-t-il à empêcher l’annexion des Pays-Bas à la couronne d ‘Espagne ?
Lecteurs,vous serez tenus en haleine par la petite histoire comme par la Grande . Vous apprécierez les descriptions précises des coutumes du peuple hollandais au XVIème siècle ,celles des riches intérieurs, des paysages également .
C’est une lecture dépaysante et très instructive que nous propose Simone van der Vlugt , un bonheur. E.M. 10/09/19

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Pas dupe  Yves Ravey Pas dupe  Ed de Minuit
Tippi Meyer vient d’être trouvée morte a bord de son véhicule accidenté , au fond d’un ravin .
Mr Meyer, son mari, prévenu par la police, se rend sur les lieux . Il est abordé par l’inspecteur Costa chargé des premières constatations
Certes Tippi avait l’habitude de conduire vite, mais pourquoi n’a -t- elle pas freiné ? Que faisait-elle à 5 heures du matin loin de chez elle ? Son mari ne s’est-il pas aperçu de son départ ?Cet accident en est-il vraiment un ? Que fait sur place le dénommé Kowalski, l’amant de Tippi ?
Salvatore Meyer répond aux questions qu’on lui pose , apparemment désemparé. Il avouera, plus tard seulement, – cela ne regarde pas le policier-  que, depuis plusieurs mois, Tippi et lui font chambre à part .
Bruce, son beau-père , lorsqu’il le retrouve à la maison -ils habitent la même- lui fait savoir qu’il ne compte pas le garder dans la société dont sa fille e t lui étaient les copropriétaires .
Plus tard, Costa revient .Il fait allusion à une dispute entre les époux, dont les échos seraient arrivés aux oreilles de la voisine, aux sorties nocturnes, en solitaire, de Tippi, une très jolie jeune femme au demeurant . Les sous-entendus se succèdent dans la bouche de Costa . Lorsque Meyer accompagne son beau-père sur le lieu de l’accident, reproches et accusations à peine voilées reprennent, il est pourtant évident que cette route en lacets sur laquelle on compte un accident par semaine apparaît d’une extrême dangerosité . Meyer aurait voulu se débarrasser de Tippi ? Mais où serait le bénéfice ?
Mme Lamarr , la voisine du couple , qui les a vus partir le soir de l’accident , comme chaque samedi soir, pour se rendre au bar Le Saïgon, a signalé au policier que Tippi portait le très beau collier de perles dont elle ne se séparait guère .Pourquoi n’a-t-on pas retrouvé le collier sur elle , au moment de sa mort ?
Qui avait intérêt à faire Tippi disparaître ? Kowalski -qu’elle faisait chanter , car il a femme et enfants-ou Meyer ?
Sûrement, méthodiquement, presque avec lenteur, assumant tantôt le rôle du policier, tantôt celui de Meyer,Yves Ravey conduit sa fiction vers un dénouement prévisible, mais jamais évident . Il joue avec les nerfs du lecteur comme Costa joue avec ceux de Meyer .
Le roman ressemble à une sorte de gourmandise, raffinée . Vous vous en délecterez , cher lecteur ! E.M.31/10/19

Palmarès Prix Littéraire Auromne 2019

PRIX   LITTERAIRES   AUTOMNE   2019

 Prix Littéraires
GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE :
               Laurent BINET                Civilazion                                         Grasset
PRIX GONCOURT :
               J.P. DUBOIS Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon L’Olivier
PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN :
          Marie GAUTHIER               Court vêtue                                         Gallimard
PRIX GONCOURT LYCÉENS :
           Karine TUIL                    Les Choses humaines                          Gallimard

 

PRIX ROMAN FNAC :
           Brigitte COURNUT        De pierre et d’os                                   Le Tripode

 

PRIX MÉDICIS :
          Luc LANG                       La Tentation                                                  Stock
PRIX MÉDICIS ÉTRANGER :
         Audur Ava OLAFSDOTTIR     Miss Islande ( trad de l’islandais)         Zulma
PRIX MÉDICIS ESSAI :
         Bulle OGIER et Anne DIATKINE      J’ai oublié                                     Seuil

 

PRIX RENAUDOT :
         Sylvain TESSON          La Panthère des neiges                            Gallimard
PRIX RENAUDOT ESSAI :
          Eric NEUHOFF       ( Très cher) Cinéma français                 Albin Michel
PRIX RENAUDOT DES LYCÉENS :
          Victoria MAS              Le Bal des folles                                    Albin Michel

 

PRIX FEMINA :
         Sylvain PRUDHOMME         Par les routes              L ‘Arbalète  / Gallimard
PRIX FEMINA ETRANGER :
         Manuel VILAS                  Ordesa ( trad de l’espagnol)         Ed du Sous-Sol
PRIX FEMINA ETRANGER  MENTION SPÉCIALE :
          Edna O’BRIEN                Girl                                            Sabine Wespieser
PRIX FEMINA ESSAI :
          Emmanuelle LAMBERT   Giono Furioso                                            Stock

 

PRIX INTERALLIÉ :
         Karine TUIL              Les Choses humaines                                Gallimard

 

Prix littéraire du monde : Cécile COULON  Une Bête au paradis     Iconoclaste

Grand prix de littérature américaine : Kevin POWERS L’Echo du temps Delcourt

Prix Décembre : Claudie HUNZINGER   Les Grands Cerfs                   Grasset

Prix de Flore : Sofia AOUINE          Rhapsodie des oubliés           La Martinière

Prix Stanislas : Victoria MAS         Le Bal des folles                       Albin Michel

 Prix Orange du Livre : Jean-Baptiste MAUDET  Matador Yankee   Le Passage

Prix Premier Roman : Géraldine DALBAN-MOREYNAS  On ne meurt pas d’amour  Plon

Prix Premier Roman étranger : Sana KRASIKOV Les Patriotes ( trad anglais U.S.) A.Michel

Prix Wepler : Lucie TAÏEB           Les Echappées                         Ed. de L’Ogre

Prix Wepler mention spéciale : Bruno REMAURY  Le Monde horizontal  Ed. Corti

 

Historique des Prix CBPT depuis 2012

 Historique des Prix CBPT depuis 2012

Pour plus d’informations sur ces divers Prix CBPT  Lire la suite …

Les PRIX  CBPT  décernés à Paris lors de l’AG 2016 :

Le Prix CBPT 2016 :  Larry Tremblay L’Orangeraie La Table ronde 2015 

¨Prix CBPT 2016 L'Orangeraie 001

L'Orangeraie Larry Tremblay L’Orangeraie La Table ronde 2015 
Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins.

Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.
Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le cœur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

 » Qu’aurait-il fait, lui, dans de pareilles conditions? Aurait-il été, comme des millions d’autres hommes, capable de tuer pour défendre une idée, un bout de terre, une frontière? »

Le Prix 18 – 30

Prix 18 30 2016 001

Les Prix LIVRENTETE

Prix LIVRENTETE 2016 001

Pour plus d’informations sur ces divers Prix CBPT  Lire la suite …

Le Prix CBPT 2015 a été attribué à Hélène Gestern Portrait d’après blessure Arlea 2014

Prix CBPT 2015911

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  •       Le Prix CBPT 2014 a été attribué à Beata de Robien , Fugue polonaise Albin Michel 2013.
  •  Le Prix CBPT 2013  a été attribué à  Marie Sizun Un Léger déplacement Arléa 2012 

IMG_0716    Affiche Prix CBPT Arléa 2415  IMG_0743

Au cours de l’Assemblée générale de l’Association Culture et Bibliothèques Pour Tous,  Le Prix CBPT 2013 décerné par le vote de 2 350 bibliothécaires du réseau , a été remis à :                       Marie Sizun  Un Léger déplacement  Arléa 2012.

Philippe Delaroche, directeur adjoint de la rédaction du magazine LIRE  a mené  avec beaucoup d’humour et de rebondissement, l’interview qui a révélé le charme et l’esprit de répartie de Marie Sizun .  » Le plus féminin de ses romans? – Oui, lui a-t-elle répondu, s’il faut le prendre comme un compliment ! « 

En fait, Marie Sizun a surtout insisté sur son empathie avec Hélène, la libraire de New York qui revient à Paris,  après l’avoir quitté .  » Ce n’est pas autobiographique … j’ai rêvé à ce qu’aurait pu être cet exil , j’ai imaginé sa surprise avec ce grand déplacement dans le temps… 35 ans après, en retrouvant des souvenirs forts du passé, à travers le philtre des sensations et de la mémoire.  » La poésie irradie le titre, cette impression d’un léger déplacement due au malaise prémonitoire de la première page, est diffuse dans tout le texte , esquissant ainsi un pont imaginaire entre New York et Paris, entre le présent et le passé, une construction fragile entre la première et la dernière page, pour un voyage immobile. Un léger déplacement vraiment ?  Un glissement  en douceur vers un ailleurs? Il suffit d’admirer la sérénité du regard de Marie Sizun pour être sous le charme de ses phrases et ressentir l’insoutenable légereté de ce léger déplacement. S.D.

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 Marie Sizun a reçu Le Grand Prix  des Lectrices de Elle 2008  pour La Femme de l’Allemand Arléa, 2007

Un Léger déplacement Arléa 2012, est son sixième  roman, le septième roman devrait paraître pour la rentrée littéraire.

Trois autres romans faisaient partie de la sélection pour le Prix CBPT 2013  :

            Isabelle AUTISSIER  L’Amant de Patagonie  Grasset 
                    Antoine LAURAIN  Le Chapeau de Mitterrand  Flammarion
                    Gérard MORDILLAT  Ce que savait Jennie  Calmann-Lévy
                  

L'amant de Patagonie par AutissierLe chapeau de Mitterrand par LaurainCe que savait Jennie par MordillatUn léger déplacement par Sizun

Le Prix CBPT 2012 avait été attribué à Metin Arditi Le Turquetto Actes Sud                                                        

                       

David DIOP PRIX GONCOURT EN CHINE

1 er Prix Goncourt en Chine ds4jp3dwkaafr5o.jpg_large     Prix Goncourt Lycéen

David DIOP lauréat du 1er Prix Goncourt en Chine

Finaliste malheureux du prix Goncourt, finalement repêché par celui des lycéens, l’écrivain remporte son troisième « Goncourt » après celui des Lycéens et le Choix de l’Orient. Pierre Assouline explique en quoi le Choix de la Chine est un nouveau prix important.

Le premier choix Goncourt de la Chine a distingué, samedi 24 novembre, David Diop pour son roman Frère d’âme, paru en août au Seuil. Le finaliste malheureux de plusieurs grands prix d’automne, dont le Goncourt français, avait déjà été désigné choix Goncourt de l’Orient début novembre avant de finalement parvenir à décrocher le Goncourt des lycéens quelques jours plus tard. Le récit suit Alfa Ndiaye et Mademba Diop, tirailleurs sénégalais et amis d’enfance, durant la Grande Guerre.
 
Sur les rives du fleuve bleu
Des représentants de onze universités chinoises se sont rassemblés à l’Institut Français de Wuhan, partenaire et initiateur du prix, pour désigner le lauréat de cette première édition du choix Goncourt de la Chine. Plus tôt dans le mois, le président du jury Du Qinggang, professeur de littérature française à l’université de Wuhan et spécialiste d’Henri Michaux s’était rendu à Paris afin d’organiser les préparatifs avec le président de l’Académie Goncourt Bernard Pivot et le dixième couvert Pierre Assouline. Ce dernier a fait le déplacement à Wuhan en tant que parrain pour assister aux délibérations.

Pierre Assouline explique à Livres Hebdo: « L’organisation était remarquable, il y avait une bonne préparation du côté chinois comme du côté français, avec de la curiosité et une vraie volonté. Surtout, j’ai constaté une très bonne connaissance du français et de sa littérature chez les professeurs et les étudiants. » Le biographe de Gaston Gallimard et d’Albert Londres a également profité de sa visite pour renseigner les organisateurs chinois sur les processus qui gouvernent l’attribution d’un choix Goncourt.

Préparé en l’espace de quelques mois seulement pour coïncider avec le 10e prix Fu Lei de la traduction franco-chinoise, le prix n’a pas été attribué, comme le veut la tradition, par un jury d’étudiants, mais par leurs professeurs. Une manière, selon Pierre Assouline, « d’amorcer la pompe » avant les prochaines éditions, qui devraient se dérouler dans les règles de l’art.

Un prix tourné vers les jeunes
« Le Goncourt choix de la Chine est résolument tourné vers les jeunes » indique le tout nouveau site de l’Académie Goncourt, qui rappelle les missions du programme de l’Institut français en lien avec le prix : favoriser les échanges avec les étudiants par l’organisation de conférences avec des membres du jury, inviter l’impétrant à venir en Chine pour une tournée de rencontres dans les universités et les écoles, ou encore susciter la traduction rapide des livres lauréats. Frère d’âme devrait ainsi être traduit et publié en Chine par la maison Haitan grâce au financement de l’Institut français de Wuhan.
 
« Il est très important que le choix Goncourt ne reste pas réservé en Chine à ceux qui lisent le français mais au contraire qu’il soit accessible à tous les étudiants ainsi qu’au grand public » indique l’Académie, qui rappelle que l’Empire du milieu se situe en tête des pays qui achètent des droits pour l’édition à la France.

Selon le Syndicat national de l’édition, la Chine représentait 26% du montant des droits de traduction vendus à l’international en 2017, douze points devant l’Italie, à 14%.
 
Révélés courant novembre, les choix Goncourt de la Roumanie, de la Suisse et de la Pologne ont récompensé Pauline Delabroy-Allard pour son roman Ca raconte Sarah paru aux éditions de Minuit.

Livres Hebdo Par Nicolas Turcev, le 26.11.2018

PRIX LITTERAIRES AUTOMNE 2018

PRIX  LITTERAIRES   AUTOMNE   2018

Lauréats Prix litteraires
Grand Prix du Roman de L’Académie française :
Camille Pascal  L’Été des quatre rois Grasset Prix Goncourt !
Nicolas Mathieu  Leurs enfants après eux Actes Sud
Prix Goncourt du Premier Roman :
Mahir Guven  Grand frère Philippe Rey
Prix Goncourt Lycéens :
David Diop  Frère d’âme   Seuil
Prix Roman Fnac :
Adeline Dieudonné  La Vraie vie L’Iconoclaste
Prix Médicis :
Pierre Guyotat  Idiotie Grasset Prix Médicis étranger :
Rachel Kushner  Le Mars Club ( trad de l’anglais) Stock
Prix Médicis Essai :
Stefano Missini  Les Frères Lehman  Globe
Prix Renaudot :
Valérie Manteau  Le Sillon Le Tripode
Prix Renaudot mention spéciale :
Philippe Lançon Le Lambeau Gallimard
Prix Renaudot Essai :
Olivia de Lamberterie  Avec toutes mes sympathies Stock
Prix Renaudot des lycéens :
Adeline Dieudonné  La Vraie vie L’Iconoclaste
Prix Femina :
Philippe Lançon Le Lambeau Gallimard   Prix Femina Etranger :
Alice McDermott La Neuvième heure ( trad de l’anglais) La Table Ronde  
Prix Femina Essai :
Elizabeth de Fontenay Gaspard de la nuit Stock
Prix Interallié :
Thomas B. Reverdy L ‘ Hiver du mécontentement Flammarion
Prix Littéraire du Monde : Jérôme Ferrari A son image Actes Sud
Grand Prix de Littérature Américaine : Richard Powers L’Arbre du Monde Le Cherche Midi
Prix Décembre : Michaël Ferrier François, portrait d’un absent Gallimard
Prix de Flore : Raphaël Rupert Anatomie de l’amant de ma femme L’Arbre vengeur
Prix Stanislas : Estelle-Sarah Bulle Là où les chiens aboient par la queue Liana Levi Prix Orange du Livre : Joachim Schnerf Cette nuit Zulma
Prix Premier Roman : Clélia Renucci Concours pour le Paradis Albin Michel
Prix Premier Roman étranger : Shih-Li Kow La Somme de nos folies (trad du chinois) Zulma
Prix Wepler : Nathalie Léger La Robe blanche P.O.L
Prix Weple mention spéciale : Bertrand Schefer Série noire P.O.L
Prix Virilo : Gauz Camarade Papa Le Nouvel Attila
Prix Trop Virilo : Jean Mattern Le Bleu du lac Sabine Wespieser
Prix Guillaume Apollinaire : Cécile Coulon Les Ronces Le Castor Astral
Prix Marguerite Yourcenar : Jean Echenoz (pour l’ensemble de son œuvre,) Ed de Minuit
Prix Quai des Orfèvres : Paul Mérault Le Cercle des impunis Fayard