COUPS DE COEUR DES BIBLIOTHECAIRES 2019-2020

Coups de coeur des bibliothécaires : 2019 – 2020 

Elles lisent pour leur plaisir, évidemment, mais pour le vôtre aussi
Voici leurs coups de coeur :
nouveautés, livres oubliés, perles rares et coups de foudre…

iLA chaleur   Victor Jestin  La Chaleur  Flammarion, 2019

Ce très court roman de 139 pages est avant tout un roman initiatique dérangeant : que peut-il se passer dans la tête d’un adolescent pour ne pas venir en aide ? Pour ne pas réagir ?
L’incipit est glaçant : « Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »
Pourquoi Léonard, le narrateur, âgé de 17 ans, n’est-il pas intervenu dans un premier temps puis dans un second temps d’une manière tout à fait inattendue ? Car non seulement celui-ci est resté impassible face au déroulement du drame mais bien plus surprenant encore, il a transporté le corps, comme l’aurait fait l’auteur d’un crime, et l’a enterré dans le sable.
Dès lors la culpabilité n’aura de cesse de le ronger.
L’action se passe le dernier week-end d’août dans un camping des Landes, au bord de l’océan.
La chaleur est accablante et les vacanciers indolents.
Est-ce cette chaleur suffocante qui a altéré le jugement de Léonard ? Et bien sûr tout au long du récit on pense à Camus et à son anti-héros Meursault, étranger au monde qui l’entoure.
Car c’est bien de ce mal dont l’adolescent souffre : tout l’encombre, le met mal à l’aise, l’oppresse ; le corps dénudé des vacanciers, les adultes, l’oisiveté, le lieu clos du camping.
Même avec ses proches il n’arrive pas à communiquer.
Il n’arrive pas à s’intégrer dans les groupes de jeunes qui jouissent du moment présent.
Les vacances ne sont-elles pas faites pour la détente, l’amusement, les soirées alcoolisées, le sexe ?
L’atmosphère du roman est lourde, pesante.
Le mal être de l’adolescent croît au fil des pages. Il s’interroge : « Rester immobile, est-ce pareil que tuer ? »
La scène de la veille lui revient constamment en mémoire.
Léonard est à plusieurs reprises sur le point d’avouer, à ses parents, à la mère d’Oscar et à chaque fois les mots se bloquent. Rien ne sort de sa bouche.
Son copain Louis ne lui parle que de sexe, de désir.
Du désir, Léonard en éprouve pour Luce, l’ancienne copine d’Oscar, justement. Réussira-t-il à la séduire ?
Il faut dire qu’il ne manque pas de charme, plutôt beau garçon, du genre silencieux, ce qui lui donne une allure énigmatique.
Quels sont ses sentiments ? Est-il tombé amoureux ? Oui. Mais Luce, qu’éprouve-t-elle pour lui ?
Leurs corps sont entrés en contact, ensuite….Plus rien……
C’est la fin du week-end, les vacanciers songent au départ.
Alors que Léonard et sa famille quittent le camping dans la bonne humeur, la chute….Vertigineuse….A laquelle nul ne s’attend, survient !

La Chaleur de Victor Jestin a été récompensé par Le Prix de la Vocation et le Prix Femina des Lycéens  A.F. 5/01/20

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Kaouther Adimi
Kaouther ADIMI Les Petits de Décembre Editions du Seuil
    Dans son dernier roman Les Petits de décembre Kaouther ADIMI parle à nouveau avec amour de son pays, l’Algérie. Cette jeune romancière de 33 ans est vraiment très talentueuse, et n’en finit plus d’approfondir son univers tour à tour sensible et érudit entre la France et les pays du Maghreb.
     Nous voici donc à Dely Brahim dans la banlieue d’Alger. Au centre de la cité dite du 11 décembre 1960 en mémoire des manifestations indépendantistes, les enfants ont investi un terrain abandonné au milieu des habitations et des rues non goudronnées Pour jouer au football et rêver de gloire et de grandeur La vie y est plutôt harmonieuse jusqu’à ce jour de février 2016 où deux généraux du régime descendent de leur voiture avec chauffeur pour annoncer aux habitants leur volonté de se faire construire de belles villas sur cette parcelle déclarant que ce terrain leur appartient, « papiers officiels » à l’appui.
    Mais pour les enfants du quartier, il est hors de question de laisser leur terrain ! À l’appel des trois figures principales que sont Inès, Jamyl et Mahdi, une résistance s’organise. Rejoints par les enfants et jeunes des quartiers voisins, ils sont bien décidés à faire valoir leurs droits et à sauver leur seul espace de liberté.
    Avec Les Petits de décembre,  Kaouther Adimi construit un roman remarquable : à la fois sensible par la force de ses personnages et la fraîcheur de ces enfants affranchis de la peur qui musèle les parents mais aussi enrichissant grâce au journal qu’écrit le personnage d’ Adila, militante pendant la guerre d’Algérie qui retrace les grandes lignes historiques du pays.
    Ainsi l’auteur rend hommage aux anciens qui se sont battus et vivent aujourd’hui avec les cicatrices du combat .  Mais elle montre également l’état d’esprit d’une nouvelle génération prête à défendre ses droits .
    Kaouther Adimi porte un regard acéré sur la société algérienne avec beaucoup de tendresse et de générosité pour ses petits héros. Elle écrit bien et la qualité de son écriture lui permet de délivrer son message avec poésie et efficacité.
     C’est une plaisante fable politique acerbe, critique et parfois désopilante sur le pouvoir tel qu’il s’exerce en Algérie depuis l’Indépendance avec ses abus, ses corruptions, ses destins brisés, ses mensonges et ses hypocrisies. Le roman montre également que la machine est sur les rails et se lance à petits pas, lentement mais sûrement, vers une liberté toujours espérée .

2 Les Petits de décembre  Un roman attachant, puissant et tellement actuel M.D.M.12/ XII /19 

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ame brisée violon

Akira MIZUBAYASHI  Ame brisée Gallimard 2019
    Au tout début du roman, nous sommes en 1938 à Tokyo .
Dans une salle de la Maison Municipale, un quatuor répète le morceau intitulé Rosamunde de Schubert . Ce quatuor est composé de Yu Mizusawa , professeur, et de trois étudiants chinois, dont une jeune femme, Yanfen.
Le fils de Yu,Rei âgé de 11 ans, orphelin de mère, lit un livre dans une autre partie de la salle. Surgit un groupe de soldats venus perquisitionner. Sur l’ordre de son père, Rei se réfugie dans une armoire. Les soldats accusent Yu d’espionnage au profit de la Chine. Brutal, l’un d’eux piétine le violon de Yu, fabriqué par Nicolas Vuillaume à Méricourt .
    Survient alors le lieutenant Kurokami qui demande à Yu de jouer un morceau pour prouver qu’il est bien musicien . Kurokami ne réussira cependant pas à empêcher l’arrestation du quatuor, mais, découvrant Rei dans l’armoire, il lui confie, avant de se retirer, le violon de Yu .
    Bien des années plus tard , nous retrouvons Rei devenu Jacques Maillard, la suite de son adoption par un ami français de son père. Après des études à Méricourt , puis à Crémone, il s’est installé comme luthier à Paris .
Un jour, Hélène, son épouse, qui fabrique des archets, l’incite à contacter une jeune violoniste japonaise, Midori Yamazaki, qui s’avère être la petite fille du lieutenant Kurokami .
      A partir de cet instant, Rei-Jacques va remonter le fil de son histoire, revoir à Shangaï, Yanfen, devenue une vieille femme . Celle-ci lui remettra le cardigan rose de sa mère , que Yu Musiwa lui avait, un jour de froidue, prêté ainsi qu’un livre de son père . L’orphelin fracassé va-t-il, grâce à ces précieux souvenirs, retrouver le chemin de son enfance ?
      Car patiemment, longuement, il a restauré le beau violon de bois sombre de Yu, et jugeant Midori digne de l’instrument, il le lui a confié .
 Ceux-là mêmes que son père avait joués, le jour de la perquisition .
      Ce roman, construit comme un morceau de musique, à l’écriture élégante et précise, s’impose avec pudeur – et d’autant plus de force- comme un hymne à la musique et à la littérature, érigées en antidotes de la haine, aux horreurs de la guerre, de toutes les guerres …
Un très beau livre ! E.M. 3 / XII / 19

Mizubayashi**********

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Sébastien Spitzer  Le Coeur battant du monde  Albin Michel  2019
      Le cœur battant du monde c’est Londres, la capitale de l’immense empire de la reine Victoria. La Grande Exposition universelle de 1851 en célèbre la puissance. La révolution industrielle bat son plein grâce à la houille et au développement des machines à vapeur. Dans les rues de Londres les tensions et les dangers sont palpables, l’opulence insolente côtoie la plus criante misère. La société est en pleine mutation et implacable pour les petites gens.
     Charlotte est l’une d’elles. Elle a fui l’Irlande en raison de la famine qui y règne, et cherche du travail à Londres, tandis que son amoureux est parti tenter sa chance en Amérique. Elle cache soigneusement son crâne rasé, car elle a vendu ses cheveux, et sa grossesse, pour se présenter au mieux au gérant de l’agence Thomas Cook située dans la gare. Mais un voleur se précipite dans l’agence, brutalise la jeune femme, et ressort avec les quelques billets de la caisse. Un médecin prend en charge la blessée qui perd son bébé. Curieux ce docteur Malte qui soigne les pauvres avec ses pilules  »  à tout faire « , qui « rend service », après avoir appris la médecine sur le tas sur les bateaux. Passe dans la gare un gentleman élégant et pressé venant de Manchester. Son nom est Engels. Il a rendez-vous avec un ami qui se cache et qui a des ennuis. On l’appelle Le Maure mais son vrai nom est Karl Marx.
    Eh oui il s’agit bien de Friedrich Engels et de Karl Marx ! Les deux hommes, persona non grata dans leur pays l’Allemagne, partagent les mêmes idéaux révolutionnaires communistes. Engels fait fortune grâce à la filature de son père à Manchester, et dans le même temps, soutient secrètement financièrement Marx et sa famille nombreuse. Dans le cœur battant du monde capitaliste le Maure rédige son manifeste, théorise la révolution, attend son heure, et apprécie le confort bourgeois… Le gros ennui de Marx c’est qu’il a « fauté avec la bonne », une bêtise ! Engels doit trouver une solution radicale ! C’est là qu’intervient le bien arrangeant Dr Malte qui décide de confier secrètement l’enfant bien vivant, un garçon, à Charlotte. Personne bien sûr ne doit connaître la vérité. Pour l’amour du petit Freddy Charlotte l’Irlandaise est prête à affronter tous les dangers. Mais Freddy grandit et le secret s’effrite…

    Dès les premières lignes l’auteur nous embarque dans cette intrigue éminemment romanesque et inspirée de faits réels. Le récit est enlevé. L’auteur entremêle avec bonheur les fils de l’histoire. Il y a des rebondissements, du suspense, de l’humour. Les personnages sont hauts en couleur et pleins de vie. C’est une plongée passionnante dans les soubresauts de la révolution industrielle et les crises de l’histoire de l’Angleterre à la fin du XIXe siècle. E.G. 26/ XI /19

Londres Spitzer index

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De pierre et bd'os Bérengère Cornut  De pierre et d’os  Le Tripode 2019
        Une nuit, sur la banquise, une jeune fille tenaillée par un mal de ventre intense sort de la chaleur de l’igloo familial, s’éloigne de quelques pas quand, brusquement, la glace se fend avec fracas. La faille s’élargit vite, le brouillard se lève. Son père a juste le temps de lui envoyer l’amulette qu’il porte autour du cou, une dent d’ours, une lourde peau d’ours roulée serrée, ainsi qu’un harpon qui malheureusement se brise en tombant. Uqsuralik voit sa famille disparaître en silence dans la brume. La voici complètement isolée avec pour seule compagnie cinq chiens de traineau qui s’étaient enfouis sous la neige sur ce coin de banquise. Elle peut faire confiance à Ikasuk, la meilleure chienne de son père, mais doit se méfier des jeunes mâles prêts à l’attaquer. Impossible de s’apitoyer sur son sort, dans ce froid polaire il faut agir et marcher sous la clarté de la lune jusqu’à un bout de terre ferme pour tenter de survivre. Elle marche pendant des jours.
    C’est Uqsuralik la narratrice. Le lecteur s’attache à ses pas sur la banquise dans la lumière bleutée de la nuit. Rien de romantique cependant, la faim tenaille l’adolescente et les chiens. La mort rode. Uqsuralik tue un jeune mâle agressif pour apaiser un peu sa faim et celle des autres chiens. Elle doit se comporter en chef de meute pour qu’ils chassent pour elle. Elle cherche des traces laissées par l’homme ou les animaux, et l’aide des esprits. Elle rencontre enfin un groupe de familles et doit trouver sa place auprès d’eux, ce qui n’est pas sans danger.
     En courts chapitres, avec des mots simples et imagés, Uqsuralik raconte sa vie de femme inuit, de mère, puis de grand-mère, qui toujours affronte son destin. Elle nous fait pénétrer dans un univers invisible où tout est en correspondance, le monde des hommes, les animaux, l’eau, la glace et la roche, la vie et la mort, le monde des esprits. Les chants et la poésie ponctuent la vie du groupe, accompagnent la naissance et la mort et rythment le roman. Les femmes sont fortes, puissantes, souvent un peu chamanes.

  De pierre et d’os est un récit initiatique fascinant et lumineux. Par ce beau roman Bérengère Cornut se fait le passeur d’une civilisation millénaire toujours vivante. Un cahier de photographies complète le récit. E.G. 12 / XI / 19

Pris du R Fnac De pierre et d'os  Prix Roman Fnac 2019

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J Benameur  Jeanne Benameur Ceux qui partent  Actes sud 2019

[En 1910,un groupe d’émigrants européens passent une nuit sur Ellis Island, retenus avant de mettre le pied sur le sol américain . Ici se nouent des liens, se renforcent les espérances de liberté .]
Ce roman nous transporte, lecteur, sur Ellis Island , en 1910, là où débarque tout émigrant , pour être examiné et interrogé , avant de poser le pied sur le sol américain.
Ce jour-là, font partie des voyageurs Emilia et son père, Donato Scarpa, italiens aisés, Esther, Arménienne, Gabor, tzigane. Ils attendent et passeront la nuit ici .
Andrew Jonson, lui, américain depuis trois générations, est là pour les photographier : malgré les études de droit imposées par sa famille,des immigrants de la première heure, c’est la photo qui le passionne .
Ces personnages vont se rencontrer , se parler, car la rencontre est peut-être le thème principal de ce roman, rencontres amoureuses, amicales. Inter-générationnelles, elles brassent aussi, les classes sociales .Les liens vont s’entrecroiser ,ainsi que les destins ,chacun se tournant tantôt vers le passé, tantôt vers l’avenir .
Les difficultés à être accepté par l’autre , celui qui est déjà devenu américain en l’occurrence, sont mises à nu avec finesse par l’écriture de Jeanne Benameur.
L’intime , la sensibilité de chacun sont explorés .
Comment se faire humble quand on est conscient de sa valeur ? Comment faire face aux contraintes  ? Comment aller de l’avant , oublier le passé, ou , plutôt , le retenir , mais au tréfonds de soi ? Comment offrir son corps à la nouveauté , mais préserver sa liberté ?Et, ces primo Américains ,si orgueilleux , se souviennent-ils encore de leurs origines ?
La nuit sera riche en apprentissages et en émotions sur Ellis Island
Quel avenir pour la belle et fougueuse Emilia ? Pour Hazé, qui dut s’adonner d ’abord à la prostitution avant de gagner sa liberté ? Donato va-t-il oublier sa chère Grazia ? Esther sait qu’elle inventera de nouvelles robes pour les riches Américaines .Quant à Gabor , où mènera-t-il ses pas loin du clan ? Andrew fera le mariage souhaité par ses parents , mais son père ne contrariera pas sa passion pour la photographie.
Que de personnages attachants sous la plume de Jeanne Benameur !Lyrisme et poésie , vous envelopperont, lecteurs avant de vous laisser un peu démunis sur le quai d’Ellis Island ! E.M. 5 /11/ 19
Ceux bis
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iNeige rouge Simone Van der Vlugt, Neige rouge  Philippe Rey 2019
Chers lecteurs , voici un roman qui nous plonge au coeur des luttes religieuses qui se sont produites au XVIème siècle aux Pays-Bas . Un substrat historique passionnant,donc, mais , aussi , la peinture psychologique de personnages bien individualisés , voire historiquement authentiques , comme le prince Guillaume d’Orange -Nassau, père de l’indépendance néerlandaise .
En 1552,à Leyde , Liedeweij Feelinck, orpheline de mère , très proche de son père, demande à Andries Grieffen , médecin réputé, de soigner ce dernier .
D’emblée les jeunes gens se sentent attirés l’un vers l’autre, à tel point que Liedeweij, quoique catholique, finira par rompre toute relation avec son père-intraitable dans sa fidélité à l’Église Romaine- pour épouser Andries, Elle l ‘accompagne à Breda, où il exerce son art de médecin , au service de Guillaume d’Orange et de sa famille, en particulier.
Guillaume d’Orange a été nommé gouverneur de Hollande par Charles Quint ,et il essaie d’éviter les affrontements entre catholiques et calvinistes , malgré sa propre conversion au protestantisme . Mais , Philippe II, devenu roi d’Espagne à la mort de son père, intensifie les persécutions de l’Inquisition contre les réformés , et la lutte s’engage entre les gueux – ainsi nomme-t-on les Réformés , même les nobles, attachés à la liberté de culte – et les émissaires du roi d’Espagne .
Guillaume et les siens se sont repliés sur l’Allemagne, espérant mener plus aisément la guerre contre les Espagnols en levant des mercenaires dans ce pays .L’Inquisition est féroce,des villes sont saccagées, leurs habitants massacrés . C’est le cas à Naarden , où, après le départ du prince, s’est installée la famille Grieffen, industrieuse et toujours unie.
Seule, Isabella , la fille aînée du couple formé par Liedeweij et Andries, échappe au massacre . Elle se réfugie à Leyde , la ville natale de sa mère .
Comment cette toute jeune fille , forte du souvenir de ses exemplaires parents , va-t-elle survivre dans cette Hollande déchirée ? Comment Guillaume d’Orange parviendra-t-il à empêcher l’annexion des Pays-Bas à la couronne d ‘Espagne ?
Lecteurs,vous serez tenus en haleine par la petite histoire comme par la Grande . Vous apprécierez les descriptions précises des coutumes du peuple hollandais au XVIème siècle ,celles des riches intérieurs, des paysages également .
C’est une lecture dépaysante et très instructive que nous propose Simone van der Vlugt , un bonheur. E.M. 10/09/19
Simone-van-der-Vlught-Neige-rouge

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Pas dupe  Yves Ravey Pas dupe  Ed de Minuit
Tippi Meyer vient d’être trouvée morte a bord de son véhicule accidenté , au fond d’un ravin .
Mr Meyer, son mari, prévenu par la police, se rend sur les lieux . Il est abordé par l’inspecteur Costa chargé des premières constatations
Certes Tippi avait l’habitude de conduire vite, mais pourquoi n’a -t- elle pas freiné ? Que faisait-elle à 5 heures du matin loin de chez elle ? Son mari ne s’est-il pas aperçu de son départ ?Cet accident en est-il vraiment un ? Que fait sur place le dénommé Kowalski, l’amant de Tippi ?
Salvatore Meyer répond aux questions qu’on lui pose , apparemment désemparé. Il avouera, plus tard seulement, – cela ne regarde pas le policier-  que, depuis plusieurs mois, Tippi et lui font chambre à part .
Bruce, son beau-père , lorsqu’il le retrouve à la maison -ils habitent la même- lui fait savoir qu’il ne compte pas le garder dans la société dont sa fille e t lui étaient les copropriétaires .
Plus tard, Costa revient .Il fait allusion à une dispute entre les époux, dont les échos seraient arrivés aux oreilles de la voisine, aux sorties nocturnes, en solitaire, de Tippi, une très jolie jeune femme au demeurant . Les sous-entendus se succèdent dans la bouche de Costa . Lorsque Meyer accompagne son beau-père sur le lieu de l’accident, reproches et accusations à peine voilées reprennent, il est pourtant évident que cette route en lacets sur laquelle on compte un accident par semaine apparaît d’une extrême dangerosité . Meyer aurait voulu se débarrasser de Tippi ? Mais où serait le bénéfice ?
Mme Lamarr , la voisine du couple , qui les a vus partir le soir de l’accident , comme chaque samedi soir, pour se rendre au bar Le Saïgon, a signalé au policier que Tippi portait le très beau collier de perles dont elle ne se séparait guère .Pourquoi n’a-t-on pas retrouvé le collier sur elle , au moment de sa mort ?
Qui avait intérêt à faire Tippi disparaître ? Kowalski -qu’elle faisait chanter , car il a femme et enfants-ou Meyer ?
Sûrement, méthodiquement, presque avec lenteur, assumant tantôt le rôle du policier, tantôt celui de Meyer,Yves Ravey conduit sa fiction vers un dénouement prévisible, mais jamais évident . Il joue avec les nerfs du lecteur comme Costa joue avec ceux de Meyer .
Le roman ressemble à une sorte de gourmandise, raffinée . Vous vous en délecterez , cher lecteur ! E.M.31/10/19

Palmarès Prix Littéraire Auromne 2019

PRIX   LITTERAIRES   AUTOMNE   2019

 Prix Littéraires
GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE :
               Laurent BINET                Civilazion                                         Grasset
PRIX GONCOURT :
               J.P. DUBOIS Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon L’Olivier
PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN :
          Marie GAUTHIER               Court vêtue                                         Gallimard
PRIX GONCOURT LYCÉENS :
           Karine TUIL                    Les Choses humaines                          Gallimard

 

PRIX ROMAN FNAC :
           Brigitte COURNUT        De pierre et d’os                                   Le Tripode

 

PRIX MÉDICIS :
          Luc LANG                       La Tentation                                                  Stock
PRIX MÉDICIS ÉTRANGER :
         Audur Ava OLAFSDOTTIR     Miss Islande ( trad de l’islandais)         Zulma
PRIX MÉDICIS ESSAI :
         Bulle OGIER et Anne DIATKINE      J’ai oublié                                     Seuil

 

PRIX RENAUDOT :
         Sylvain TESSON          La Panthère des neiges                            Gallimard
PRIX RENAUDOT ESSAI :
          Eric NEUHOFF       ( Très cher) Cinéma français                 Albin Michel
PRIX RENAUDOT DES LYCÉENS :
          Victoria MAS              Le Bal des folles                                    Albin Michel

 

PRIX FEMINA :
         Sylvain PRUDHOMME         Par les routes              L ‘Arbalète  / Gallimard
PRIX FEMINA ETRANGER :
         Manuel VILAS                  Ordesa ( trad de l’espagnol)         Ed du Sous-Sol
PRIX FEMINA ETRANGER  MENTION SPÉCIALE :
          Edna O’BRIEN                Girl                                            Sabine Wespieser
PRIX FEMINA ESSAI :
          Emmanuelle LAMBERT   Giono Furioso                                            Stock

 

PRIX INTERALLIÉ :
         Karine TUIL              Les Choses humaines                                Gallimard

 

Prix littéraire du monde : Cécile COULON  Une Bête au paradis     Iconoclaste

Grand prix de littérature américaine : Kevin POWERS L’Echo du temps Delcourt

Prix Décembre : Claudie HUNZINGER   Les Grands Cerfs                   Grasset

Prix de Flore : Sofia AOUINE          Rhapsodie des oubliés           La Martinière

Prix Stanislas : Victoria MAS         Le Bal des folles                       Albin Michel

 Prix Orange du Livre : Jean-Baptiste MAUDET  Matador Yankee   Le Passage

Prix Premier Roman : Géraldine DALBAN-MOREYNAS  On ne meurt pas d’amour  Plon

Prix Premier Roman étranger : Sana KRASIKOV Les Patriotes ( trad anglais U.S.) A.Michel

Prix Wepler : Lucie TAÏEB           Les Echappées                         Ed. de L’Ogre

Prix Wepler mention spéciale : Bruno REMAURY  Le Monde horizontal  Ed. Corti

 

Historique des Prix CBPT depuis 2012

 Historique des Prix CBPT depuis 2012

Pour plus d’informations sur ces divers Prix CBPT  Lire la suite …

Les PRIX  CBPT  décernés à Paris lors de l’AG 2016 :

Le Prix CBPT 2016 :  Larry Tremblay L’Orangeraie La Table ronde 2015 

¨Prix CBPT 2016 L'Orangeraie 001

L'Orangeraie Larry Tremblay L’Orangeraie La Table ronde 2015 
Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins.

Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.
Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le cœur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

 » Qu’aurait-il fait, lui, dans de pareilles conditions? Aurait-il été, comme des millions d’autres hommes, capable de tuer pour défendre une idée, un bout de terre, une frontière? »

Le Prix 18 – 30

Prix 18 30 2016 001

Les Prix LIVRENTETE

Prix LIVRENTETE 2016 001

Pour plus d’informations sur ces divers Prix CBPT  Lire la suite …

Le Prix CBPT 2015 a été attribué à Hélène Gestern Portrait d’après blessure Arlea 2014

Prix CBPT 2015911

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  •       Le Prix CBPT 2014 a été attribué à Beata de Robien , Fugue polonaise Albin Michel 2013.
  •  Le Prix CBPT 2013  a été attribué à  Marie Sizun Un Léger déplacement Arléa 2012 

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Au cours de l’Assemblée générale de l’Association Culture et Bibliothèques Pour Tous,  Le Prix CBPT 2013 décerné par le vote de 2 350 bibliothécaires du réseau , a été remis à :                       Marie Sizun  Un Léger déplacement  Arléa 2012.

Philippe Delaroche, directeur adjoint de la rédaction du magazine LIRE  a mené  avec beaucoup d’humour et de rebondissement, l’interview qui a révélé le charme et l’esprit de répartie de Marie Sizun .  » Le plus féminin de ses romans? – Oui, lui a-t-elle répondu, s’il faut le prendre comme un compliment ! « 

En fait, Marie Sizun a surtout insisté sur son empathie avec Hélène, la libraire de New York qui revient à Paris,  après l’avoir quitté .  » Ce n’est pas autobiographique … j’ai rêvé à ce qu’aurait pu être cet exil , j’ai imaginé sa surprise avec ce grand déplacement dans le temps… 35 ans après, en retrouvant des souvenirs forts du passé, à travers le philtre des sensations et de la mémoire.  » La poésie irradie le titre, cette impression d’un léger déplacement due au malaise prémonitoire de la première page, est diffuse dans tout le texte , esquissant ainsi un pont imaginaire entre New York et Paris, entre le présent et le passé, une construction fragile entre la première et la dernière page, pour un voyage immobile. Un léger déplacement vraiment ?  Un glissement  en douceur vers un ailleurs? Il suffit d’admirer la sérénité du regard de Marie Sizun pour être sous le charme de ses phrases et ressentir l’insoutenable légereté de ce léger déplacement. S.D.

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 Marie Sizun a reçu Le Grand Prix  des Lectrices de Elle 2008  pour La Femme de l’Allemand Arléa, 2007

Un Léger déplacement Arléa 2012, est son sixième  roman, le septième roman devrait paraître pour la rentrée littéraire.

Trois autres romans faisaient partie de la sélection pour le Prix CBPT 2013  :

            Isabelle AUTISSIER  L’Amant de Patagonie  Grasset 
                    Antoine LAURAIN  Le Chapeau de Mitterrand  Flammarion
                    Gérard MORDILLAT  Ce que savait Jennie  Calmann-Lévy
                  

L'amant de Patagonie par AutissierLe chapeau de Mitterrand par LaurainCe que savait Jennie par MordillatUn léger déplacement par Sizun

Le Prix CBPT 2012 avait été attribué à Metin Arditi Le Turquetto Actes Sud                                                        

                       

David DIOP PRIX GONCOURT EN CHINE

1 er Prix Goncourt en Chine ds4jp3dwkaafr5o.jpg_large     Prix Goncourt Lycéen

David DIOP lauréat du 1er Prix Goncourt en Chine

Finaliste malheureux du prix Goncourt, finalement repêché par celui des lycéens, l’écrivain remporte son troisième « Goncourt » après celui des Lycéens et le Choix de l’Orient. Pierre Assouline explique en quoi le Choix de la Chine est un nouveau prix important.

Le premier choix Goncourt de la Chine a distingué, samedi 24 novembre, David Diop pour son roman Frère d’âme, paru en août au Seuil. Le finaliste malheureux de plusieurs grands prix d’automne, dont le Goncourt français, avait déjà été désigné choix Goncourt de l’Orient début novembre avant de finalement parvenir à décrocher le Goncourt des lycéens quelques jours plus tard. Le récit suit Alfa Ndiaye et Mademba Diop, tirailleurs sénégalais et amis d’enfance, durant la Grande Guerre.
 
Sur les rives du fleuve bleu
Des représentants de onze universités chinoises se sont rassemblés à l’Institut Français de Wuhan, partenaire et initiateur du prix, pour désigner le lauréat de cette première édition du choix Goncourt de la Chine. Plus tôt dans le mois, le président du jury Du Qinggang, professeur de littérature française à l’université de Wuhan et spécialiste d’Henri Michaux s’était rendu à Paris afin d’organiser les préparatifs avec le président de l’Académie Goncourt Bernard Pivot et le dixième couvert Pierre Assouline. Ce dernier a fait le déplacement à Wuhan en tant que parrain pour assister aux délibérations.

Pierre Assouline explique à Livres Hebdo: « L’organisation était remarquable, il y avait une bonne préparation du côté chinois comme du côté français, avec de la curiosité et une vraie volonté. Surtout, j’ai constaté une très bonne connaissance du français et de sa littérature chez les professeurs et les étudiants. » Le biographe de Gaston Gallimard et d’Albert Londres a également profité de sa visite pour renseigner les organisateurs chinois sur les processus qui gouvernent l’attribution d’un choix Goncourt.

Préparé en l’espace de quelques mois seulement pour coïncider avec le 10e prix Fu Lei de la traduction franco-chinoise, le prix n’a pas été attribué, comme le veut la tradition, par un jury d’étudiants, mais par leurs professeurs. Une manière, selon Pierre Assouline, « d’amorcer la pompe » avant les prochaines éditions, qui devraient se dérouler dans les règles de l’art.

Un prix tourné vers les jeunes
« Le Goncourt choix de la Chine est résolument tourné vers les jeunes » indique le tout nouveau site de l’Académie Goncourt, qui rappelle les missions du programme de l’Institut français en lien avec le prix : favoriser les échanges avec les étudiants par l’organisation de conférences avec des membres du jury, inviter l’impétrant à venir en Chine pour une tournée de rencontres dans les universités et les écoles, ou encore susciter la traduction rapide des livres lauréats. Frère d’âme devrait ainsi être traduit et publié en Chine par la maison Haitan grâce au financement de l’Institut français de Wuhan.
 
« Il est très important que le choix Goncourt ne reste pas réservé en Chine à ceux qui lisent le français mais au contraire qu’il soit accessible à tous les étudiants ainsi qu’au grand public » indique l’Académie, qui rappelle que l’Empire du milieu se situe en tête des pays qui achètent des droits pour l’édition à la France.

Selon le Syndicat national de l’édition, la Chine représentait 26% du montant des droits de traduction vendus à l’international en 2017, douze points devant l’Italie, à 14%.
 
Révélés courant novembre, les choix Goncourt de la Roumanie, de la Suisse et de la Pologne ont récompensé Pauline Delabroy-Allard pour son roman Ca raconte Sarah paru aux éditions de Minuit.

Livres Hebdo Par Nicolas Turcev, le 26.11.2018

PRIX LITTERAIRES AUTOMNE 2018

PRIX  LITTERAIRES   AUTOMNE   2018

Lauréats Prix litteraires
Grand Prix du Roman de L’Académie française :
Camille Pascal  L’Été des quatre rois Grasset Prix Goncourt !
Nicolas Mathieu  Leurs enfants après eux Actes Sud
Prix Goncourt du Premier Roman :
Mahir Guven  Grand frère Philippe Rey
Prix Goncourt Lycéens :
David Diop  Frère d’âme   Seuil
Prix Roman Fnac :
Adeline Dieudonné  La Vraie vie L’Iconoclaste
Prix Médicis :
Pierre Guyotat  Idiotie Grasset Prix Médicis étranger :
Rachel Kushner  Le Mars Club ( trad de l’anglais) Stock
Prix Médicis Essai :
Stefano Missini  Les Frères Lehman  Globe
Prix Renaudot :
Valérie Manteau  Le Sillon Le Tripode
Prix Renaudot mention spéciale :
Philippe Lançon Le Lambeau Gallimard
Prix Renaudot Essai :
Olivia de Lamberterie  Avec toutes mes sympathies Stock
Prix Renaudot des lycéens :
Adeline Dieudonné  La Vraie vie L’Iconoclaste
Prix Femina :
Philippe Lançon Le Lambeau Gallimard   Prix Femina Etranger :
Alice McDermott La Neuvième heure ( trad de l’anglais) La Table Ronde  
Prix Femina Essai :
Elizabeth de Fontenay Gaspard de la nuit Stock
Prix Interallié :
Thomas B. Reverdy L ‘ Hiver du mécontentement Flammarion
Prix Littéraire du Monde : Jérôme Ferrari A son image Actes Sud
Grand Prix de Littérature Américaine : Richard Powers L’Arbre du Monde Le Cherche Midi
Prix Décembre : Michaël Ferrier François, portrait d’un absent Gallimard
Prix de Flore : Raphaël Rupert Anatomie de l’amant de ma femme L’Arbre vengeur
Prix Stanislas : Estelle-Sarah Bulle Là où les chiens aboient par la queue Liana Levi Prix Orange du Livre : Joachim Schnerf Cette nuit Zulma
Prix Premier Roman : Clélia Renucci Concours pour le Paradis Albin Michel
Prix Premier Roman étranger : Shih-Li Kow La Somme de nos folies (trad du chinois) Zulma
Prix Wepler : Nathalie Léger La Robe blanche P.O.L
Prix Weple mention spéciale : Bertrand Schefer Série noire P.O.L
Prix Virilo : Gauz Camarade Papa Le Nouvel Attila
Prix Trop Virilo : Jean Mattern Le Bleu du lac Sabine Wespieser
Prix Guillaume Apollinaire : Cécile Coulon Les Ronces Le Castor Astral
Prix Marguerite Yourcenar : Jean Echenoz (pour l’ensemble de son œuvre,) Ed de Minuit
Prix Quai des Orfèvres : Paul Mérault Le Cercle des impunis Fayard

Philip Roth, la mort d’un géant de la littérature américaine Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox Mis à jour le 23/05/2018 à 10H31,

 

 

Philip Roth, la mort d’un géant de la littérature américaine

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Mis à jour le 23/05/2018 à 10H31, publié le 23/05/2018 à 08H28

Philip Roth est mort mardi à 85 ans. Géant de la littérature américaine et mondiale, l’écrivain est mort six ans après avoir arrêté l’écriture et sans jamais avoir obtenu le Prix Nobel pour lequel il avait été si souvent cité.

Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, ce natif de Newark (New Jersey) avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir. Il est notamment l’auteur de « Pastorale américaine » qui lui vaudra le prix Pulitzer en 1998. C’est le livre « Portnoy et son complexe » qui l’avait révélé au grand public en 1969, un ouvrage qui avait fait scandale, à la fois pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d’aborder la judaïté.
Ces deux thèmes resteront présents dans la majeure partie de son oeuvre. Il sera plusieurs fois publiquement critiqué par des figures du judaïsme pour ses écrits sur la judaïté. Son style acéré et sarcastique aura marqué plusieurs générations de lecteurs ainsi que sa propension à mêler fiction et réalité, appuyant beaucoup de ses romans sur sa propre expérience. Il évoquait ainsi régulièrement dans ses livres le quartier de Weequahic, à Newark, où il a grandi, avant que des émeutes raciales en 1967 ne transforment la ville, vidée d’une bonne partie de ses habitants blancs. Celui qui partageait sa vie entre Manhattan et le Connecticut avait annoncé sa décision d’arrêter d’écrire en 2012. « Raconter des histoires, cette chose qui m’a été si précieuse durant toute mon existence, n’est plus au coeur de ma vie », expliquait-il au journal français Libération. « C’est étrange. Jamais je n’aurais imaginé qu’une chose pareille puisse m’arriver »

Un observateur avisé de la vie politique américaine

Peu attiré par les mondanités et les interviews, Philip Roth était un observateur avisé de la vie politique américaine. Il avait critiqué George Bush fils, « un homme incapable de faire tourner une quincaillerie, sans parler d’un pays comme celui-ci » (les Etats-Unis), selon lui, avant de soutenir Barack Obama. Plus récemment, il s’en était pris plusieurs fois à Donald Trump, qualifié de « menteur compulsif, un ignorant, un fanfaron, un être abject animé d’un esprit de revanche et déjà quelque peu sénile », dans un entretien au quotidien français Libération.

Josyane Savigneau : le prix Nobel « était devenu un gag » 

Le prix Nobel de littérature, qui a toujours snobé Philip Roth, « était devenu un gag pour lui », a affirmé mercredi l’écrivaine Josyane Savigneau. « Chaque année on en parlait, c’était devenu drôle », a déclaré sur France Inter la journaliste. amie de l’écrivain qui lui rendait régulièrement visite, et à laquelle il avait accordé un rare entretien pour le quotidien Libération en septembre 2017. « Le Nobel a quand même raté beaucoup de grands écrivains, n’est-ce pas? Proust, Joyce… je ne ferai pas toute la liste. (…) Et quand il a écrit ‘La Bête qui meurt’, qui est un livre assez sexuel, son agent l’a appelé : dis donc, tu viens encore de rater le Nobel! », a-t-elle raconté.

L’Américain a connu à la place à un autre honneur, en France, celui d’entrer de son vivant dans la collection la Pléiade, en 2017 à 84 ans. « Il était très content d’être dans la Pléiade. En octobre je lui ai apporté sa Pléiade. Il ne lit pas le français mais il était vraiment content », a rapporté Mme Savigneau.

David Simon : « A 85 ans, il était plus précis et pertinent, plus affûté intellectuellement et spirituel que n’importe qui »

« Kaddish (prière funéraire juive) pour Philip Roth, le grand romancier américain de notre monde d’après-guerre », a tweeté le scénariste David Simon (« The Wire » et « Treme » notamment). L’auteur a expliqué avoir rencontré l’écrivain il y a quelques mois pour discuter d’une adaptation télévisée de son roman « Le complot contre l’Amérique ». « A 85 ans, il était plus précis et pertinent, plus affûté intellectuellement et spirituel que n’importe qui, quel que soit son âge », a-t-il ajouté. « Quel esprit merveilleux et rigoureux. » 

ACTUALITES 2017 – 2018

   A C T U A L I T E S    2 0 1 7 – 2 0 1 8

Rentrée littéraire d’automne 2018.
567 nouveaux romans dont 381 français et 94 premiers romans pour la rentrée littéraire d’automne 2018.  Parmi les auteurs attendus, Maylis de Kérangal , Alain Mabanckou, Jérôme Ferrari, Serge Joncour, Agnès Desarthe, Christophe Boltanski ou Christophe Donner, sans oublier Amélie Nothomb, sans qui une rentrée littéraire n’en serait pas une. Côté étranger on note les romans de Salman Rushdie, Javier Cercas , J.M. Coetze, Vivian Gornick , Jon Kalman Stefansson, Zadie Smith, ou encore Daniel Magari
Les best-sellers 2017, des plumes à la pointe
Amélie Nothomb, Michel Serres, Laetitia Colombani, Jean-Christophe Rufin... Les écrivains francophones champions en 2017 étaient au rendez-vous de L’Express à l’hôtel Intercontinental Paris Le Grand.
Deux jours avant les agapes, où il était convié pour son beau récit Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson nous écrivait: « Hélas, je ne pourrai pas être des vôtres car je pars, la veille, pour le Tibet. Je pars pour observer la panthère des neiges près des sources du Mékong. Et comme je grelotterai à 5000 mètres d’altitude dans une grotte d’affût, je penserai bien à vous en me disant: j’aurais mieux fait d’aller au Café de la Paix. »   L’Express, publié le

2e Nuit de la lecture 20 janvier 2018

2 Nuit de la Lecture

Samedi 20 janvier 2018  2e Nuit de la lecture
Librairies, bibliothèques mais aussi hôpitaux : on pourra lire (et écouter des lectures) presque partout samedi à l’occasion de la 2e Nuit de la lecture : plus de 4.000 événements ont été recensés en France et dans le monde francophone pour ce que Françoise Nyssen a appelé un « rendez-vous pour tous, lecteurs voraces ou occasionnels ». « La lecture agrandit nos vies. Parce que c’est une passerelle vers le savoir, la connaissance, l’information ; une passerelle vers le rire, le rêve, les larmes ; vers des territoires et des époques que l’on ne connaîtrait pas autrement que par le récit des narrateurs qui nous y portent. C’est une passerelle vers l’Autre, aussi. La Nuit de la lecture est un moment de reconnaissance pour toutes celles et ceux qui sont engagés dans cette formidable aventure de la promotion de la lecture  » Editorial de Françoise Nyssen, Ministre de la Culture
 

LE LIVRE SUR LA PLACE 2017

Rufin Nancy
la 39e édition du Livre sur la Place
La plupart des romanciers de la rentrée se retrouvent à partir de vendredi à Nancy pour la 39e édition du Livre sur la Place, le premier grand rendez-vous littéraire de la saison, pour une centaine de débats, la remise de six prix littéraires, en présence des dix membres du jury du prix Goncourt. Des rencontres inédites avec quelque 600 écrivains dont le prix Nobel de littérature turc Orhan Pamuk sont au programme du festival nancéien Le Livre sur la Place jusqu’à dimanche.
Jean-Christophe Rufin , président de cette 39ème Edition, doit en effet se rendre samedi matin au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville pour y rencontrer des détenus. L’une des bibliothèques du centre sera baptisée du nom de l’auteur. Culturebox le 8/09
Photos Est Républicain 9/09/17 Rufin Nothomb Nancy

La Grande Librairie François Busnel

La Grande librairie Janvier 2018
       Mercredi 11 décembre
Comment naissent les révolutions ? La violence est-elle inévitable ? Et quel rôle le peuple et les élites jouent-ils dans les révolutions ? Les réponses à ces questions sont dans les livres de mes invités cette semaine.
      L’historien Jean-Clément Martin propose un livre passionnant sur la violence qui accompagne les révoltes, en l’occurrence sur le mythe de la Terreur et ses échos aujourd’hui. Les Échos de la Terreur (Pocket) montre comment la violence révolutionnaire a été instrumentalisée et comment « ce mensonge d’État » a influencé jusqu’à aujourd’hui nos imaginaires.
     Paris sous la Terreur (Fayard), justement, c’est le titre du nouveau livre de la grande historienne Evelyne Lever, spécialiste de la Révolution française et de Marie-Antoinette. Querelles fratricides, luttes pour le pouvoir, exécutions et débats passionnels, elle dresse le récit brûlant de la chute de la monarchie et de la radicalisation de la Révolution.
     Marie-Antoinette est l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire de France : était-elle une intrigante aux ordres de l’Autriche, une femme de l’ombre prête à tout pour nuire à la France, ou une pauvre créature dépassée par les événements ? La réponse se trouve peut-être dans ses Lettres inédites (Albin Michel), que publient l’historienne anglaise Catriona Seth.
       Paris, 1789. Un jeune journaliste ambitieux tente de démasquer un étrange justicier qui tient un loup en laisse et, la nuit, commet de sanglants assassinats pour protéger des femmes dans les rues de Paris… Le Loup des Cordeliers (XO) de Henri Loevenbruck est un thriller très réussi qui met en lumière le rôle des femmes dans la Révolution française.
       Enfin, une bande dessinée : Révolution, Tome 1 : Liberté (Actes Sud) bat en brèche les clichés sur la Révolution française en la racontant depuis le point de vue du peuple. Ses deux jeunes auteurs, Florent Grouazel et Younn Locard, signent avec ce premier tome d’une trilogie à venir une fresque remarquable.
      Et puis je vous emmènerai à la rencontre des jeunes lecteurs qui participent à notre grand concours « SI ON LISAIT A VOIX HAUTE ». Cette semaine, c’est un jeune romancier qui offre ses conseils aux candidats : Joseph Ponthus, révélé dans cette émission l’an dernier pour son premier roman décapant, A la ligne (Éditions de la Table ronde). Il se rendra dans une classe de seconde du Lycée Dupuy de Lôme à Lorient en Bretagne.

      Mercredi 4 décembre
C’est une émission spéciale que je vous propose ce mercredi 4 décembre à 20h50, consacrée à un des écrivains contemporains que j’admire le plus : Christian Bobin.
Christian Bobin est un enchanteur. Il sait mieux que quiconque nous donner à voir les beautés cachées de l’existence.
Avec lui, nous reviendrons sur sa vie et son œuvre. Nous parlerons de la solitude et de ses fantômes, de la lenteur et des écrivains qu’il aime, mais surtout de tout ce qui l’émerveille. Il marque cette fin d’année avec la publication d’un magnifique récit consacré à son ami le peintre Pierre Soulages (qui fêtera ses 100 ans le 24 décembre prochain) : Pierre (Gallimard). Et un surprenant Cahier de l’Herne (Éditions de l’Herne) lui est consacré avec la participation de poètes, philosophes et artistes.
  Je ne vous en dis pas davantage mais autour de Christian Bobin je rassemblerai des invités surprises ! Il n’est au courant de rien, laissons-le s’émerveiller et nous

 

     Mercredi 13 novembre
James Ellroy est de retour ! Et c’est à La Grande Librairie et nulle part ailleurs…  Sa grande passion : l’histoire. Il sera donc entouré par trois historiens.
      James Ellroy, le maître du roman noir américain, revient avec un roman magistral sur l’histoire des Etats-Unis :  La tempête qui vient (Rivages) est la suite très attendue de Perfidia (Rivages, 2015). Los Angeles, janvier 1942. La ville est encore sous le choc de l’attaque de Pearl Harbor, alors que des torrents de boue charrient un cadavre sur les pentes de l’observatoire de Griffith Park. Une plongée dantesque dans le chaos de l’histoire américaine.
     Rémi Kauffer est historien et spécialiste du renseignement : il publie une somme impressionnante sur les espionnes, ces femmes au destin méconnu. Elles sont indicatrices, saboteuses, manipulatrices et à l’occasion tueuses : Les femmes de l’ombre (Perrin) dresse les portraits de ces héroïnes, du XVIIe siècle à nos jours. Rémi Kauffer dévoile un pan caché de l’histoire des femmes. Un sujet qui devrait passionner James Ellroy, lui qui a mis en scène tant de femmes espionnes dans son quatuor de Los Angeles…
         Comment meurt une civilisation ? C’est à cette question que répond, indirectement, le remarquable ouvrage de la jeune historienne Virginie Girod : La véritable vie des douze premiers Césars (Perrin) est une véritable saga qui fait voler en éclats les mythes et les légendes qui courent sur les premiers empereurs romains et renouvelle le regard sur la chute de Rome. Par les temps qui courent, cette histoire des Césars et de la chute de Rome devrait résonner de manière vive… surtout chez James Ellroy !
        A quoi renvoie la couleur jaune ? Aux gilets jaunes ? Pas seulement… Après le bleu, le noir, le vert et le rouge, Michel Pastoureau poursuit sa passionnante exploration de l’histoire des couleurs : Jaune (Seuil) est une traversée des siècles passionnante et mouvementée.
      Comme chaque mercredi, je vous emmènerai à la rencontre de jeunes lecteurs dans le cadre de « SI ON LISAIT… A VOIX HAUTE », le concours de lecture à voix haute que j’ai lancé cette année. Et c’est la romancière Chloé Delaume qui offrira cette semaine ses trucs et astuces à une classe de terminale L du Lycée Moissan de Meaux.
 
     Mercredi 6 novembre
Cette semaine, La Grande Librairie vous invite à revisiter la fabuleuse histoire de la langue française. Nous vous dirons tout sur ses origines, ses influences et ses évolutions. 
    C’est le père du Petit Robert et un linguiste qui sait nous rendre passionnante la lecture d’un dictionnaire. Alain Rey nous revient cette année avec une nouvelle édition du Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert). De leur étymologie à leur sens actuel, cet ouvrage unique au monde nous raconte l’histoire millénaire des mots de la langue française.
    Qu’est-ce qu’un mot épicène ? D’où viennent les noms des notes de musique ? Et pourquoi un pauvre type n’est pas un type pauvre ? Après un premier opus, l’auteure et correctrice Muriel Gilbert répond une fois encore aux questions que l’on se pose sur notre langue. Encore des bonbons sur la langue (La Librairie Vuibert) est une réjouissante façon de revoir les règles de grammaire, ou d’en redécouvrir !
    Vous arrive-t-il de dire « bourges », « intellos » ou « on se fait un dej » ? Oui ? Alors ce livre est fait pour vous. Dans Parlez-vous tronqué ? (Larousse), le linguiste Bernard Cerquiglini observe les évolutions récentes de notre langue. Et nous livre un manuel pour découvrir le français de demain : un français musical, qui évite les périphrases et les mots à rallonges !
C’est un exercice d’admiration auquel se livre François Morel. Admiration pour Raymond Devos, ce clown dont l’acteur et metteur en scène aime « le grain de folie capable d’enrayer la mécanique bien huilée de la logique, de la réalité, du quotidien ». Admiration également pour sa langue et la façon dont il jonglait avec les mots. Il lui rend hommage chaque soir sur scène avec son spectacle J’ai des doutes à La Scala Paris jusqu’au 5 janvier 2020.
       Bertrand Périer lui aussi aime la langue française. Sa spécialité : l’art oratoire, qu’il transmet notamment à travers des concours d’éloquence. Des mots de la loi aux mots du religieux, en passant par les mots de la musique ou de la politique, Sur le bout de la langue (JC Lattès) est un voyage dans l’univers lexical. Et une belle déclaration d’amour aux mots.
     Et puis, comme chaque mercredi, je vous emmènerai à la rencontre de jeunes lecteurs, dans le cadre de « SI ON LISAIT… A VOIX HAUTE », le concours de lecture à voix haute que j’ai lancé cette année. Cette semaine, c’est Daniel Pennac qui livrera ses conseils à une classe de 3ème du collège Paul Verlaine dans le XIIe arrondissement de Paris.

 

       Mercredi 30 octobre
L’Histoire nous permet-elle de mieux comprendre la société actuelle ? Faut-il écrire l’histoire ou bien peut-on se permettre de la réécrire ? Romanciers et historiens sont réunis mercredi soir en direct dans La Grande Librairie autour de ces questions.
      La romancière canadienne Margaret Atwood s’est fait connaître dans le monde entier grâce à La Servante Écarlate (8 millions d’exemplaires et une série télévisée à succès) : elle publie Les Testaments, la suite de son livre-culte, dans lequel elle raconte comment le monde terrifiant de Gilead s’est mis en place : rien n’est inventé, tout a déjà eu lieu au cours de l’histoire du monde et cette dystopie parle mieux que tout autre livre de la société actuelle.
      Léonora Miano signe un roman d’anticipation et une fable politique. En 2124, l’Afrique est devenue un continent prospère et l’Europe un continent pauvre. Rouge impératrice (Grasset) met en scène, dans un environnement panafrica
  Mercredi 23 octobre
Vous écrivez sur votre famille et vous vous demandez s’il faut tout dire ? Cette émission est pour vous !  Ecrire, est-ce trahir ?
     Depuis trente ans, Lionel Duroy a fait de son histoire familiale la matière de son œuvre. Jusqu’à se brouiller avec ses neuf frères et sœurs, les femmes de sa vie, ses enfants… Il a fait le choix de tout dire, tout révéler, et de se placer de son propre point de vue. Son nouveau roman, Nous étions nés pour être heureux (Julliard) est une ode aux pouvoirs de la littérature.
      Gérard Philipe, acteur mythique, a été foudroyé par un cancer le 25 novembre 1959, à l’aube de ses trente-sept ans. Jérôme Garcin, qui a épousé la fille du grand comédien, Anne-Marie,  raconte Le dernier hiver du Cid (Gallimard). Soixante ans après les faits, il brosse un portrait tout en admiration et en sensibilité d’un homme qu’il n’a pas connu.
      Jean-Luc Coatalem, lui non plus, n’a pas connu son grand-père Paol,  arrêté par la Gestapo en 1943, puis déporté en Allemagne d’où il n’est jamais revenu. Pour briser le silence qui entoure cette disparition, il mène une véritable enquête, souvent contre l’avis de sa propre famille… quitte à mélanger fiction et investigation dans ce magnifique roman intitulé La part du fils (Stock).
    Christine Montalbetti propose encore une autre forme de récit familial : comment faire pour raconter la vie d’un aïeul sur lequel on ne possède aucune information mais dont l’histoire, tissu de légendes racontées à table, vous hante pour de mystérieuses raisons ?  Jules Poisson est l’arrière-arrière-grand-père de Chritine Montalbeti qui livre un roman brillantissime, à la fois drôle et émouvant. Mon ancêtre Poisson (P.O.L.) est l’un de mes grands coups de cœur de cette rentrée !
    Enfin, je recevrai tout au long de l’émission la géniale Emil Ferris, dessinatrice et romancière au talent incomparable et dont j’avais a-do-ré le roman graphique Moi, ce que j’aime, c’est les montres (Monsieur Toussaint Louverture), paru l’an dernier.  Emil Ferris est de passage en France, elle sera sur le plateau et dessinera en direct, avec ses stylos à bille dans le style si caractéristique de son roman graphique qui raconte l’enquête familiale menée par une petite fille qui se prend pour un loup-garou. C’est la première télévision en France d’Emil Ferris.
Comme chaque mercredi, je vous emmènerai à la rencontre de jeunes lecteurs, dans le cadre de « SI ON LISAIT… A VOIX HAUTE », le concours de lecture à voix haute que j’ai lancé cette année. Cette semaine, Timothée de Fombelle, idole des adolescents, offre ses conseils à une classe de 4ème du collège Langevin Wallon de Grenay dans le Pas-de-Calais.
  Mercredi 9 octobre
Cette semaine, La Grande Libraire parcourt le monde aux côtés de quatre écrivains en quête d’aventure et d’idéal.
    Sylvain Tesson s’est lancé à la poursuite de La panthère des neiges (Gallimard). Invité par le photographe animalier Vincent Munier, il part aux confins du Tibet à la recherche des derniers spécimens de cette espèce menacée. Entre soif d’idéal, désenchantement et réflexion sur la place de l’homme dans la nature au XXIe siècle, Sylvain Tesson propose un hymne à la Beauté.
    Idéal et désenchantement, ce sont les deux pôles autour desquels gravite toute l’œuvre de Caryl Férey. Après la Nouvelle Zélande, l’Afrique du sud et l’Argentine, le maître du roman noir, tendance criminelle et politique, nous entraine cette fois en Colombie. Paz (Gallimard) est un roman vif et noir, sur fond de mensonge et de colère.
    Bérengère Cournut nous ouvre les portes du monde inuit, dans un roman nourri d’écologie et de spiritualité. C’est la nuit dans l’Arctique, près du cercle polaire, lorsqu’une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuite de sa famille. Seule dans l’obscurité et le froid glacial, elle n’a d’autre choix que d’avancer, pour survivre. Et c’est finalement son monde intérieur qu’elle va découvrir dans De pierre et d’os (Le Tripode).
    Enfin, direction l’Arizona où je suis allé à la rencontre de l’écrivain américain Jim Fergus. Les Amazones (Le Cherche-Midi) sont une tribu de survivantes, de femmes rebelles, qui prennent les armes pour défendre leurs terres, leur culture et leur histoire. Le romancier clôt ainsi la trilogie débutée il y a dix-neuf ans avec Milles femmes blanches comme il l’avait commencée : par des portraits de femmes inoubliables.
   Et, comme chaque mercredi désormais, je vous emmènerai à la rencontre de jeunes lecteurs, dans le cadre de notre concours de lecture à voix haute. Cette semaine, la romancière Cécile Ladjali vous donne ses conseils et rencontre les élèves de la classe de seconde du lycée Louise Michel de Bobigny en Seine-Saint-Denis.
Mercredi 2 octobre
C’est une émission spéciale que je vous propose ce mercredi, consacrée à l’un des plus grands écrivains contemporains : Patrick Modiano.
Exceptionnellement, je quitterai le plateau de La Grande Librairie pour plonger, en mode « Carnets de route », dans l’univers très secret de Patrick Modiano : chez lui, à la découverte de ses manuscrits, dans les rues de Paris, à bord d’une vieille décapotable américaine, dans un des cinémas de sa jeunesse, dans l’atelier de son ami Jean-Jacques Sempé…
Ensemble, nous reviendrons sur sa vie, son œuvre, ses secrets d’écriture et ses obsessions : l’Occupation, les années 60, Paris, le passé, le présent, la mémoire et l’oubli, ces atmosphères à la lisière du polar et du roman noir.
  Et puis, bien entendu, nous ouvrirons son nouveau roman, Encre sympathique (Gallimard). L’un des plus beaux livres de Patrick Modiano.
Une rencontre exceptionnelle !

MODIANO 2019

A peine paru, le nouveau roman de notre Prix Nobel de littérature déloge Amélie Nothomb de la première place de notre classement.
En quatre jours seulement, Patrick Modiano a vendu 17 000 exemplaires de son nouveau roman, Encre sympathique . Soif, paru chez Albin Michel le 21 août, s’est installé en tête des ventes de livres selon le dernier classement GFK/Livres Hebdo, avec un cumul frôlant déjà les 40000 exemplaires

 

   Mercredi 25 septembre
Quel regard portent les écrivains sur notre époque ? Cinq romanciers et essayistes nous invitent à lire le monde ce mercredi dans La Grande Librairie.
   Alain Finkielkraut retrace son parcours dans A la première personne (Gallimard). Aux côtés de ses maîtres – Michel Foucault, Milan Kundera, Martin Heidegger – et de ses amis comme Pascal Bruckner, l’intellectuel poursuit sa quête du « vrai du réel », explique « d’où il parle » et se livre sans faux-fuyants ni complaisance.
   C’est son complice depuis quarante ans. Comme Alain Finkielkraut, il continue à ausculter le monde. Pascal Bruckner explore les questions soulevées par l’allongement de la vie dans Une brève éternité (Grasset). Que faire de ce temps offert ? S’agit-il de vivre plus longtemps, de vivre plus intensément ? Un essai passionnant qui propose une « philosophie de la longévité ».
   En cette rentrée littéraire, deux écrivains ont mis l’exil et les migrants au coeur de leur roman.
   Dans La mer à l’envers (P.O.L.), Rose, psychologue parisienne, rencontre Younès, un jeune nigérian qui aspire à rejoindre l’Angleterre. S’engage alors une relation singulière qui bouleverse la vie ordinaire de Rose. Marie Darrieussecq signe un roman plein de gravité et d’humour, sur une femme qui hésite entre lâcheté et héroïsme.
   Le Mur Méditerranée (Sabine Wespieser) c’est celui qui se dresse devant les trois héroïnes de Louis-Philippe Dalembert. Ces trois femmes qui viennent de pays différents : la Syrie, le Nigeria et l’Erythrée. Mais qui partagent un même espoir, celui d’une nouvelle vie en Europe. Trois magnifiques portraits pour une fresque sur l’exil et la liberté.
    Après Bienvenue au club et Le Cercle fermé, Jonathan Coe est de retour, et avec lui la famille Trotter ! Aux côtés de Benjamin – maintenant cinquantenaire et écrivain-, l’écrivain britannique retrace toute l’histoire politique de l’Angleterre de cette dernière décennie. « Comment on en est arrivé là ? » C’est la question que pose Le cœur de l’Angleterre (Gallimard), un roman aussi drôle que profond sur le Brexit.
    Mercredi 18 septembre
Une figure plane sur cette rentrée littéraire : la mère. Tantôt impitoyable tantôt sublime, qu’elle soit sainte ou bourreau, la mère est bien plus qu’un personnage de littérature.
   Eric-Emmanuel Schmitt nous ouvre son Journal d’un amour perdu (Albin Michel), un journal de deuil tenu depuis la disparition d’une mère qu’il adorait. Il y écrit son chagrin, mais aussi les secrets, la dépression, et son « devoir de bonheur » en hommage à cette femme lumineuse. L’un des plus beaux et des plus intimes livres de l’écrivain.
 
Une nuit d’hiver, Yann Queffélec retrouve son frère Tanguy, qu’il n’a pas vu depuis de longues années. Ils évoquent leur enfance, leurs souvenirs, et leur mère. Une mère absente qui, des années après sa mort, réunit enfin les deux frangins pour un dialogue incisif, parfois corrosif. Demain est une autre nuit (Calmann-Lévy) est un récit passionnant sur l’exploration des secrets de famille.
    Phénix est une mère qui ne parvient pas à élever ses enfants, à les protéger. Le ciel par-dessus le toit (Gallimard) est un magnifique roman dans lequel Nathacha Appanah décrit une mère qui s’efforce – parfois maladroitement, toujours avec amour – de préserver ses enfants de la violence qu’elle a subie.
   Et il y a la mère qui ne voit rien, qui ne comprend pas. C’est celle de Livio, 17 ans, qui s’apprête à vivre un Jour de courage (Flammarion). Dans ce roman bouleversant, Brigitte Giraud mêle deux histoires. Le parcours de Magnus Hirschfeld, un médecin juif allemand qui lutta pour l’égalité hommes-femmes et les droits des homosexuels au début du XXe siècle. Et celui d’un jeune homme qui va enfin se dévoiler.
   Marnie et Taz s’aiment, sont heureux et retapent ensemble une petite maison. Mais lorsque Marnie meurt en couches, Taz se retrouve seul avec sa fille. « Comment vivre sans mère ? », c’est la question que pose Pete Fromm dans La Vie en chantier (Gallmeister). Rencontre chez lui, dans le Montana.

 

     Mercredi11 septembre
Qu’est-ce qui a vraiment changé dans les rapports entre les hommes et les femmes deux ans après l’affaire Weinstein ? Le pouvoir et le sexe au cœur des relations hommes-femmes, c’est le programme de La Grande Librairie cette semaine.
    Le sexe, le pouvoir, le viol : Karine Tuil pose la question du consentement et décortique une société déboussolée depuis #MeToo. Dans ce roman brillant, Les choses humaines (Gallimard), l’auteure met en scène un couple de pouvoir. Lui, Jean Farel, est le prototype du vieux journaliste qui n’a pas l’intention de raccrocher les gants ; elle, Claire Farel, est une essayiste féministe. Le scandale éclate lorsque l’on apprend que leur fils est accusé de viol. Peu à peu, leurs idéaux et nos certitudes vacillent…
    Dans un essai résolument féministe, « Des hommes justes » (Seuil), Ivan Jablonka s’interroge. Comment en finir avec la domination masculine et rompre avec le patriarcat ? Faut-il redéfinir une nouvelle égalité de genre ? Quel rôle pour les hommes dans cette nouvelle relation entre masculin et féminin ? Et, finalement, qu’est-ce qu’un « mec bien » aujourd’hui ?
    La grande romancière américaine Joyce Carol Oates nous raconte de quelle façon l’avortement est aujourd’hui remis en cause et menacé aux États-Unis. Dans Un livre des martyrs américains (Philippe Rey), elle dresse un impitoyable portrait de l’Amérique face à ses contradictions : qui est le vrai martyr, le médecin avorteur assassiné lâchement ou l’assassin qui se réclame de Dieu ? Rencontre exclusive chez elle, à Princeton.
Et puis deux révélations, deux coups de cœur de cette rentrée littéraire :
   Emma Becker. La jeune romancière s’est enfermée pendant deux années dans une maison close berlinoise La Maison, (Flammarion). Une immersion dans le monde de la prostitution pour décrire de l’intérieur ce qu’il s’y joue, de chambre en chambre, de passe en passe. La solitude des hommes. Le pouvoir des femmes.
   Sofia Aouine. Rhapsodie des oubliés (Editions de la Martinière) est un magnifique premier roman sur l’adolescence, les rapports garçons-filles et l’immigration, porté par une langue vivante, ardente. Dans la lignée de La vie devant de soi de Romain Gary.

 

      Mercredi 4 septembre
Faut-il croire au paradis ? Sur terre ou ailleurs ? Pas si sûr…  Réponse cette semaine en compagnie de quatre romancières.     Dans son nouveau roman, Soif (Albin Michel), Amélie Nothomb se glisse dans la peau de Jésus Christ à la veille de sa crucifixion. De son procès par les Romains à son amour pour Marie Madeleine, en passant par le long chemin de croix, le livre est une réflexion sur le corps et ce qu’il ressent, de la douleur à la passion charnelle, de la soif à l’amour. Drôle, audacieux, incorrect. La Passion selon Nothomb !    Le paradis, c’est ce que pensent atteindre les héros de Julia Deck dans Propriété privée (Les éditions de Minuit). Un couple de bobos achète un pavillon dans un écoquartier de la banlieue parisienne. Mais c’est l’enfer de la promiscuité qu’ils vont découvrir. Une étude de caractère grinçante qui vire au désopilant thriller domestique.    Dans Eden (Gallimard), Monica Sabolo nous entraine dans une réserve animiste à la lisière d’une forêt fascinante menacée de destruction. Là, grandit Nita, qui rêve d’ailleurs et admire Lucy, une jeune fille venue de la ville. Un jour, Lucy s’aventure dans la forêt et y découvre des choses dangereuses… Un roman sur l’adolescence, la nature et le paradis perdu (l’Eden qui donne son titre au roman).    Cécile Coulon nous ouvre les portes du « Paradis », ce vaste domaine appartenant à la famille Emard. Depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture, Blanche et Gabriel y sont élevés par leur grand-mère, Emilienne. Une bête au paradis (L’Iconoclaste) est un conte noir qui nous fait découvrir une lignée de femmes et ce qu’elles ont de plus cher : leur terre. C’est l’un des mes grands coups de cœur de la rentrée !   Enfin je rendrai hommage à Toni Morrison. La romancière américaine, prix Nobel de Littérature, nous a quitté le 5 août dernier. Ces dernières années, j’ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises, chez elle, à New York. Ensemble, nous avons évoqué le pouvoir de la littérature, son parcours, ses révoltes (de la lutte contre le racisme à Donald Trump en passant par le mouvement de libération de la parole des femmes qu’elle avait évoqué lors d’une ultime interview réalisée en avril 2018).

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Mardi 4 juin     Émission spéciale : hommage à Michel Serres
Michel Serres, décédé samedi dernier à l’âge de 88 ans, a été l’invité de François Busnel à six reprises sur le plateau de La Grande Librairie. Chaque rencontre fut une fête de l’esprit. 
France Télévisions rend hommage au philosophe en rediffusant l’émission spéciale que François Busnel a souhaité lui consacrer le 27 février dernier, et au cours de laquelle lui étaient réservées de nombreuses surprises liées à ses passions de toujours : l’esprit d’aventure, la mer, la musique… 
Michel Serres y évoquait ses travaux de philosophie des sciences, la place de l’humain dans la révolution numérique, l’avenir de Petite Poucette, les défis de l’Europe et du monde, et il redisait à tous les déclinistes (qu’il appelait gentiment « grand papa ronchon ») que non, ce n’était pas mieux avant. Il livrait aussi la clé d’une vie réussie : la joie..
Mercredi 29 mai
Cette semaine, c’est la dernière émission de la saison : je vous emmène aux confins de la galaxie avec des super-héros et à la recherche du sens de la vie ! Alain Damasio, le maître de la science-fiction, est de retour. Il publie son troisième roman, Les Furtifs (La Volte), quinze ans après son livre culte, Le Horde du Contrevent. Alain Damasio nous plonge en 2041 dans une France en faillite où règnent le contrôle et la répression. Dans ce monde où les citoyens sont surveillés, tracés et classés, vivent aussi « les furtifs », d’étranges créatures fugaces, que l’homme ne peut percevoir. Des formes de vie complexes et poétiques perçues comme de grandes menaces. Mais à leur contact, les personnages de ce roman vont changer leur vision du monde, adopter des idéaux libertaires et chercher des solutions pour remettre le monde à l’endroit. Un roman époustouflant.Avec lui, l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, professeur à l’Université de Virginie aux États-Unis et chercheur à l’Institut d’astrophysique de Paris. Dans Vertige du cosmos (Flammarion), il raconte l’histoire de notre fascination pour le ciel et les étoiles. Un essai captivant, qui célèbre le lien passionnel qu’entretient l’homme avec l’espace.À leurs côtés, le philosophe et théologien Bertrand Vergely. Notre vie a un sens ! (Albin Michel) affirme-t-il dans son dernier livre. Il regrette que la société moderne, trop axée sur la consommation matérielle et la course à la survie, ait oublié cette question essentielle : quel sens donner à notre vie ? Pour nous y aider, il convoque les philosophes, les écrivains, les poètes et les mystiques.William Blanc  est historien, spécialiste du Moyen Âge et des cultures populaires : il nous dira tout des pouvoirs politiques des super-héros. Depuis quatre-vingts ans, Superman, Batman et leurs compères ne sont pas de simples objets de divertissement mais des armes idéologiques, explique-t-il dans Super-héros. Une histoire politique (Libertalia). Comme Captain America, créé par deux auteurs juifs pour corriger Hitler ou Wonder Woman, qui promeut l’émancipation des femmes. Plus largement, les comics reflètent, depuis toujours, les débats politiques qui agitent les États-Unis. Une enquête précise qui nous pousse à réfléchir sur le rôle de la culture et son impact.Enfin, pour cette dernière émission de la saison, je vous propose de retrouver, comme une piqûre de rappel, mes très gros coups de cœurs de l’année : Joseph Ponthus (À la ligne, Éditions La Table ronde), Franck Bouysse (Né d’aucune femme, Manufacture de livre), Jesmyn Ward (Le Chant des revenants, Belfond), Lydie Salvayre (Marcher jusqu’au soir, Stock) et Chloé Delaume (Mes bien chères sœurs, Seuil).
    Mercedi 22 mai
Cette semaine, Laurent Gaudé sera l’invité fil rouge de La Grande Librairie.
Laurent Gaudé est écrivain, dramaturge, poète et Prix Goncourt 2004 pour Le Soleil des Scorta. En plus de vingt ans, dix romans et une dizaine de pièces de théâtre, il a bâti une œuvre singulière, riche et ouverte aux problématiques du monde contemporain. C’est pourquoi nous lui consacrons une émission spéciale, à l’occasion de la parution de son nouveau livre, Nous l’Europe. Banquet des peuples (Actes Sud). Dans ce long poème en vers libres, Laurent Gaudé retrace l’histoire de l’Europe, depuis un siècle et demi, pour mieux comprendre ce qui a façonné le continent, ses peuples et leur identité. Un récit européen donc, une mémoire commune, qui doit être une base pour l’avenir. Car si le romancier porte un regard critique sur l’Europe et sa construction, il lance aussi un appel d’espoir. Pour une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté.
Avec Laurent Gaudé, nous évoquerons également son amour du théâtre, des arts ainsi que ses nombreux engagements.
Mais aussi des rencontres, notamment avec la romancière haïtienne Yanick Lahens, Prix Femina 2014 pour Bain de lune. Elle sera sur ce plateau aux côtés de Laurent Gaudé, qui connait bien Haïti, pour s’y être rendu plusieurs fois ces dernières années, jusqu’à y planter le décor de son roman Danser les ombres, paru en 2015. Yanick Lahens – récemment nommée au Collège de France à la nouvelle chaire annuelle « Mondes francophones » – publie L’Oiseau Parker dans la nuit (Sabine Wespieser), recueil de 21 nouvelles écrites dans les années 1990 et 2000. Avec ces courtes histoires, elle dresse un panorama saisissant de son pays, du XXe siècle à nos jours. Avec ses espoirs, sa jeunesse décomplexée, mais aussi la violence, la corruption, la misère ou encore le poids des diktats familiaux et des traditions.
Et pour les accompagner, je vous promets de belles et nombreuses surprises…
Mercredi 15 mai
Histoires de vies ordinaires, héros du quotidien, confidences, retrouvailles… C’est le programme de La Grande Librairie cette semaine.
Méfiez-vous des écrivains ! Ils pourraient bien s’inspirer de vous pour écrire un roman… C’est ce qu’a fait Arnaud Cathrine pour son nouveau livre, J’entends des regards que vous croyez muets (Verticales). Dans le métro, sur la plage ou depuis la terrasse d’un café, le romancier observe les anonymes et laisse courir son imagination pour leur inventer une vie. Le résultat, ce sont 65 portraits volés. De courtes histoires de vies inventées qui dessinent, en creux, l’autobiographie de leur auteur.
Des portraits volés aux portraits consentis :  Marie Nimier s’est installée pendant un mois dans une ville afin de recueillir les confidences de ses habitants. Dans un appartement vide, les yeux bandés, Marie Nimier a écouté un à un tous ceux qui souhaitaient se confier. Souvenirs encombrants, remords, regrets, espoirs, désirs, rêves, fantasmes… Les petits secrets retranscrits dans ce livre en 48 courtes histoires déploient un éventail de la condition humaine et nous révèlent à nous-mêmes. Les Confidences (Gallimard).
Laetitia Colombani sera également sur notre plateau, deux ans après le succès de son premier roman, La Tresse. Son nouveau roman, Les Victorieuses (Grasset), nous plonge dans l’histoire et le quotidien du Palais de la femme. Fondé en 1926 par Blanche Peyron, cet immeuble parisien accueille, aujourd’hui encore, des femmes en difficulté. L’héroïne de ce roman est une brillante avocate de 40 ans. Tombée en dépression, elle se tourne vers le bénévolat pour relever la pente. Elle devient écrivain public dans ce Palais de la femme, et recueille les confidences de celles qui vivent dans le foyer. Un vibrant hommage aux invisibles, à celles qu’on n’entend pas, et une ode à la solidarité féminine.
À leurs côtés, Sylvie Germain nous offre un sublime remède à la mélancolie. Tout commence par un avis de recherche collé sous un abribus : un vieil homme a disparu d’un hôpital. Nathan, qui découvre l’annonce, sait de qui il s’agit : cet homme a sauvé son enfance de l’ennui et de la solitude, grâce à la poésie. Un de ces héros du quotidien, capable de mettre des couleurs là où l’existence en est dépourvue. Nathan va alors partir à sa recherche. Un voyage initiatique en quête de liberté. Le vent reprend ses tours (Albin Michel).
Enfin, je reçois une jeune romancière de 24 ans, Line Papin. Dans son troisième roman, Les os des filles (Stock), elle raconte son départ du Vietnam pour la France à l’âge de 10 ans. Un traumatisme pour la jeune femme, qui, quelques années plus tard, privée de ses repères, arrêtera de se nourrir et deviendra anorexique. Line Papin est revenue sur les terres de son enfance, pour comprendre ce traumatisme. Et dresser les portraits de sa mère et de sa grand-mère, qui ont dû se battre contre la guerre et la famine. Un formidable récit autobiographique sur la nécessité de se raconter et de briser le silence.
 Mercredi 17 avril
La Grande Librairie bouleverse sa programmation et consacre ce soir à 20h50 en direct une émission spéciale à Notre-Dame de Paris. En compagnie de romanciers, d’historiens, mais aussi de comédiens qui viendront rendre hommage à la cathédrale en lisant les plus beaux textes écrits sur Notre-Dame, de Victor Hugo à Charles Péguy en passant par Gérard de Nerval ou Théophile Gautier.
  Ken Follett fait exceptionnellement le déplacement en France pour témoigner son attachement à Notre-Dame de Paris. L’écrivain britannique s’est fait connaître dans le monde entier avec Les Piliers de la Terre (Stock), livre de 1989 dans lequel il racontait la construction d’une cathédrale au Moyen Âge. Fasciné par les édifices religieux monumentaux – il a d’ailleurs signé deux suites à ce livre culte – Ken Follett a été très marqué par l’incendie de Notre-Dame, qu’il décrit dans son dernier roman, Une colonne de feu (Robert Laffont).
    L’écrivain-aventurier Sylvain Tesson nous expliquera lui aussi son lien avec le monument parisien et son mythe. Un lien culturel mais aussi physique, puisqu’il a escaladé des centaines de fois la flèche qui a péri dans les flammes lundi soir. Il le racontait dans Une très légère oscillation (Éditions des Équateurs).
     Le romancier Patrick Grainville a beaucoup écrit sur Notre-Dame. La cathédrale est notamment le décor d’un de ses romans, Les Anges et les faucons (Seuil), paru en 1994. Un livre largement inspiré de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo.
    Le grand roman d’Hugo sera bien sûr au cœur de cette émission spéciale. La journaliste et historienne Laura El Makki a publié en 2016 avec Guillaume Gallienne Un été avec Victor Hugo (Éditions des Équateurs). Elle sera rejointe par l’historien et romancier Adrien Goetz, qui a préfacé Notre-Dame de Paris   (Folio)   Le dessinateur Benjamin Lacombe a illustré en 2013 les aventures de Quasimodo et Esmeralda pour deux bandes dessinées magnifiques. Il viendra sur notre plateau pour dessiner à nouveau la cathédrale.
    Outre Victor Hugo, de nombreux écrivains illustres se sont inspirés de Notre-Dame de Paris : de Charles Péguy à Louis Aragon, en passant par Théophile Gautier, Villon, Rabelais, Malraux, Carco et Gérard de Nerval. Emmanuelle Devos, Richard Berry et Loïc Corbery de la Comédie-Française seront sur notre plateau pour faire revivre ces textes.
    À leurs côtés, l’historien Pierre Nora, l’auteur des Lieux de Mémoire (Gallimard) reviendra sur l’histoire de Notre-Dame.
    J’ai également invité le poète François Cheng qui nous dira ce que la cathédrale parisienne représente pour lui.
19113095ND de Paris HUGO Notre-Dame de Paris » : les ventes du roman de Victor Hugo s’envolent
  Rédigé en 1831, le roman de Victor Hugo,maintes fois adapté au cinéma, se situe en 1482 au moment du règne de Louis XI. Un passage du roman attire particulièrement l’attention aujourd’hui :
« Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient
   Mercredi 5 avril
Cette semaine, je vous propose de partir à l’aventure : un tour du monde qui vous conduira de l’Afrique au Mexique en passant par le Maroc et l’ex-URSSS !
  Jean-Christophe Rufin réussit à concilier deux genres a priori opposés : le roman d’aventure et l’autobiographie intime. Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla (Gallimard) vous entraînera de l’URSS à l’Amérique, du Maroc à l’Afrique du Sud, sur les traces d’un couple à l’histoire d’amour pour le moins… chaotique. Une plongée dans la vie secrète d’un écrivain, en somme.
  La vie secrète des écrivains, tel est précisément le titre et le sujet du nouveau roman de… Guillaume Musso. Pour la première fois, Guillaume Musso sera mon invité sur le plateau de LGL pour ce cru particulièrement vif, nerveux, inventif et réussi : La Vie secrète des écrivains (Calmann Lévy) met en scène deux enquêteurs lancés sur les traces d’un mystérieux écrivain qui vit en reclus depuis qu’il a décidé d’arrêter d’écrire.
  Camille de Peretti plonge au cœur du Moyen Age et raconte dans Le Sang des mirabelles (Calmann Levy) le destin de deux sœurs qui rêvent d’émancipation. Alors que leurs pères, leurs maris, la société les enferment dans le silence, elles feront tout pour sortir de leur prison dorée. Une jubilatoire ode à la liberté !
Comme d’habitude quand j’invite des romanciers reconnus, je vous proposerai deux découvertes, deux premiers romans :
  Édouard Bureau a 27 ans et signe un premier roman épique et humaniste, Le lion sans crinière (Sable polaire). Dans un pays imaginaire d’Afrique, rongé par la corruption, les conflits ethniques et la dictature, un directeur de plantation lance la révolte. En compagnie de ses employés, pourtant d’ethnies différentes, il mène le combat … jusqu’à ce que le pouvoir et l’ambition ne lui montent à la tête.
  Isabelle Mayault raconte la guerre d’Espagne et Vichy depuis le Mexique où le narrateur reçoit en héritage une mystérieuse valise remplie de photos signées Capa, Taro ou Seymour, ces témoins majeurs de la guerre civile. Isabelle Mayault, elle-même reporter, signe avec Une longue nuit mexicaine (Gallimard) un excellent premier roman où l’aventure et l’histoire se croisent en de somptueux portraits de femmes.
   Mercredi 27 mars
J’invite cette semaine, dans La Grande Librairie, une femme rabbin, une spécialiste de l’Islam, un romancier chrétien et un philosophe athée.
    Le philosophe André Comte-Sponville propose aujourd’hui un recueil de ses articles les plus pertinents. Contre la peur (Albin Michel), ce sont cent-un « propos », dans lesquels il confronte sa pensée philosophique à la complexité du monde, pour mieux le comprendre et l’analyser.
    Delphine Horvilleur est depuis 2008 l’une des trois femmes rabbins en France. Elle publie un essai édifiant :  Réflexions sur la question antisémite (Grasset). Elle nous permet de comprendre les origines de la haine, son histoire, ses spécificités et les outils pour la combattre.
   Amin Maalouf, Prix Goncourt 1993 pour Le Rocher de Tanios publie Dans Le naufrage des civilisations (Grasset). Il revient sur son enfance au Levant, où régnait il y a quelques décennies le cosmopolitisme. Il constate que les peuples se sont refermés sur eux-mêmes et porte son regard sur les crises qui traversent le monde actuel.
    Hela Ouardi, chercheuse au CNRS est spécialiste de l’Islam et de littérature française. Trois ans après Les Derniers Jours de Muhammad, dans lequel elle rétablissait une vérité historique sur la mort de Mahomet, elle publie Les Califes maudits. La Déchirure (Albin Michel). Elle se penche cette fois sur le règne des quatre successeurs du prophète, souvent présenté comme un temps idyllique. Hela Ouardi montre une toute autre vérité et nous fait vivre la véritable tragédie grecque qui se noue entre ces quatre califes. Tout en apportant une réflexion essentielle sur l’Histoire et les conséquences de son interprétation.
 Mercredi 20 mars
Cette semaine, La Grande Librairie donne la parole aux femmes !   Un évènement. Gloria Steinem, la militante pour les droits des femmes la plus célèbre des États-Unis, fondatrice du journal Ms., sera en exclusivité sur notre plateau à l’occasion de la sortie de ses mémoires, Ma vie sur la route (Harper Collins). L’icône féministe y retrace une vie de rencontres et de combats. Une chronique de cinquante ans de politique américaine pendant laquelle elle a épousé toutes les grandes causes pour l’indépendance des femmes, du droit au divorce au droit à l’avortement, de la critique du patriarcat à la défense des victimes de violences conjugales… Un livre qui s’adresse à toutes les générations, qui est aussi un éloge de la route et du nomadisme. Aux côtés de Gloria Steinem, la romancière Chloé Delaume. Dans son nouveau livre, Mes bien chères sœurs (Seuil), elle prône la solidarité entre les femmes : la sororité. Plus d’un an après le mouvement #MeToo, Chloé Delaume s’interroge sur le renouvellement du féminisme et la fin imminente du patriarcat. Un essai court et poétique, conçu à la fois comme une lettre à destination de toutes les femmes, et un manuel de combat contre la misogynie. Véronique Ovaldé s’est imposée comme l’une des romancières les plus originales de sa génération. Son nouveau roman, Personne n’a peur des gens qui sourient (Flammarion), raconte l’histoire d’une mère qui choisit de tout quitter pour s’installer avec ses deux filles en Alsace. Un roman haletant, tendu, qui brosse le portrait d’une femme mystérieuse et tourmentée. Martin Winckler est médecin et romancier. L’auteur de La Maladie de Sachs entremêle médecine et féminisme avec un talent fou dans L’École des soignantes (P.O.L.). Son nouveau roman nous entraîne en 2039, dans le service de psychiatrie d’un hôpital utopique et de son école de santé. Une école qui prône la bienveillance, l’égalité et… la sororité. Martin Winckler invite à réinventer les façons de soigner. Passionnant ! La philosophe Olivia Gazalé s’interroge sur la place des hommes et les nouveaux visages de la virilité dans un essai édifiant Le Mythe de la virilité. Un piège pour les deux sexes (Pocket) : dès les origines de la civilisation, ce mythe de la virilité a été inventé pour assoir la supériorité de l’homme sur la femme, mais aussi de l’homme viril sur les autres hommes. Tout en constatant sa déconstruction en cours, Olivia Gazalé montre comment ce mythe a ainsi légitimé le patriarcat, l’asservissement des femmes et l’oppression de l’homme par l’homme.

 

Mercredi 13 mars 2019
Cette semaine, La Grande Librairie fait l’éloge de la lecture !
Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature 2006, présentera en exclusivité son nouveau roman, La Femme aux cheveux roux (Gallimard). Avec ce livre très personnel sur l’identité, et l’évolution de la société turque, Orhan Pamuk renoue avec les thèmes qui ont fait de lui un grand romancier. Ce roman est également une formidable réflexion sur les rôles de l’écriture et de la lecture quand elles bouleversent nos destins.
Pour transmettre le plaisir de lire, nous ferons un Voyage au pays des bibliothèques (Stock, coécrit avec Noël Corbin), en compagnie d’Érik Orsenna. Ambassadeur de la lecture, le romancier a sillonné la France pendant trois mois pour établir ce rapport, un état des lieux très complet de ce réseau de 16 500 bibliothèques françaises. Érik Orsenna propose également un certain nombre de changements possibles, afin de rendre les livres plus accessibles et faire de ces lieux des remparts contre les fractures sociales, culturelles et numériques.
   Abd Al Malik en est un bon exemple :  la littérature peut changer une vie ! Dans son livre-CD Le jeune noir à l’épée (Présence Africaine / Musée d’Orsay / Flammarion), un texte inspiré d’un tableau de Pierre Puvis de Chavannes, qui s’interroge sur l’identité : il raconte comment, jeune délinquant et incarcéré, il est devenu poète, rappeur et écrivain. Abd Al Malik entremêle poèmes et slams avec des récits personnels mais aussi les vers de Baudelaire et Glissant. Un projet ambitieux dans lequel il partage ses réflexions sur l’identité à l’ère de la mondialisation, mais aussi la crise migratoire, la banlieue et la condition des Noirs à travers les siècles et les arts.  
Estelle-Sarah Bulle sera également présente pour parler entre autres de son roman Là où les chiens aboient par la queue (éditions Liana Levi). Un premier roman déjà couronné de nombreux prix.
  Enfin, comme chaque année, nous annoncerons en direct et en exclusivité les deux lauréats des Prix France Télévisions, roman et essai. Ils seront sur notre plateau pour évoquer leur livre, qu’un jury de téléspectateurs et lecteurs a choisi de récompenser.
Mercredi 6 mars 2019
Cette semaine, célébrons le loufoque, le cocasse, la fantaisie ! C’est idéal pour dire les grands tourments de la vie. Voici la preuve que l’on peut parler de tout… en faisant un pas de côté !
    Jean Teulé nous offre une farce caustique et débridée : Gare à Lou ! (Julliard). Lou, 12 ans, possède un superpouvoir : elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient. La voici enfermée dans un endroit secret en compagie de militaires hauts gradés qui entendent la transformer en arme absolue. Evidemment, rien ne se passe comme prévu…
Mathias Malzieu
a gagné ses galons d’écrivain en décrochant le prix France Télévisions il y a quelques années pour son Journal d’un vampire en pyjama. Le musicien, chanteur du groupe Dionysos, nous embarque dans une nouvelle fantaisie délicieuse : Une sirène à Paris (Albin Michel) raconte comment un jeune homme au cœur brisé tombe amoureux d’une sirène retrouvée dans la Seine et soignée dans une baignoire… Conte moderne et poétique, ce roman est aussi une belle réflexion sur l’amour et la tolérance.
J. M. Erre
excelle dans le genre particulier du roman loufoque et burlesque. Qui a tué l’homme-homard ? (Buchet-Chastel) est une brillante parodie de polar qui fera hurler de rire les amateurs du genre. C’est aussi une critique mordante des clichés en littérature (et notamment de la littérature feel-good dont on notera l’étrange absence sur ce plateau, mais comme c’est étrange…).
Josiane Balasko
est sans conteste la grande et bonne surprise de la soirée : si les livres d’acteurs ne sont pas toujours réussis, celui de Josiane Balasko est un bonheur ! Jamaiplu (Pygmalion) est un recueil de huit nouvelles cocasses, étranges, fantastiques (dans tous les sens du terme !) où l’on croise des animaux qui parlent, des fantômes espiègles et des zombies affectueux…

Enfin, on peut parler de la dépression et de la maladie en évitant de prononcer ces mots et en choisissant l’angle du loufoque. C’est ce que réussit très bien Constance Joly dans Le matin est un tigre (Flammarion) : un chardon pousse dans les poumons de la petite Billie, 14 ans et menace de l’étouffer… La faute à sa mère, dont elle est si proche ? Hommage à Boris Vian, Raymond Queneau et Emily Dickinson, voici un premier roman qui montre que l’on peut tout dire pour peu que l’on sache choisir les mots et les métaphores.
Mercredi 27 février 2019
je vous propose une émission spéciale, en compagnie de Michel Serres.Depuis plus de cinquante ans, Michel Serres nous aide à mieux vivre, à mieux penser. Le philosophe publie son 76ème livre, Morales espiègles (Le Pommier), éloge de l’impertinence et de la liberté. À cette occasion, nous reviendrons sur les très nombreux domaines qu’il explore encore aujourd’hui : Internet, les réseaux sociaux, les sciences, l’écologie, la littérature, l’histoire ou encore le sport et la musique. Michel Serres, optimiste combatif, s’intéresse à tous ces sujets et nous éclairera, sur notre présent et sur notre avenir.Je vous emmènerai également aux États-Unis, que l’Académicien connait bien pour y avoir enseigné pendant quarante-six ans. Nous irons à la rencontre de Jesmyn Ward, la nouvelle coqueluche de la littérature anglo-saxonne. Elle publie Le Chant des revenants (Belfond), un chef d’œuvre qui pose un regard fascinant et lucide sur un mal qui ronge l’Amérique : le racisme. Je vous propose de retrouver cette romancière de 41 ans chez elle, dans le Mississippi, au cœur d’un ghetto noir dont elle décrit le terrible quotidien.Et puis, de très nombreuses surprises vous attendent pour cette émission exceptionnelle… 
Mercredi 20 février 2019
Cette semaine, dans La Grande Librairie, mes invités célèbrent le conte.
Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, est né en Afghanistan mais vit en France depuis trente-cinq ans. Avec Les Porteurs d’eau (P.O.L.), il revient sur les lieux de sa jeunesse. Le 11 mars 2001, les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyan. Le même jour, les destins de deux personnages vont soudainement basculer. L’un est porteur d’eau en Aghanistan, l’autre y est né, mais vit exilé en France. Dans ce livre très intime, le romancier dévoile son rapport au déracinement et à son pays natal.
Autre conteur qui a connu l’exil : Aharon Appelfeld. Sa traductrice et amie Valérie Zenatti lui rend hommage avec Dans le faisceau des vivants (L’Olivier). Romancier et poète israélien, né en Europe de l’Est, Aharon Appelfeld est mort l’année dernière, en laissant derrière lui une œuvre immense. Valérie Zenatti raconte sa relation intime avec l’écrivain. Elle marche également dans ses pas, jusqu’aux terres de son enfance, qui l’ont vu fuir le nazisme et l’antisémitisme. Une quête nécessaire, pour combler le vide et faire résonner, encore, la voix de son ami.
À leurs côtés, Jean-Claude Grumberg. Le dramaturge a choisi le conte pour évoquer la déportation. Dans La plus précieuse des marchandises (Seuil), il raconte l’histoire d’une famille, embarquée de force dans un train à la destination inconnue. Durant le trajet, le père attrape un de ses enfants et le jette par-dessus bord, pour lui laisser une chance de vivre. Jean-Claude Grumberg aborde la Shoah, sans la nommer. Lui qui, à trois ans, a vu son père et ses grands-parents être raflés, devant lui.
Franck Bouysse excelle lui aussi dans l’art du conte moderne. Dans Né d’aucune femme (La Manufacture de livres), un prêtre du XIXème siècle récupère les mystérieux cahiers d’une jeune femme qui vient de mourir, Rose. Il y découvre une vie terrible : à quatorze ans, elle est vendue par son père à un châtelain qui lui fera subir les pires sévices. Elle se sauvera seule, en transformant sa révolte en résistance. Un portrait bouleversant. Mon coup de cœur !
Enfin, l’écrivain camerounais Eugène Ébodé sera également sur notre plateau. Les personnages de son livre Le Balcon de Dieu (Gallimard) ont choisi de s’exiler. Ce couple de jeunes Sud-Africains découvre par accident Mayotte, ses paysages magnifiques mais aussi la détresse de sa population et de ses nombreux orphelins. De retour chez eux, ils veulent agir, aider, et s’envolent à nouveau pour Mayotte, cette fois pour y vivre. Le roman décrit une île désœuvrée, délaissée par la métropole et alerte quant à la pauvreté et le manque
’éducation.
Mercredi 13 février 2019
Qu’est-ce qu’un héros, un vrai ? Historiens et romanciers explorent le mythe du héros, d’hier à aujourd’hui, exemples à l’appui…
Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, sort de l’oubli un étrange personnage : Ambroise de Milan. Dans La Trace et l’aura (Seuil), il raconte la vie d’Ambroise, écrivain, poète, évêque du IVème siècle, qui fut le maître de Saint-Augustin. Dans ce livre passionnant, Patrick Boucheron retrace plus de dix siècles d’histoire.
À ses côtés, l’historienne italienne Andrea Marcolongo. Dans La Part du héros (Les Belles Lettres) elle revient sur le voyage de Jason et des Argonautes, en quête de la Toison d’or. Au-delà des aventures de Jason, héros de la mythologie grecque, c’est la figure même du « héros » qui est ici racontée. Andrea Marcolongo montre que ce mythe n’a rien perdu de sa vigueur et peut aider chacun à devenir le héros de sa propre vie.
Qui sont les héros des temps modernes ? Pour la romancière Flore Vasseur, ce sont les lanceurs d’alerte. Dans Ce qu’il reste de nos rêves (Équateurs), elle revient sur le destin d’un petit génie d’Internet : Aaron Swartz. Pionnier de la culture libre, il a milité pour l’ouverture aux connaissances, la liberté d’expression, et contre l’emprise de l’argent sur la politique. Menacé par la justice et le gouvernement Obama, il est retrouvé mort chez lui, en 2013, à 26 ans. « Suicide ou suicidé ? ». Flore Vasseur a mené l’enquête…
Hervé Le Corre revisite l’histoire par le polar. Cet auteur de remarquables romans noirs place son enquête pendant la Semaine sanglante, ces journées de mai 1871 qui marquèrent la fin de la Commune. Dans la capitale transformée en champs de bataille, une femme disparait. Son compagnon, communard, et un jeune commissaire partent à sa recherche. Dans l’ombre du brasier (Rivages) est un roman haletant qui nous plonge dans cette période chaotique et décisive de l’histoire de France où les héros sont des hommes et des femmes ordinaires.
Enfin, Gérard Oberlé sera également sur notre plateau. À la demande d’une lectrice, le romancier, grand spécialiste de la Renaissance et des fous littéraires, a écrit sept nouvelles, un Heptaméron, à la manière de Marguerite de Navarre. L’hédonisme en plus. Heptaméron avec chardonnay (Grasset) offre sept histoires extravagantes, drôles ; inquiétantes, surprenantes. Une fantaisie en plein terroir du Morvan, dans laquelle Oberlé convoque son style unique, son amour des livres et son goût pour la bonne chair.
Mercredi 6 février 2019
À quoi ressemble la France d’aujourd’hui ? À quoi pourrait-elle ressembler demain ? Ce sont les romanciers qui en parlent le mieux.
Andreï Makine signe Au-delà des frontières (Grasset). L’histoire d’un livre dans le livre, qui dépeint une France dépassée par la crise migratoire où s’enlise dans la guerre civile. Le romancier franco-russe, récemment élu à l’Académie française, interroge l’avenir de la société, et bouscule nos valeurs et notre morale.
Pour faire face aux tourments d’une société qui se désagrège, Patrice Franceschi propose un petit manuel de combat pour temps de désarroi, intitulé Éthique du samouraï moderne (Grasset). Reprenant les préceptes d’un philosophe japonais oublié, l’explorateur-écrivain livre 327 « propos » pour vivre en harmonie avec soi-même.
La France, c’est aussi les plaines de l’Aubrac, où nous emmène Vanessa Bamberger dans Alto Braco (Liana Levi). Brune, son héroïne, découvre ces terres de l’Aveyron pour y enterrer sa grand-mère. Le territoire oublié de son enfance se révèle à elle tandis que remontent les secrets de famille. Un formidable roman sur la transmission, les non-dits et le retour à la terre.
Murielle Magellan nous entraîne jusqu’au port du Havre. Dans la zone industrielle de la ville normande, Marie, la narratrice de Changer le sens des rivières (Julliard) galère, vit de petits boulots. À la suite d’un acte de violence incontrôlé, elle accepte le marché proposé par le juge : devenir son chauffeur privé. Une relation explosive s’installe entre ces deux personnes radicalement opposées, symboles de deux France qui cohabitent.
À leurs côtés, je recevrai Joseph Ponthus pour son premier roman, À la ligne (La Table Ronde). Cet ancien éducateur spécialisé en banlieue parisienne a enchaîné, ces dernières années, les boulots d’intérimaire en Bretagne. Il raconte son expérience d’ouvrier à la chaîne, qui détruit les corps et use les esprits. Le roman, écrit dans un style formidable et surprenant, est un de mes coups de cœur de la rentrée.
Mercredi 30 janvier 2019
Cette semaine, dans La Grande Librairie, mes invités explorent la passion amoureuse sous toutes ses formes, avec des romans, des récits et un dictionnaire…
Philippe Besson replonge dans ses dernières années d’études, à Bordeaux. Il a alors 22 ans et tombe fou amoureux d’un homme marié. Un certain Paul Darrigrand (Julliard) est un roman. Autobiographique ? C’est l’une des questions que je poserai à Philippe Besson, qui pose des mots sur la passion.
La passion dévore aussi le personnage du roman de Simon Liberati, Occident (Grasset). Ode à l’art et à la sagesse, voyage initiatique, son nouveau roman est aussi un conte noir sur la vérité, l’inspiration et les émotions.
Avec Les Enténébrés (Seuil), la psychanalyste Sarah Chiche explore elle aussi les arcanes de la passion. Dans ce roman, elle se met en scène en jeune mère, en couple, qui tombe amoureuse d’un homme plus âgé. L’occasion de se plonger dans une histoire familiale chaotique, dans laquelle toutes les femmes sont atteintes d’une « malédiction » : la bipolarité.
À leurs côtés, Dominique Bona, qui signe l’autobiographie d’une biographe. Elle qui a longtemps raconté la vie des autres livre aujourd’hui ses propres confessions. Mes vies secrètes (Gallimard), ce sont soixante-cinq ans d’émotions et de rencontres vécues par l’académicienne. Elle y dévoile aussi la face cachée de ses livres, convoque les grandes figures sur lesquelles elle a écrit, et avec qui elle entretient une relation privilégiée.
Enfin, la passion est-elle une caractéristique de l’esprit français ? Réponse avec le romancier et essayiste Metin Arditi dans son Dictionnaire amoureux de l’Esprit français (Plon/Grasset). De « Apollinaire » à « Verbe », l’écrivain suisse d’origine turque se passionne pour tout ce qui caractérise la France : art, littérature, gastronomie, art de vivre.
Ce mercredi 23 janvier 2019 
François Busnel reçoit Matthieu Ricard, Alexandre Jollien et Christophe André (À nous la liberté ! L’Iconoclaste/ Allary Éditions), Léonor de Récondo (Manifesto, Sabine Wespieser), Guillaume de Fonclare (Ce nom qu’à Dieu ils donnent, Stock), Philippe Claudel (Compromis, Stock), Élisabeth Quin (La nuit se lève, Grasset).
 mercredi 16 janvier 2019
François Busnel reçoit Muriel Barbery (Un étrange pays, Gallimard) en exclusivité. Cela fait 12 ans que l’auteur de L’élégance du hérisson n’était pas apparue à la télévision. Un événement. A ses côtés : Éric-Emmanuel Schmitt (Félix et la source invisible Albin Michel), Nan Aurousseau (Les amochés Buchet- Chastel), Antoine Volodine (Frères sorcières Seuil) et Hélène Frappat (Le Dernier fleuve Actes Sud)
mercredi 9 janvier 2019
, François Busnel reçoit Michel Onfray (Sagesse, Albin Michel) , Alexis Michalik (pour le film Edmond), Salomé Berlioux (Les Invisibles de la République, Robert Laffont) et des invités surprise.
Mercredi 19 décembre 2018
Comment faire lire les enfants et les adolescents ? Mes invités, cette semaine, vous donneront les meilleurs conseils et les bons livres pour faire aimer la lecture aux plus jeunes.
Daniel Pennac a fait beaucoup pour la promotion de la lecture. Avec ses romans, bien sûr, comme la Saga Malaussène ou des livres comme Chagrin d’école et Comme un roman. Il propose cette fois une initiation à la lecture et à la peinture avec Le tour du ciel (Calmann Levy), un conte pour enfants inspiré par quinze tableaux du peintre catalan Joan Miró.
Anne Sylvestre a fait chanter plusieurs générations d’enfants avec ses fameuses Fabulettes. Elle publie son premier livre, Coquelicots (Points). De « Coulisses » à « Espérance », la chanteuse se dévoile à travers 91 mots qui ont marqué sa vie, et qui révèlent son amour du verbe. 
À leurs côtés, le romancier Timothée de Fombelle, l’un des écrivains pour la jeunesse les plus populaires. Il interroge l’innocence de l’enfance dans Capitaine Rosalie (Gallimard), l’histoire d’une petite fille de 5 ans plongée dans l’horreur de la Grande Guerre. Un roman émouvant et un très bon moyen d’aborder, pour les plus jeunes, la guerre et l’histoire.
Lucrèce, elle, a onze ans, entre au collège et pourrait bien être la cousine du Petit Nicolas. Rien d’étonnant. Son auteur s’appelle Goscinny, Anne Goscinny. Avec la dessinatrice Catel, la romancière met en scène cette jeune fille qui observe, avec curiosité et espièglerie, le monde qui l’entoure. Le Monde de Lucrèce (Gallimard).
Les adolescents seront aussi à l’honneur dans cette émission, grâce à Benoît Minville, écrivain et libraire. Il publie Héros (Sarbacane), roman dans lequel une bande d’ados fans de bandes dessinées se retrouvent plongés dans l’univers des comics et de la culture des années 1980.
Benjamin Lacombe sera également sur notre plateau. À 36 ans, il est l’un des illustrateurs les plus doués de sa génération. Il entame aujourd’hui une nouvelle collection, qui a pour but d’illustrer les grands classiques de la littérature jeunesse, en leur apportant une vision moderne et personnelle. Benjamin Lacombe nous présentera sa version du Magicien d’Oz (Albin Michel), conte écrit en 1900 par Lyman Frank Baum et réadapté pour l’occasion par Sébastien Perez.
Enfin, nous donnerons la parole à cette jeunesse qui lit. Wassim et Éloïse, 11 ans, sont les lauréats des Petits champions de la lecture, un concours qui depuis six ans promeut la lecture à voix haute. Ils viendront nous montrer leurs talents de lecteurs et évoqueront leur amour des livres
 
Mercredi 12 décembre 2018
Interroger le passé pour mieux comprendre notre époque. De la Révolution française à la Seconde Guerre mondiale, historiens, écrivains et auteurs de bandes dessinées retracent quelques-unes des plus grandes pages de l’histoire.
Pour comprendre l’histoire, il faut bien souvent en observer les guerres et les conflits. Bruno Cabanes se penche sur leurs formes, leurs particularités et leurs impacts, dans un livre collectif, Une histoire de la guerre (Seuil). Historiens, anthropologues, sociologues et politistes y proposent une synthèse, ouverte sur le monde, de cette histoire de la guerre, au front comme à l’arrière, dans les esprits comme sur les corps. 
Jeune historien, Charles-Eloi Vial retrace lui deux grands épisodes de la Révolution et de l’Empire napoléonien, avec deux ouvrages remarquables. Dans La famille royale au Temple (Perrin), il raconte le quotidien en captivité de Louis XVI et de sa famille dans la prison du temple, après l’émeute du 10 août 1792 qui les renverse. Avec un même sens de la narration et un intérêt pour sonder l’intimité, Charles-Eloi Vial revient sur l’exil et les derniers jours d’un Empereur dans Napoléon à Sainte-Hélène (Perrin).
À ses côtés, l’œil avisé de Mona Ozouf, l’une des plus importantes spécialistes de la Révolution française. Elle nous dira aussi pourquoi et jusqu’où les romans peuvent nous permettre de comprendre l’histoire. Dans son dernier livre, elle rend ainsi hommage à l’écrivain britannique George Eliot. Le portrait d’une femme affranchie et talentueuse, à l’image de sa contemporaine George Sand. L’autre George (Gallimard).
L’histoire est aussi culturelle. Michel Pastoureau en a fait sa spécialité. Après l’histoire des couleurs, il a étudié celle d’un animal objet de mythes et de fantasmes : le loup. Symbole de férocité et de violence, le loup terrifie l’homme. Une peur parfois infondée mais qui fait partie de l’histoire collective, comme la louve romaine ou la bête ridicule du Roman de Renart. Le loup. Une histoire culturelle (Seuil).
Et si la bande dessinée était le moyen le plus accessible de transmettre l’histoire ? Lui s’y essaye pour la première fois, Philippe Collin publie Le Voyage de Marcel Grob (Futuropolis), dessiné par Sébastien Goethals. Il raconte l’histoire des « Malgré-nous », ces jeunes hommes d’Alsace-Lorraine enrôlés de force dans l’armée allemande. Le journaliste revient sur cette tragédie à travers le destin de son grand-oncle, Marcel, à qui il avait tourné le dos en apprenant son appartenance passée aux Waffen-SS. Un récit sous forme de pardon.
Jacques Tardi retrace depuis plus de quarante ans l’histoire du XXème siècle en bandes dessinées. Après les Première et Deuxième Guerres mondiales, le dessinateur retrouve le personnage de René, son propre père, pour le troisième tome de la série qui lui est consacrée. Sorti du Stalag dans lequel il était emprisonné, René doit désormais vivre avec la guerre comme fardeau. L’armistice de 1945 n’a peut-être pas mis fin à l’horreur. Moi, René Tardi. Prisonnier de guerre au Stalag IIB. Tome 3. Après la guerre (Casterman).
 
Mercredi 5 décembre 2018
Changer de vie, ça vous tente ? Cette semaine, dans La Grande Librairie, je vous propose cinq romans dans lesquels les personnages se réinventent, pour le meilleur… et pour le pire.
  Maxime Chattam, s’est imposé comme l’un des maîtres du thriller et il faut dire que son dernier roman vous colle de sacrés frissons !  Le Signal (Albin Michel) part précisément de ce vieux rêve que nous avons tous fait : changer de vie. Une famille désire fuir le bouillonnement de la grande ville pour retrouver calme et sérénité. Mais très vite, le havre de paix va se transformer en cauchemar… Captivant et terrifiant. Un hommage au grand Stephen King et au génial Lovecraft.  Agnès Desarthe raconte, elle aussi, un changement de vie… nettement moins effrayant. Une famille française s’installe en Caroline du Nord. L’occasion d’observer à distance la France, meurtrie par les attentats. La Chance de leur vie (L’Olivier) est une réflexion, ironique et légère, sur le couple et le destin.
  Tout plaquer pour partir à l’aventure ! Jessie, l’héroïne du nouveau roman d’Anne-Marie Garat, n’a pas eu d’autre choix. À l’âge de six ans, elle doit suivre sa mère en exil, de la Californie jusqu’au Grand Nord-Ouest. Avec elle, plongez dans les paysages du Yukon et de l’Alaska des années 1930, à la rencontre des peuples amérindiens et d’innombrables secrets de famille ! Le Grand Nord-Ouest  est publié chez Actes Sud.
  Sophie Divry évoque aussi le changement de vie, mais lorsqu’il est contraint et forcé par une catastrophe (à l’échelle personnelle puis planétaire). Trois fois la fin du monde (Notabilia) est une brillantissime variation sur les mythes de Robinson Crusoé, de La Route (le chef d’œuvre de Cormac McCarthy) et sans doute du Procès de Kafka.
  À leurs côtés, Samuel Benchetrit propose une variation iconoclaste et hilarante sur la figure de l’écrivain loser, un peu branque, à côté de la plaque et du succès, dans Reviens (Grasset).

 

Mercredi 28 novembre 2018 
Vivre mieux, en accord avec soi-même et en harmonie avec la nature… Voici le programme que je vous propose, mercredi, dans La Grande Librairie. 
Comment être soi et s’accorder au monde ? Comment devenir plus vertueux ? Autant de questions auxquelles répond Frédéric Lenoir dans La sagesse, expliquée à ceux qui la cherchent (Seuil). Le philosophe nous engage à prendre de la hauteur, en cultivant notre curiosité et notre étonnement. 
Et si cette quête de sagesse devait passer par un retour à la nature ? Cette même nature que Serge Joncour nous restitue de façon éclatante dans Chien-loup (Flammarion), l’histoire d’un couple de Parisiens fuyant la ville pour se ressourcer à la campagne. Un roman qui entremêle deux histoires à un siècle de distance, avec pour toile de fond, la sauvagerie des hommes qui n’en finit pas de roder. 
La nature, heureuse comme dangereuse, est aussi au cœur du deuxième roman de Catherine Poulain. Deux ans après le succès de son premier livre, Le grand marin, la romancière nous plonge dans le quotidien des saisonniers agricoles en Provence, avec Le cœur blanc (L’Olivier). Une vie au grand air transformée en enfer par la dureté du travail, la violence, l’alcool et l’humiliation. 
Pour elle, la campagne a été une chance. La dessinatrice Catherine Meurisse livre, avec sa bande dessinée Les grands espaces (Dargaud), le récit de son enfance passée au plus près de la nature : découverte des plantes, des arbres, mais aussi des ravages de l’agriculture intensive et du remembrement. Le tout sous l’égide des écrivains, comme Pierre Loti et Marcel Proust, et des peintres, qu’elle découvre et qui feront d’elle la dessinatrice que nous connaissons aujourd’hui. 
À leurs côtés, je recevrai également Frans de Waal. Le primatologue, dont les travaux font autorité dans le monde entier, nous expliquera que les animaux sont aussi capables d’éprouver de multiples émotions. Et si le rire, la peur, la colère, le désir n’étaient pas le propre de l’homme. La dernière étreinte (Les liens qui libèrent). 
J’irai enfin à la rencontre de l’écrivain américain, Richard Powers. Je l’ai rencontré lors de son passage à Paris, au pied du plus vieil arbre de la capitale. Et pour cause… Dans L’arbre Monde (Le Cherche midi), le romancier raconte la lutte d’activistes, en 1990 aux États-Unis, engagés contre la destruction des forêts primaires et nous interroge sur la place de l’homme dans la nature. 
 
Mercredi 21 novembre 2018
Où allons-nous ? Comment mieux vivre dans la société actuelle ? Comment relever les défis que nous pose la société, régie par Internet et les réseaux sociaux ? Voilà les questions auxquelles répondront mes invités : romanciers, essayistes, philosophes, économistes.…
La société industrielle s’effondre. Elle laisse place à la société digitale. C’est le constat de Daniel Cohen. Dans son essai Il faut dire que les temps ont changé (Albin Michel), l’économiste s’interroge sur l’évolution de l’économie et des sociétés occidentales depuis cinquante ans, pour mieux comprendre la réalité d’aujourd’hui. Il ouvre également sa réflexion sur les enjeux de la révolution numérique, le transhumanisme ou encore l’avènement du populisme.
Notre histoire intellectuelle et politique (Seuil), de 1968 à 2018, est également observée par un historien. Pierre Rosanvallon retrace cinquante ans d’évolution des valeurs politiques, notamment à gauche, du militantisme des années 1960 au fatalisme des années 2000, en passant par le désarroi des années 1980 et 1990. Une histoire des idées politiques, agrémenté du récit de son propre itinéraire, qui permet de mieux comprendre notre nouvel horizon politique et intellectuel.
Quel est ce Cabinet de curiosités sociales (PUF) que nous invite à découvrir Gerald Bronner ? À partir de nombreux articles de presse, le sociologue analyse nos croyances collectives et la façon dont nous utilisons les objets de tous les jours. Cela lui permet de montrer comment nous nous représentons le monde qui nous entoure, parfois au mépris même de la réalité. Un exemple : Pourquoi pense-t-on que les chantiers sont toujours en retard ? Nous verrons que la réponse nous en dit beaucoup sur nous et notre société.
À leurs côtés, Natacha Appanah. La romancière et essayiste, a tenu pendant un an des chroniques, dans le journal La Croix. Elles sont aujourd’hui regroupées dans un livre, Une année lumière (Gallimard). L’écrivaine mauricienne observe l’actualité et délivre ses coups de gueule, contre la mondialisation, le sort réservé aux migrants, le racisme banalisé ou encore la montée des extrêmes.
Enfin, une nouvelle discipline scientifique nous aidera également à comprendre quel est le monde d’aujourd’hui : l’étude de la connerie. Sérieux et réjouissant, le livre collectif, dirigé par le psychologue Jean-François Marmion, tente de répondre à toutes les questions que vous vous posez sur les cons. Qui sont-ils ? Que se passe-t-il dans leurs têtes ? Le sommes-nous tous un peu ? Quelqu’un d’intelligent peut-il faire preuve de bêtise ou croire à des inepties ? Psychologie de la connerie (Éditions Sciences humaines), une autopsie de la bêtise sous toutes ses forme
Mona Chollet propose une passionnante réflexion sur l’antiféminisme à l’œuvre dans l’histoire à travers la figure des… sorcières. Qui sont les sorcières du XXIème siècle ? Celles que l’on dénonce encore sur la place publique ? La femme indépendante, la femme sans enfant et la femme âgée : trois personnages rejetés par la société, aujourd’hui encore. Ce livre, Sorcières. La puissance invaincue des femmes (Zones), ravira les amateurs d’histoire et tous ceux qui ne se contentent pas de la version officielle (c’est-à-dire masculine) de l’histoire.
La psychanalyse existerait-elle sans les femmes ? Non, répond la psychologue et psychanalyste Sarah Chiche, qui raconte comment les femmes ont inspiré la discipline et pose clairement la question : la psychanalyse peut-elle encore nous aider, aujourd’hui, dans notre vie amoureuse et sexuelle ? De la nourrice de Freud aux amants d’aujourd’hui, plongée au cœur des secrets de l’histoire psy dans Une histoire érotique de la psychanalyse (Payot).
La vie en marge de la société, c’est aussi ce que raconte Emmanuelle Bayamack-Tam, dans un roman que j’ai adoré : Arcadie (P.O.L.). La romancière imagine une communauté libertaire où vivent des individus inadaptés au monde extérieur, tous plus loufoques les uns que les autres. Parmi eux, Farah, une jeune fille en quête d’identité tout droit sortie d’un roman d’Amélie Nothomb estampillé P.O.L. Brillantissime !
Face à ces modèles d’émancipation féminine, Amélie Cordonnier ose écrire sur un tabou : la violence verbale. Dans Trancher (Flammarion), un roman au cordeau, elle raconte la vie d’une femme ravagée par les mots injurieux que lui adresse un homme qu’elle ne parvient pas à quitter. Troublant. Puissant. Plein de questions…

 

Mecredi 14 novembre 2018
Et si le meilleur moyen de comprendre le monde était de lire des romans ?
Le dernier livre de Jean d’Ormesson, Un hosanna sans fin, sort cette semaine dans la maison d’édition créée par sa fille, Héloïse. Un an après sa disparition, Jean d’Ormesson n’en finit pas de nous épater : Héloïse d’Ormesson viendra évoquer le livre-testament de son père. L’écrivain du bonheur nous invite à rêver, à espérer et à vivre. Son ultime livre s’accompagne du second volume de ses œuvres en Pléiade.
Autour d’elle, des femmes qui se battent en choisissant leurs armes : les mots. Aucun doute : Jean d’Ormesson les aurait trouvées épatantes !
Mona Chollet propose une passionnante réflexion sur l’antiféminisme à l’œuvre dans l’histoire à travers la figure des… sorcières. Qui sont les sorcières du XXIème siècle ? Celles que l’on dénonce encore sur la place publique ? La femme indépendante, la femme sans enfant et la femme âgée : trois personnages rejetés par la société, aujourd’hui encore. Ce livre, Sorcières. La puissance invaincue des femmes (Zones), ravira les amateurs d’histoire et tous ceux qui ne se contentent pas de la version officielle (c’est-à-dire masculine) de l’histoire.
La psychanalyse existerait-elle sans les femmes ? Non, répond la psychologue et psychanalyste Sarah Chiche, qui raconte comment les femmes ont inspiré la discipline et pose clairement la question : la psychanalyse peut-elle encore nous aider, aujourd’hui, dans notre vie amoureuse et sexuelle ? De la nourrice de Freud aux amants d’aujourd’hui, plongée au cœur des secrets de l’histoire psy dans Une histoire érotique de la psychanalyse (Payot).
La vie en marge de la société, c’est aussi ce que raconte Emmanuelle Bayamack-Tam, dans un roman que j’ai adoré : Arcadie (P.O.L.). La romancière imagine une communauté libertaire où vivent des individus inadaptés au monde extérieur, tous plus loufoques les uns que les autres. Parmi eux, Farah, une jeune fille en quête d’identité tout droit sortie d’un roman d’Amélie Nothomb estampillé P.O.L. Brillantissime !
Face à ces modèles d’émancipation féminine, Amélie Cordonnier ose écrire sur un tabou : la violence verbale. Dans Trancher (Flammarion), un roman au cordeau, elle raconte la vie d’une femme ravagée par les mots injurieux que lui adresse un homme qu’elle ne parvient pas à quitter. Troublant. Puissant. Plein de questions…
Mercredi 31 octobre
BADINTER 600eae51f4ad21189ea9134f0783fef3a940c7ec
Mercredi, je vous propose une émission spéciale avec Robert Badinter. 
Robert Badinter. Ce n’est pas l’avocat ni l’ancien ministre avec qui je m’entretiendrai mais l’écrivain. Robert Badinter publie Idiss (Fayard), récit poignant dans lequel il raconte l’histoire de sa grand-mère. L’histoire d’une famille juive dans l’Europe du XXème siècle, fuyant les pogroms de l’Empire russe pour s’installer en France et connaître une remarquable ascension sociale avant que ne vienne l’Occupation. Le jeune Robert Badinter perd sa grand-mère en 1942. Son père, Simon, sera arrêté et déporté en 1943. 
Robert Badinter reviendra aussi sur la Shoah et l’importance du travail de mémoire avec Annette Wieviorka. Trente ans après la première publication de Ils étaient juifs, résistants, communistes (Perrin), l’historienne propose une version augmentée de cette enquête passionnante. Porté par une cinquantaine de témoignages, ce livre retrace l’itinéraire de très jeunes résistants juifs, d’origines étrangères, au sein de la Main d’Œuvre Immigrée. Une page tragique de l’histoire de la résistance, trop souvent oubliée. 
À leurs côtés, Richard Berry. Il partage avec Robert Badinter l’amour des mots et de la plaidoirie. Le comédien endosse la robe d’avocat au Théâtre Antoine pour faire revivre, dans Plaidoiries, cinq grands procès : du combat de Gisèle Halimi pour l’avortement au procès de Maurice Papon, en passant par la défense de Christian Ranucci par Paul Lombard. L’occasion d’un échange entre Robert Badinter et Richard Berry sur toutes les facettes de cet art oratoire dans lequel l’ancien avocat est passé maître, notamment lorsqu’il fit voter la loi abolissant la peine de mort en France.
Mercredi 17 octobre 2018
Revisitons l’histoire de France en compagnie des romanciers et des historiens. Croiser les approches, c’est passionnant. Et vous allez découvrir les choses sous un nouvel angle !
Le philosophe Marcel Gauchet s’attaque au personnage le plus controversé de l’histoire de France : Robespierre. Fut-il un tyran ou un démocrate, un monstre ou un visionnaire ? Les deux, répond Marcel Gauchet qui livre une passionnante analyse de la complexité d’un homme qui fut à la fois le défenseur des droits de l’homme et de la Terreur. C’est aussi le portrait d’une époque, la Révolution française, dont l’onde se propage jusqu’à aujourd’hui. Robespierre L’homme qui nous divise le plus. (Gallimard)
Avec lui, l’historienne Michelle Perrot, grande figure de l’histoire des femmes, retrace le destin de George Sand, George Sand à Nohant (Seuil), dans sa maison de Nohant, au cœur du Berri, où l’on croise Chopin, Flaubert, Dumas ou Delacroix. Elle revient sur l’importance qu’a eu sa maison dans l’œuvre de l’écrivain : maison d’artistes où musique, littérature, peinture et théâtre se faisaient la conversation.
La journaliste Clara Dupont-Monod, passionnée par le Moyen Âge, fait revivre une reine de fer, Aliénor d’Aquitaine, successivement reine de France puis reine d’Angleterre dans La Révolte (Stock). Après avoir imaginé les premières années du règne d’Aliénor d’Aquitaine dans Le Roi disait que j’étais diable (il y a quatre ans), elle raconte la tentative de coup d’Etat qu’elle fomenta contre son mari Henri II Plantagenet. C’est leur fils, Richard Cœur de Lion, qui raconte…
Le romancier Marc Dugain revient sur ses souvenirs de tournage du film L’Echange des princesses, adapté du livre de l’historienne Chantal Thomas. Il raconte dans Intérieur jour (Robert Laffont) comment le cinéma et le roman peuvent aider à comprendre le travail des historiens professionnels. Il revient sur l’histoire de cet échange imposé au futur Louis XV par raison d’Etat mais aussi sur son grand-père, gueule cassée héros de son premier roman, La Chambre des officiers, et sur bien des pages de l’histoire de France.
David Diop rend hommage aux tirailleurs sénégalais engagés dans la Première guerre mondiale dans un roman superbe, Frère d’âme (Seuil) qui ne cache rien de l’horreur de ce conflit. Ce conte poignant sur la cruauté humaine et l’impossibilité du retour est un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.
    Mercredi 3 octobre
Pourquoi écrivez-vous ? De plus en plus d’écrivains répondent clairement : pour se confronter au réel, pour dire le monde. Cette semaine, je reçois quatre écrivains exceptionnels qui, par leurs récits ou leurs romans, racontent le monde qui nous entoure.
Faire effraction dans le réel (P.O.L), c’est le titre du livre collectif consacré à Emmanuel Carrère. De Michel Houellebecq à Pierre Michon, une vingtaine d’écrivains, cinéastes, plasticiens, racontent ce qu’ils doivent à l’oeuvre unique d’Emmanuel Carrère. Ce dernier sera sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer ce livre dirigé par Laurent Demanze et Dominique Rabaté dans lequel figurent de nombreux textes inédits.
   Laurent Gaudé plonge dans la mythologie africaine qu’il ne cesse de réinventer depuis La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des Lycéens) pour mieux évoquer le monde actuel : Salina (Actes Sud) est un magnifique conte moderne sur la vengeance et l’exil. Aux côtés du prix Goncourt 2004, la comédienne Rachida Brakni lira des extraits de son roman.
    Roberto Saviano l’auteur de Gomorra publie un roman, Piranhas (Gallimard). Depuis plus de dix ans, il est menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise et les méthodes de la mafia napolitaine. Il se penche cette fois sur les enfants de la Camorra et imagine un groupe de jeunes garçons prêts à tout pour régner sur la mafia locale. Il sera en exclusivité sur le plateau de La Grande Librairie.
   Boualem Sansal combat, lui, l’extrémisme religieux. Dans Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu (Gallimard), il met en parallèle un village allemand imaginaire, encerclé par de mystérieux ennemis et une jeune fille regrettant sa mère, morte suite aux attentats du 13 novembre 2015. Quand la fiction permet de dénoncer l’extrémisme et ses ravages.
Hommage à Charles AZNAVOUR :  Ecrire
 
 
  Mercredi 3 octobre
Pourquoi écrivez-vous ? De plus en plus d’écrivains répondent clairement : pour se confronter au réel, pour dire le monde. Cette semaine, je reçois quatre écrivains exceptionnels qui, par leurs récits ou leurs romans, racontent le monde qui nous entoure.
Faire effraction dans le réel (P.O.L), c’est le titre du livre collectif consacré à Emmanuel Carrère. De Michel Houellebecq à Pierre Michon, une vingtaine d’écrivains, cinéastes, plasticiens, racontent ce qu’ils doivent à l’oeuvre unique d’Emmanuel Carrère. Ce dernier sera sur le plateau de La Grande Librairie pour évoquer ce livre dirigé par Laurent Demanze et Dominique Rabaté dans lequel figurent de nombreux textes inédits.
   Laurent Gaudé plonge dans la mythologie africaine qu’il ne cesse de réinventer depuis La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des Lycéens) pour mieux évoquer le monde actuel : Salina (Actes Sud) est un magnifique conte moderne sur la vengeance et l’exil. Aux côtés du prix Goncourt 2004, la comédienne Rachida Brakni lira des extraits de son roman.
    Roberto Saviano l’auteur de Gomorra publie un roman, Piranhas (Gallimard). Depuis plus de dix ans, il est menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise et les méthodes de la mafia napolitaine. Il se penche cette fois sur les enfants de la Camorra et imagine un groupe de jeunes garçons prêts à tout pour régner sur la mafia locale. Il sera en exclusivité sur le plateau de La Grande Librairie.
   Boualem Sansal combat, lui, l’extrémisme religieux. Dans Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu (Gallimard), il met en parallèle un village allemand imaginaire, encerclé par de mystérieux ennemis et une jeune fille regrettant sa mère, morte suite aux attentats du 13 novembre 2015. Quand la fiction permet de dénoncer l’extrémisme et ses ravages.
Mercredi 26 septembre
  Mercredi, dans La Grande Librairie, mes invités nous révèleront leurs secrets de famille, les silences, les aveux et les non-dits qui les accompagnent.
Alain Mabanckou, chantre de la mémoire familiale africaine, présentera son nouveau roman, Les cigognes sont immortelles (Seuil). À travers le regard que pose un enfant sur les lourds secrets de sa mère, il croise l’histoire du Congo et l’histoire de sa famille, toutes deux transformées par l’assassinat du président congolais, en 1977.
Sophie Daull a perdu sa mère lorsqu’elle avait 19 ans, sauvagement assassinée. Trente ans après, entre fiction et réalité, elle imagine ce qu’est devenu le meurtrier et met en scène leur incroyable rencontre. Avec Au grand lavoir (Philippe Rey), la romancière franchit un nouveau pas dans l’écriture.
L’écriture pour rattraper les moments perdus, c’est aussi ce qu’a réalisé Éric Fottorino. Dans Dix-sept ans (Gallimard), le journaliste et romancier plonge dans le passé de sa mère, Lina, longtemps jugée sévèrement. Jusqu’au jour où celle-ci lui révèle un terrible secret…
À ses côtés, la philosophe Élisabeth de Fontenay s’emploie, dans Gaspard de la nuit (Stock), à donner une existence à son frère handicapé mental, ce vieil enfant de 80 ans qui ne parle plus. Un récit intime que l’écrivain aime à définir comme l’autobiographie de son frère.
Je recevrai également Olivia de Lamberterie. Dans Avec toutes mes sympathies (Stock), récit consacré à son frère disparu trop tôt, la journaliste nous apprend à user de la nostalgie heureuse pour ne pas oublier. Un portrait tendre, puissant et débordant de vie.
Enfin, je vous emmènerai au fin fond du Colorado ! Sur les traces de Dan Chaon qui fait de l’histoire familiale un thriller implacable dans Une douce lueur de malveillance (Albin Michel). Un écrivain à découvrir !
À mercredi !
 

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Mercredi 19 septembre
Événement ! Le Monde selon Garp de John Irving fête ses quarante ans sur le plateau de La Grande Librairie ! Un plateau exclusivement féminin accompagnera l’écrivain qui parle le mieux des femmes.
Livre culte de toute une génération, manifeste pour le droit des femmes et chef-d’œuvre littéraire, Le Monde selon Garp (réédité au Seuil), qui dénonçait en 1978 le patriarcat et les discriminations sexuelles, est encore aujourd’hui d’une criante actualité. John Irving sera là sur notre plateau pour nous rappeler ce que représentent l’écrivain Garp, l’infirmière « sexuellement suspecte » Jenny Fields et la transgenre Roberta Muldoon, à l’heure de #MeToo.
Le sexe et ses pratiques seront décryptés par Janine Mossuz-Lavau. Seize ans après sa première enquête, la sociologue s’est à nouveau penchée sur le lit des Français pour constater l’évolution de leurs pratiques en ce début de XXIème siècle. Sans tabous, elle nous dira tout sur La Vie sexuelle en France (La Martinière).
La découverte de la sexualité est au cœur du nouveau roman de Nina Bouraoui : Tous les hommes désirent naturellement savoir (JC Lattès). De la rencontre de ses parents à ses nuits parisiennes dans les années 1980, la romancière raconte son propre parcours, ses questionnements sur le genre et son homosexualité.
Le sexe a aussi sa face sombre. Dans Le Dernier Tango à Paris, film culte de 1972, une scène de sexe a détruit la vie de Maria Schneider. Devant les caméras, l’actrice a subi une véritable agression sexuelle orchestrée par Bernardo Bertolucci et Marlon Brando, dont elle ne s’est jamais relevée. Sa cousine Vanessa Schneider relate le destin tragique de cette étoile filante du cinéma dans Tu t’appelais Maria (Grasset).
Enfin, la journaliste et romancière Michèle Fitoussi rendra hommage à une illustre consœur : l’américaine Janet Flanner. Des années 1920 à la Libération, de New York à Paris, Janet (JC Lattès) nous fait suivre pas à pas le parcours de cette féministe trop peu connue qui a inventé le journalisme littéraire.
À mercredi !

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Mercredi 12 septembre 2018
De la folie à la fantaisie, il n’y a parfois qu’un pas que La Grande Librairie vous invite à franchir…
Boris Cyrulnik nous racontera à quoi ressemblait la folie avant même qu’elle n’existe : dans Histoire de la folie avant la psychiatrie (Odile Jacob), le neuropsychiatre raconte comment les hommes ont soigné la folie, usant des méthodes les plus absurdes et les plus abusives.
Tobie Nathan, spécialiste de l’ethnopsychiatrie s’intéresse depuis très longtemps aux populations migrantes. Dans son nouveau roman, L’Évangile selon Youri (Stock), il imagine la rencontre entre un psychiatre et un jeune Roumain aux pouvoirs surnaturels.
À leurs côtés, Yasmina Khadra ausculte une autre forme de folie : le terrorisme. Dans Khalil (Julliard), le romancier algérien n’hésite pas à entrer dans la tête d’un fou de dieu, l’un des assaillants du Stade de France, le 13 novembre 2015, pour mieux comprendre les origines du mal.
La folie terroriste est également évoquée par Valérie Manteau dans Le Sillon (Le Tripode). L’ancienne journaliste de Charlie Hebdo s’immerge dans la bouillonnante métropole d’Istanbul. Au fil de ses errances, elle nous fait vivre l’ambiance de la ville turque, avec ses paradoxes et ses militants démocrates désabusés.
Enfin, pour nous accompagner tout au long de cette émission, un invité exceptionnel : Salman Rushdie. L’auteur des Versets sataniques sera sur notre plateau en exclusivité. Il revient avec La Maison Golden (Actes Sud). Une fantaisie mettant en scène un énigmatique millionnaire indien, débarquant à New York avec ses trois enfants, qui est aussi une fascinante chronique de l’Amérique d’Obama à Trump et une réflexion sur le spectre des attentats islamistes. Un évènement !
À mercredi ! François Busnel

 

Chers amis,
La Grande Librairie est de retour à partir du 5 septembre 2018 ! Désormais, c’est le mercredi soir que je vous donne rendez-vous, toujours à 20h50 et toujours en direct.
Je suis sincèrement très heureux de vous retrouver pour une nouvelle saison et je vous promets… bien des surprises !
Pour la première émission, je recevrai Maylis de Kerangal, Jérôme Ferrari, Joann Sfar, Adeline Dieudonné et… Amélie Nothomb.
Joann Sfar publie « Modèle vivant » (Albin Michel), un texte personnel qui est aussi une formidable mise au point sur ce que l’écrivain a le droit d’écrire à l’heure où les réseaux sociaux et le droit font rage. Il évoque également ce qu’est un (bon) portrait, son expérience de prof aux Beaux-Arts et la question du féminisme après #MeToo
Quatre ans après le succès de « Réparer les vivants », Maylis de Kerangal revient avec un roman ample et ambitieux, parfaitement maîtrisé : « Un monde à portée de main » (Verticales) nous plonge dans l’univers des artistes spécialistes du trompe-l’œil. Une façon d’interroger les rapports entre le vrai et le faux, la création et la reproduction… et l’art du portrait.
La photographie est au cœur du nouveau roman de Jérôme Ferrari, « À son image » (Actes Sud). Le Prix Goncourt 2012 propose une passionnante réflexion sur l’immédiateté de la photo, au travers de la représentation de la guerre et de la mort.
Et puis, pas de rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ! Vous le savez : Amélie Nothomb est la marraine de cette émission. Elle sera donc à mes côtés pour ce premier rendez-vous de la saison et évoquera son 27ème roman, « Les prénoms épicènes » (Albin Michel), l’histoire d’une relation père-fille dans laquelle la frontière entre l’amour et la haine se montre particulièrement ténue.
La Grande Librairie, vous le savez, c’est aussi des découvertes : voici un premier roman stupéfiant, qui m’a littéralement subjugué : « La Vraie vie », d’Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste) est pour moi le meilleur premier roman de la rentrée. Une découverte incontournable. Elle fera sa première télé mercredi soir.
À mercredi ! François Busnel

 

Jeudi 17 mai 2018 :
Cette semaine, La Grande Librairie invite des romanciers experts en affaires familiales. 
Après En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violenceÉdouard Louis signe un troisième roman autobiographique, Qui a tué mon père (Seuil). Une lettre d’amour à ce père physiquement détruit sous forme de brûlot politique. Un récit bouleversant.
À ses côtés, Pascale Kramer. À travers le portrait d’une famille comme les autres, Une famille (Flammarion) raconte comment la dérive alcoolique d’un frère bouleverse toute une fratrie.
Sur les traces d’une mère… Dans Le chagrin d’aimer (Grasset), Geneviève Brisac construit le portrait fragmenté de son insaisissable génitrice et s’interroge sur leurs rapports douloureux faits de malentendus, de non-dits et de rendez-vous manqués.
Une autre relation mère-fille. Celle de Violaine Huisman avec sa mère maniaco-dépressive. Dans ce premier roman, elle décrit l’amour inconditionnel d’une mère pour ses filles malgré la maladie. Fugitive parce que reine (Gallimard), un éloge poignant de la folie maternelle.
Mary Dorsan, infirmière en psychiatrie, publie Une passion pour le Y (Éditions P.O.L). Un ouvrage sous forme de discussion entre un patient, obsédé par la lettre Y, et une soignante qui s’interroge sur la folie.
Enfin j’accueillerai Franck Courtès. Dans son ouvrage La dernière photo (JC Lattès), l’écrivain revient sur sa carrière de photographe, métier qu’il a exercé avec passion pendant vingt ans et sa renaissance grâce à la littérature. 
À jeudi !

 

Jeudi  mai  2018

Cette semaine, La Grande Librairie se met au vert…
Quand la nature reprend ses droits… Zep signe The End (Rue de Sèvres), une bande dessinée très éloignée de l’univers de Titeuf dans laquelle les arbres rappellent cruellement les humains à l’ordre. Il sera accompagné en plateau par le grand spécialiste des arbres, le botaniste Francis Hallé dont il a fait un personnage de roman.
À leurs côtés, Jacques Tassin. Le chercheur en écologie végétale nous invite à regarder les arbres autrement. Penser comme un arbre (Odile Jacob) ou comment s’inspirer du comportement des arbres pour améliorer notre mode d’existence ?
Le paysagiste et romancier Gilles Clément dépeint dans Le grand B.A.L. (Actes Sud) un futur inquiétant : après de violents conflits, la biodiversité se retrouve entre les mains d’un consortium international.
Douglas Kennedy signe le dernier volume de sa trilogie La symphonie du hasard (Belfond). Après une escapade irlandaise, l’écrivain américain nous emmène sur la côte Est des États-Unis où l’on retrouve Alice, son héroïne, en quête de sérénité.
Enfin, j’accueillerai la romancière italienne Silvia Avallone. Dans un nouveau roman coup de poing (et coup de cœur), La Vie parfaite (Liana Levi), elle dresse le portrait d’une jeunesse exclue de la course au bonheur, désabusée, et confrontée à l’adoption et à la maternité
À jeudi !

 

Jeudi 10 mai  2018
Énigmes, scandales et oubliés… Cette semaine, La Grande Librairie perce les mystères de l’histoire. 
Qui était l’homme au masque de fer ? Émile Zola a-t-il été assassiné ? Accompagné d’un collège de chercheurs, l’historien Jean-Christian Petitfils  nous éclaire sur 20 épisodes mystérieux de notre histoire. Les énigmes de l’histoire de France (Perrin).
À ses côtés, Frédéric Vitoux. L’écrivain rend hommage à un oublié de l’histoire, le poète Henry Jean-Marie Levet. C’est parce qu’il l’a découvert à l’âge de 16 ans et qu’il ne l’a plus jamais quitté depuis qu’il lui consacre aujourd’hui un livre : L’Express de Bénarès (Fayard).
Après avoir exploré l’histoire de la pudeur, du coup de foudre et du couple, Jean Claude Bologne s’intéresse à l’ambiguïté du mot « scandale », de l’Antiquité à nos jours. Un essai passionnant. Histoire du scandale (Albin Michel). 
L’historienne Virginie Girod nous fera revivre l’histoire, au VIème siècle, de Théodora, prostituée et impératrice de Byzance (Tallandier). L’ascension fulgurante d’une courtisane qui a su gravir une par une les marches sociales jusqu’au sommet de l’État.
Enfin, l’écrivain François Taillandier viendra rendre hommage à celui qui a immortalisé le plus célèbre des cadets de Gascogne, Cyrano de Bergerac, et qui nous laisse une œuvre méconnue et incomprise : Edmond Rostand. Avec lui, un Cyrano plus vrai que nature : Jacques WeberEdmond Rostand, l’homme qui voulait bien faire (Éditions de l’Observatoire).
Jeudi 2 mai 2018
Cette semaine, La Grande Librairie se met au vert…
Quand la nature reprend ses droits… Zep signe The End (Rue de Sèvres), une bande dessinée très éloignée de l’univers de Titeuf dans laquelle les arbres rappellent cruellement les humains à l’ordre. Il sera accompagné en plateau par le grand spécialiste des arbres, le botaniste Francis Hallé dont il a fait un personnage de roman.
À leurs côtés, Jacques Tassin. Le chercheur en écologie végétale nous invite à regarder les arbres autrement. Penser comme un arbre (Odile Jacob) ou comment s’inspirer du comportement des arbres pour améliorer notre mode d’existence ?
Le paysagiste et romancier Gilles Clément dépeint dans Le grand B.A.L. (Actes Sud) un futur inquiétant : après de violents conflits, la biodiversité se retrouve entre les mains d’un consortium international.
Douglas Kennedy signe le dernier volume de sa trilogie La symphonie du hasard (Belfond). Après une escapade irlandaise, l’écrivain américain nous emmène sur la côte Est des États-Unis où l’on retrouve Alice, son héroïne, en quête de sérénité.
Enfin, j’accueillerai la romancière italienne Silvia Avallone. Dans un nouveau roman coup de poing (et coup de cœur), La Vie parfaite (Liana Levi), elle dresse le portrait d’une jeunesse exclue de la course au bonheur, désabusée, et confrontée à l’adoption et à la maternité
À jeudi !

Jeudi 26 avril 2018
Cette semaine, La Grande Librairie est d’humeur vagabonde et vous invite à parcourir le monde !
Un voyage dans le temps avec Sylvain Tesson. Du bord de la mer Égée, où il s’est retiré pour écrire, l’écrivain-voyageur nous invite à le suivre sur les traces de l’auteur de L’Iliade et L’Odyssée. Un été avec Homère (Éditions des Équateurs).
Une maison, des souvenirs et des fouilles mystérieuses… C’est le décor du nouveau roman de Philippe Djian, À l’aube (Gallimard). Le romancier nous emmène sur la côte Est des États-Unis, en Nouvelle-Angleterre. Une intrigue familiale entre ombres et lumière.   
Direction le Tibet, Dans les pas d’Alexandra David-Néel (Stock), première exploratrice à avoir franchi clandestinement, en 1924, 1800 kilomètres de montagnes et de vallées, entre Yunnan en Chine et Lhassa. Un exploit. Éric Faye et Christian Garcin retracent ce parcours exceptionnel.
Comment redécouvrir la Terre au XXIème siècle ? C’est la question posée par Cédric Gras dans Saisons du voyage (Stock). L’écrivain s’interroge sur notre manière de voyager et se souvient de ses échappés dans les Andes et en Eurasie.
Enfin, Le cœur content (Gallimard). Premier roman d’une jeune femme prometteuse, Nanoucha Van Moerkerkenland. Une aventure amoureuse sur les attentes et les désillusions de trois jeunes amants.
 
Jeudi 19 avril 2018 :
Cette semaine dans La Grande Librairie, ‘’trois femmes puissantes’’ : Toni Morrison, Christiane Taubira et Benoîte Groult racontée par sa fille.
Rencontre exceptionnelle avec l’écrivain culte Toni Morrison, prix Nobel de littérature, à New York. La romancière revient sur son parcours, ses engagements, la question du racisme et la libération de la parole des femmes après l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo. Elle vient de publier L’origine des autres (Éditions Christian Bourgois), formidable essai sur le racisme et l’altérité à travers la littérature. Interview exclusive.
Une autre femme révoltée, Benoîte Groult. Romancière, journaliste, militante, son œuvre est indissociable de ses combats en faveur du droit des femmes. Aujourd’hui Blandine de Caunes, sa fille, publie Journal d’Irlande (Grasset), le dernier projet de sa mère, interrompu par la mort en 2016. Le récit de 23 étés bercés par la mer, la pêche, les amis et les amours…
Enfin, Christiane Taubira, auteur et lectrice. Retirée de la politique, c’est l’amoureuse des mots qui viendra nous faire partager sa passion des livres et des auteurs. Elle publie Baroque sarabande (Philippe Rey). D’Aimé Césaire à René Char en passant par Simone Weil, une véritable ode à la littérature.
À jeudi !

 

Jeudi 12 avril 2018 :
Toute vérité est-elle bonne à dire ? Réponse dans  La Grande Librairie en présence d’un philosophe, d’une sociologue et d’un romancier… et d’un comédien…
Pierre Arditi lit ce qu’il aime. C’est le titre du spectacle que cet amoureux des mots donne au Théâtre du Rond-Point du 4 au 28 avril. Trois grands cycles de lectures consacrés à Jean-Michel Ribes, Yasmina Reza, Philippe Delerm et Michel Onfray.
Michel Onfray, justement, sera à ses côtés. Il publie Solstice d’hiver (Éditions de l’Observatoire), dans lequel il rassemble les passages les plus accablants du journal inédit d’Alain, et cherche à comprendre comment le philosophe pouvait être à la fois humaniste et empreint de relents antisémites.
Plongées vertigineuses dans les vies ordinaires avec Régis Jauffret. Onze ans après Microfictions, l’écrivain renouvelle l’expérience avec Microfictions 2018 (Gallimard). 500 récits grinçants et drôles sur notre époque et ses désillusions.
D’une photo perdue, la sociologue Nathalie Heinich livre une réflexion sur l’identité et ses origines dans Une histoire de France (Les impressions nouvelles). L’histoire nationale à travers le destin de deux familles d’exilés.
Enfin, le grand romancier John le Carré. Il nous reçoit sur ses terres en Cornouailles à l’occasion de la sortie de L‘héritage des espions (Seuil). Il revient sur ses années passées dans les services secrets, nous raconte comment il est passé de l’espionnage à la littérature, évoque Trump et Macron, et nous confie pourquoi, à 86 ans, l’envie de raconter des histoires est toujours aussi forte… Un événement.

 

Jeudi 5 avril 2018 :
Cette semaine dans La Grande Librairie, les écrivains nous ouvrent leurs albums de famille.
Daniel Pennac publie Mon frère (Gallimard). Un témoignage fort et tendre sur l’absence et le manque. L’écrivain s’adresse à ce frère disparu il y a 10 ans mais qui, depuis, ne cesse d’être à ses côtés.
Je recevrai également, Danièle Sallenave pour L’églantine et le muguet (Gallimard). De retour en Anjou, l’académicienne revisite les lieux familiers de son enfance et questionne l’héritage républicain reçu de ses parents instituteurs, au milieu du siècle dernier. 
Dans 15 ans, les deux tiers de la population française vivront en ville. Faut-il s’en réjouir ou le déplorer ? Réponse en présence d’Erik Orsenna et du paysagiste et architecte Nicolas Gilsoul. Ensemble, ils signent Désir de villes (Robert Laffont).
Des villes… et des champs ! Dans La Fraîcheur de l’herbe (Fayard), le grand historien Alain Corbin retrace l’aventure de l’herbe de l’antiquité à nos jours, à travers la littérature et l’histoire. Une promenade sensible et champêtre.
Enfin, rencontre exceptionnelle en Californie avec l’écrivain culte Jonathan Franzen. L’auteur des Corrections se livre comme rarement. Il évoque Donald Trump, l’environnement, le rôle de l’écrivain, l’humour… et revient sur Phénomènes naturels (Éditions de l’Olivier) sorti aux États-Unis en 1992 et récemment traduit en France. Interview exclusive.
 
Jeudi 29 mars
Du mystère, de l’aventure et du polar. Cette semaine La Grande Librairie mène l’enquête.
Prix Nobel de littérature 2008, Jean-Marie Gustave Le Clézio publie Bitna, sous le ciel de Séoul (Stock). L’histoire d’une rencontre entre Bitna, une étudiante fauchée, et Salomé, une femme seule et gravement malade. Des histoires vraies, d’autres imaginaires qui mêlent souvenirs, réalité et rêverie.
À ses côtés, Patrick Boucheron. L’historien signe la préface de L’homme qui se prenait pour le roi de France de Tommaso di Carpegna Falconieri. Une véritable enquête historique et une incroyable aventure picaresque.
Un autre voyage, sur les traces d’une civilisation disparue cette fois-ci. Douglas Preston retrace son périple au cœur de la forêt du Honduras aux côtés d’une équipe de scientifiques pour lever le voile sur les mystères de La Cité perdue du dieu singe (Albin Michel). 
Enfin, deux polars :
Jean-Christophe Rufin. Il signe Le suspendu de Conakry (Flammarion), un polar qui nous plonge dans les coulisses de la diplomatie à l’étranger avec Aurel Timescu, un consul de France désorienté. Le premier volume d’une trilogie. 
Caryl Férey. Avec Plus jamais seul (Gallimard), l’écrivain revient avec son personnage fétiche : l’ancien policier borgne et déjanté, Mc Cash.
À jeudi !
Jeudi 22 mars 2018 : La beauté et la vie. 
C’est la beauté qui sauvera le monde… David Foenkinos, Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens, publie Vers la beauté (Gallimard). L’histoire d’un homme meurtri qui décide de tout quitter et tente de trouver une consolation dans l’art.
À ses côtés, le romancier Dany Laferrière signe un « roman dessiné » écrit à la main dans lequel il ré-invente son arrivée d’Haïti et Montréal dans la capitale française. Autoportrait de Paris avec chat (Grasset) est une ode à la vie parisienne.
François Morel propose un récit touchant sur les amours de jeunesse avec C’est aujourd’hui que je vous aime (Les Éditions du Sonneur). 
Le romancier canadien David Goudreault sera également sur le plateau pour la sortie en France de son premier roman La bête à sa mère (Philippe Rey). Le récit d’un homme révolté et marginal à la recherche d’une mère dont il a été séparé à l’âge de sept ans. 
Deux histoires de renaissance : Antoine Audouard signe Partie gratuite (Robert Laffont) dans lequel il évoque son AVC et son retour à la vie tandis qu’Adélaïde Bon, victime d’un viol à l’âge de neuf ans, retrace son parcours et sa lente reconstruction grâce aux mots dans La petite fille sur la banquise (Grasset). 
À jeudi !
 Jeudi 15 mars 2018
  Livre Paris 2018 , Cette semaine, La Grande Librairie accueille Le Roi « Lire » : Bernard Pivot.  Il viendra nous « apostropher » sur les plaisirs de la lecture.
L’art et la manière de lire racontés par un père et sa fille. L’un, lecteur professionnel et l’autre lectrice amateur, Bernard Pivot et la journaliste Cécile Pivot signent pour la première fois ensemble un ouvrage : Lire ! (Flammarion). 
Dans L’Archipel du Chien (Stock), Philippe Claudel, membre de l’Académie Goncourt, imagine un récit entre le conte et le thriller. Sur une île volcanique isolée, la découverte de trois corps sème le trouble. Une fable universelle sur la nature humaine et ses travers. 
Cinq ans après le phénomène La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker publie son quatrième roman La Disparition de Stephanie Mailer (Éditions de Fallois). Direction Orphea, une petite station balnéaire des Hamptons, une journaliste convaincue d’une erreur judiciaire sur un quadruple meurtre résolu vingt ans plus tôt disparaît dans des conditions mystérieuses. 
Enfin, j’accueillerai les deux lauréats des Prix Essai et Roman France Télévisions 2018 dont les noms seront dévoilés pendant l’émission. 
À jeudi ! François Busnel
   

 

Jeudi 8 mars 2018
Cette semaine, La Grande Librairie célèbre la Journée internationale des droits des femmes et vous propose de découvrir des parcours et des portraits de femmes libres et combattantes.
Dans Je ne serais pas arrivée là si… (Grasset/Le Monde), la journaliste Annick Cojean, prix Albert Londres, donne la parole aux femmes. De Virginie Despentes, Françoise Héritier, Aslı Erdoğan à Patti Smith, un recueil de 27 témoignages touchants et singuliers.
À ses côtés Lionel Duroy. Dans Eugenia (Julliard), l’auteur s’éloigne de ses récits autobiographiques pour s’intéresser au destin d’une héroïne romanesque. Eugenia, ou le combat d’une femme contre l’injustice, au seuil de la Seconde Guerre Mondiale.  
Dominique Sylvain publie Les infidèles (Viviane Hamy). Un roman noir sur l’adultère et l’infidélité. Trois portraits de femmes pour un polar explosif sur l’amour au temps d’internet.
Entre « Ultra Moderne Solitude » et « Desperate Housewives », la romancière Nathalie Kuperman livre dans Je suis le genre de fille (Flammarion), le récit désopilant d’une femme moderne rongée par la culpabilité.
Un si beau diplôme ! (Gallimard), le récit autobiographique de Scholastique Mukasonga. Comment échapper aux tensions raciales qui sévissent au Rwanda ? Pour la romancière, prix Renaudot 2012, ce seront les études et l’exil. Un périple qui nous mènera du Burundi à la France.
Enfin, nous vous emmènerons en Californie à la rencontre de l’écrivain Gabriel Tallent. My Absolute Darling (Gallmeister), son premier roman, véritable best-seller dès sa parution aux États-Unis, raconte l’histoire bouleversante et violente d’une jeune fille de 14 ans dans l’Amérique d’aujourd’hui. Notre coup de cœur ! A jeudi François Busnel .
 
Jeudi 1er mars 2018
Que nous réserve l’avenir ? Cette semaine, La Grande Librairie accueille des romanciers, des scientifiques, et des philosophes pour y voir plus clair et vous inspirer.   
Joël de Rosnay revient sur la nouvelle révolution en biologie, l’épigénétique. Dans La symphonie du vivant (Les liens qui libèrent), il montre que chacun d’entre nous peut devenir le chef d’orchestre de son propre corps.
À ses côtés, Étienne Klein : il explore les points de rencontre entre physique et psychologie dans son essai Matière à contredire (Éditions de l’Observatoire). 
Le philosophe André Comte-Sponville nous dira comment bien vivre dans le monde que ces scientifiques nous préparent : son nouvel essai, L’inconsolable et autres impromptus (PUF), évoque la nature, la solitude, la musique… 
L’écrivain baroudeur Patrice Franceschi, prix Goncourt de la nouvelle l’an dernier, vous donnera ses Dernières nouvelles du futur (Grasset). Il dépeint avec humour et tendresse l’avenir incertain d’une humanité désorientée. 
Enfin le grand neurologue Lionel Naccache signe avec sa femme, la romancière Karine Naccache, un passionnant décryptage des mécanismes du cerveau : mémoire, émotions, conscience et langage. Parlez-vous cerveau ? (Odile Jacob)  À jeudi ! François Busnel

 

Jeudi 22 février 2018
Cette semaine, la Grande Librairie vous propose un voyage au cœur de l’intime.
François Cheng, l’académicien et poète publie Enfin le royaume (Gallimard). Un recueil à la gloire du quatrain. Il y célèbre la vie, la nature et la bienveillance.
À ses côtés, le psychiatre et psychothérapeute, Christophe André. Il publie La vie intérieure (L’Iconoclaste), un recueil de chroniques autour de la connaissance de soi. 
Suite aux Rencontres Philosophiques de Monaco, le philosophe  Robert Maggiori et Charlotte Casiraghi ont choisi de mettre par écrit le fruit de leurs échanges avec Archipel des passions (Seuil). Un ouvrage écrit à quatre mains entre un professeur et son élève.
Dans Si nous ne brûlons pas (Éditions des Équateurs), Justine Bo retrace le parcours d’une jeune femme en quête d’identité. Un road movie qui nous entraine de la côte Atlantique au Proche-Orient en passant par les États-Unis.
Enfin j’accueillerai Benjamin Pitchal à l’occasion de la sortie de son premier roman « La classe verte » (Gallimard). L’histoire virevoltante d’un jeune homme à la dérive sauvé par la poésie.    À jeudi ! François Busnel
Jeudi 8 février 2018
La philosophe et essayiste Élisabeth Badinter ne s’était pas exprimée depuis l’affaire Weinstein. Elle a choisi La Grande Librairie pour faire entendre sa voix et dialoguer avec d’autres écrivains sur la place des femmes dans ce nouvel ordre amoureux.
À ses côtés, l’historien Georges Vigarello. L’auteur de Histoire du viol et Histoire de la virilité, publie La Robe (Seuil) et poursuit son étude et sa réflexion sur l’histoire des représentations et pratiques du corps
Je recevrai également l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat. Dans Le grand détournement (Éditions du Cerf), elle décrypte les conséquences du communautarisme sur les idéaux féministes.
Enfin, l’écrivaine Belinda Cannone. Le 9 janvier dernier, dans une tribune parue dans Le Monde, elle saluait les mouvements de protestation contre le harcèlement. L’auteure de S’émerveiller (Stock) reviendra sur cette révolte « post-Weinstein », dont elle se réjouit.   À jeudi ! François Busnel

 

Jeudi 1er février 2018
Cette semaine, La Grande Librairie vous propose quelques bulles d’oxygène et quelques bulles de champagne, un peu de légèreté et de fantaisie pour parler des choses de la vie…
Juillet 1518, une épidémie étrange s’abat sur Strasbourg. Pris d’hystérie collective, des centaines de personnes dansèrent jusqu’à l’épuisement. Jean Teulé revisite cet épisode mystérieux et fascinant de l’histoire française avec Entrez dans la danse (Julliard).
 Olivier Bourdeaut. dans son second roman Pactum salis (Finitude), il raconte l’amitié entre deux personnages que tout oppose. Un portrait croisé dans une atmosphère de polar.
Quand l’acteur rencontre l’écrivain. Jacques Weber rend hommage à Gustave Flaubert dans son dernier ouvrage Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu (Fayard).
Faïza Guène publie Millénium blues (Fayard). À travers Zouzou, son personnage principal, elle fait le portrait d’une génération bousculée par l’arrivée du nouveau millénaire.
 Éric Holder pour son nouveau roman La belle n’a pas sommeil (Seuil) dans lequel on suit les émois et le quotidien d’Antoine, un bouquiniste du Médoc contemplatif et solitaire. Mon coup de cœur !  À jeudi ! François Busnel
 
Jeudi 25 janvier 2018 Écrire sa vie ou celle de sa famille ? Oui, mais comment ? Sous quelle forme ? Mémoires, autobiographie, enquête, récit, fiction, égo-histoire… La Grande Librairie vous emmène au cœur de la création littéraire.
Yves Coppens, le découvreur de Lucy, paléo-anthropologue célébré dans le monde entier, publie enfin ses mémoires. Dans Origines de l’Homme, origines d’un homme (Odile Jacob), il rassemble quatre-vingts ans de souvenirs : ses recherches, ses voyages et ses rencontres.
Jérôme Garcin exhume l’histoire de sa famille, qui pendant six générations a exercé la médecine dans Le syndrome de Garcin (Gallimard).
Tandis que Colombe Schneck rend hommage à son père, disparu lorsqu’elle avait une vingtaine d’années dans Les guerres de mon père (Stock).
L’historien Ivan Jablonka nous embarque dans le camping-car (Seuil) de son enfance et propose un essai d’égo-histoire à la manière de son précédent livre, Laëtitia.
Enfin, Frédéric Beigbeder parle de lui à la première personne et avec fantaisie dans Une vie sans fin (Grasset). L’écrivain, désormais père de famille, part à la conquête de l’immortalité. A jeudi ! François Busnel
 
Jeudi prochain, le 11 janvier à 20h50, La Grande Librairie vous offre une rentrée littéraire exceptionnelle ! J’accueillerai, en exclusivité, Paul Auster à l’occasion de la sortie de son nouveau roman 4 3 2 1 (Actes Sud). Et pour la première fois à la télévision, il sera en plateau avec sa compagne, la romancière Siri Hustvedt.
Paul Auster n’avait pas publié de roman depuis 7 ans. Avec 4 3 2 1 (Actes Sud), il signe son grand retour et l’un de ses meilleurs romans. Un roman dans lequel il imagine les quatre versions d’une même vie. Paul Auster vous pose cette question : que serait devenue votre vie si…? Le résultat est vertigineux. Ce sera également l’occasion de revenir en détail sur l’œuvre de l’écrivain.
À ses côtés, Siri Hustvedt. En attendant la sortie des Mirages de la certitude, le 7 mars prochain (Actes Sud), je vous propose de revisiter une œuvre singulière, traduite en 36 langues et dont tous les livres sont disponibles en collection de poche (Babel).
Olivier Adam  publie un nouveau et très beau roman, Chanson de la ville silencieuse (Flammarion), c’est l’un de mes coups de coeur de la rentrée.
Isabelle Carré  publie son premier roman et c’est l’une des révélations de cette rentrée littéraire. Avec Les Rêveurs (Grasset), la comédienne signe un portrait de famille – la sienne – drôle, déjanté, bouleversant. 
Enfin, j’accueillerai Philippe Delerm qui nous parlera avec poésie des « petites phrases » du quotidien à l’occasion de la parution de son recueil de textes courts Et vous avez eu beau temps ? (Seuil).  À jeudi !  François Busnel
 
Cette semaine, jeudi 19 octobre 2017 :
Vous préférez un bon film ou un bon livre ? Plus besoin de choisir ! La Grande Librairie célèbre les noces de l’écrit et de l’écran avec des écrivains qui vénèrent le cinéma et qui sont passés maîtres dans l’art du suspense.
Je reçois Joann Sfar qui signe Vous connaissez peut-être (Albin Michel), un roman autobiographique et dérangeant.
Également sur ce plateau : Yannick Haenel pour Tiens ferme ta couronne (Gallimard), odyssée rocambolesque et poétique à la poursuite de Moby Dick.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, l’ex flic, écrivain et scénariste Olivier Norek, publie un nouveau polar sensible et saisissant : Entre deux mondes (Michel Lafon).
La romancière et réalisatrice Delphine Coulin retrace le destin de six enfants réfugiés près de Calais dans Une fille dans la jungle (Grasset).
Enfin, Laurent Lafitte de la Comédie Française et Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013, pour l’adaptation à l’écran de son roman éponyme Au-revoir là-haut (Le Livre de Poche).
A jeudi sur France 5 !
  » Prévenez vos amis et vos proches : le jeudi, c’est Grande Librairie !  » François Busnel
ÉVÉNEMENTS de La Rentrée Lit

 

 

Mon premier invité, Philippe Besson signe le livre dont tout le monde parle et que personne n’a encore lu, sur l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron. Un personnage de roman (Julliard) est à découvrir en exclusivité sur le plateau de La Grande Librairie.Á ses côtés, je reçois deux romanciers engagés : la lauréate du Goncourt 2016 Leila Slimani pour Sexe et mensonges. La vie sexuelle au Maroc (Les Arènes) et Kamel Daoud avec Zabor ou Les psaumes (Actes Sud).Léonor de Récondo sera également mon invité. Avec Point Cardinal (Sabine Wespieser) la jeune romancière interroge sans voyeurisme et avec courage le mystère de l’identité. Mon coup de coeur !Comment imaginer une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ? Elle nous rejoindra pour évoquer son nouveau roman, Frappe-toi le coeur (Albin Michel), un conte empli d’humilité sur la jalousie d’une mère envers sa fille.Rendez-vous, donc,l jeudi , pour une nouvelle saison de La Grande Librairie…

 

Cette semaine, jeudi 29 septembre  La Grande Librairie a rendez-vous avec l’HISTOIRE ! 
C’est l’un des événements de la rentrée littéraire. Marc Dugain revisite l’histoire tragique des Kennedy dans un thriller paranoïaque et captivant : Ils vont tuer Robert Kennedy (Gallimard).
Alice Zéniter pour L’art de perdre (Flammarion) ; grand roman autour de la guerre d’Algérie.
Gaëlle Nohant pour Légende d’un dormeur éveillé (Héloïse d’Ormesson) dont le héros principal est le poète Robert Desnos.
Mon prochain invité, l’écrivain, psychologue et ethnopsychiatre Tobie Nathan signe Les âmes errantes (L’Iconoclaste). Un essai rare, poignant, sur l’importante et épineuse question de la radicalisation des jeunes, qu’il a intimement côtoyés pendant trois ans. 
Enfin, le témoignage exceptionnel de Philippe Sands. L’avocat international franco-britannique publie Retour à Lemberg (Albin Michel), une enquête magistrale sur les enfants de bourreaux. Il sera accompagné par Niklas Frank, fils de l’un des personnages de son livre : Hans Frank ; ministre du Troisième Reich et Gouverneur général de Pologne.
À jeudi sur France 5 !
  » Prévenez vos amis et vos proches : le jeudi, c’est Grande Librairie !  » François Busnel

Qui sont les véritables insoumis ? Les vrais indociles ? Cette semaine, La Grande Librairie donne la parole aux dissidents, aux résistants, à ceux qui appellent même à la désobéissance civile.

Je recevrai la romancière turque Asli Erdoğan, qui vient d’être enfin autorisée à quitter son pays, la Turquie, où elle avait été arrêtée sous l’accusation de terrorisme. Icône de l’insoumission, elle racontera ce qu’elle a vécu ces derniers mois.

Erik Orsenna revisite l’œuvre de La Fontaine, plus subversif et insoumis qu’on ne le croit dans La Fontaine, une école buissonnière (Stock). Michel Onfray fait l’éloge de Henry David Thoreau, pionnier de la désobéissance civile avec Vivre une vie philosophique. Thoreau le sauvage (Le Passeur).

Avec eux, le romancier et philosophe Frédéric Gros qui après Possédées (Albin Michel) propose un précis de désobéissance Désobéir (Albin Michel / Flammarion) et Kaouther Adimi pour son troisième roman, Nos richesses (Seuil) qui revisite le destin de la librairie Charlot à Alger.

Enfin Delphine Minoui, grand reporter, raconte l’incroyable histoire de la résistance des Syriens par les livres dans Les passeurs de livres de Daraya. Une bibliothèque clandestine en Syrie (Seuil).

A jeudi sur France 5 !

Cette semaine, jeudi 12 octobre   La Grande Librairie a rendez-vous avec les Secrets de Famille  ! 

Toutes les familles ont leurs secrets… Et bien souvent, cela donne de la littérature !Cette semaine, je reçois Perrine Desproges, la fille de l’immense Pierre Desproges pour Desproges par Desproges (Éditions du courroux) qui donne le coup d’envoi des célébrations du trentième anniversaire de la disparition de cet artiste iconoclaste que je tiens personnellement pour un véritable écrivain.Avec elle, un admirateur inconditionnel de Desproges : François Morel. Il publie un recueil de ses billets d’humeur, Jamais la même chose. Chroniques 2015-2017 (Denoël).Également sur ce plateau: Saphia Azzeddine. Dans son dernier livre, Sa mère (Stock), la romancière retrace la vie de Marie-Adélaïde, née sous X, à la recherche de sa mère.

Avec Mistral perdu ou les évènements (JC Lattès), Isabelle Monnin livre un récit intime sur sa relation avec sa sœur décédée à l’âge de 26 ans.
Christophe Honoré publie Ton père (Mercure de France), un roman autobiographique fort sur l’homoparentalité.
Enfin, Alexandre Jardin signe la suite de la grande saga des Jardin avec Ma mère avait raison (Grasset).

A jeudi sur France 5 !    François Busnel